10 ans pour la coopérative de solidarité d’habitation La Seigneurie de Boucherville
La coopérative de solidarité en habitation La Seigneurie de Boucherville célèbrera cette année ses 10 ans. Au fil de cette première décennie, l’endroit très convoité n’a pas pris une ride.
« C’est une coopérative de solidarité en habitation. Le terme solidarité signifie qu’il y a des membres résidents, bien sûr, mais qu’il y a aussi des membres que l’on appelle les membres de soutien », indique au journal Monique Richard, présidente du conseil d’administration de la coopérative et elle-même membre de soutien. L’ancienne présidente du Syndicat de l’enseignement de Champlain de 1980 à 1984, et députée du Parti québécois dans la circonscription de Marguerite-D’Youville en 2008, fait partie du projet initial de la coopérative.
« On a mis en place ce projet au moment où j’étais députée. J’avais mis en place un comité d’aînés pour me conseiller dans mes travaux. Finalement, ce comité d’aînés avait des liens avec le comité de la Ville de Boucherville. Et la question du logement est venue dans l’agenda politique de la mairie. On a alors décidé de s’associer et de travailler ensemble. Finalement, la Ville a décidé de financer l’achat du terrain. C’est comme cela qu’est né le projet », de préciser Mme Richard.
Aujourd’hui, la coopérative de solidarité en habitation La Seigneurie de Boucherville a reçu le prix de Coop Étoile de la Montérégie par la Fédération des coopératives d’habitation montérégiennes (FECHAM). Lors de la remise de prix, Mme Richard était aux côtés de la directrice de la coopérative, Lucie Mathieu, et du maire de Boucherville, Jean Martel.
Une liste d’attente
Les 80 logements de la coopérative sont aujourd’hui occupés et plusieurs attendent leur tour sur une liste à cet effet. De l’autre côté de la rue, une résidence privée pour aînés fait face à la Seigneurie de Boucherville. « Il y a des personnes qui y résident qui sont sur notre liste d’attente », nous fait-on savoir.
Il faut dire que les loyers sont abordables. Deux genres d’appartements sont proposés, des 3 1/2 et des 4 1/2. Les premiers sont au prix de 1182 $ et les seconds, 1316 $. « À ce prix, il faut déduire 200 $ pour les membres mensuels. C’est très abordable. Il est à noter qu’il n’y a pas de soins, ni d’assistance. Les personnes sont autonomes », d’indiquer au journal Lucie Mathieu. Un engagement de quatre heures de bénévolat par mois est cependant nécessaire pour bénéficier de ces tarifs. Les membres de soutien, pour bénéficier de ce titre, doivent en faire autant auprès de la coopérative. « Nous souhaitons d’ailleurs lancer un appel à toutes les personnes qui souhaitent devenir des membres de soutien auprès de notre établissement », met de l’avant Mme Mathieu.
La large participation de la Ville dans la construction de ce projet, il y a 10 ans, est venue avec quelques conditions afin que cela bénéficie au mieux aux habitants de Boucherville. C’est pourquoi les résidents de la Seigneurie de Boucherville doivent avoir de la famille à Boucherville ou des membres de la famille qui y ont déjà habité. « C’est une alternative pour les habitants de Boucherville qui souhaitent vendre leur maison, de préciser Mme Richard. Aussi, ces personnes peuvent ainsi rester près de leur tissu social. » Il est aussi obligatoire d’avoir plus de 70 ans.
Modèle de coopérative
Le journal a eu l’occasion de visiter la coopérative. À l’accueil, un résident est en charge d’ouvrir la porte d’entrée aux visiteurs et de servir d’agent de sécurité. Il dispose de plusieurs écrans à visionner pour constater que tout va bien dans les zones communes et les couloirs des étages.
Au rez-de-chaussée, les résidents ont l’obligation de prendre un repas par jour à la salle à manger. L’objectif est de briser l’isolement de chacun. Proche de la salle à manger, une terrasse extérieure a été inaugurée cette année grâce à des dons. On y trouve un petit potager, des tables, un grand BBQ à la disposition de tous, et des balancelles.
En se dirigeant vers les larges ascenseurs, une coiffeuse occupe son espace afin de recevoir les clients.
Chacun des six étages du bâtiment a une couleur qui lui est propre. Pour ceux qui veulent se tenir en forme, une salle de sport leur est proposée. Invité sur la terrasse d’un appartement d’une résidente au 5e étage, le journal a pu apprécier une vue jusqu’à la tour du Stade olympique de Montréal. Cela fait 10 ans que cette dame a posé ses valises à la coopérative, comme 38 des 80 résidents.
Les 10 ans
En septembre, l’endroit célèbrera en grande pompe son dixième anniversaire. Du 11 au 25 septembre, plusieurs événements seront organisés afin de marquer le moment. La seule ombre au tableau dans cet établissement qui respire la vie, c’est le soutien des gouvernements, provincial et fédéral. « Je déplore beaucoup que le modèle des coopératives ne soit pas suffisamment porté par les gouvernements du Québec et d’Ottawa. C’est un modèle qui est accessible, c’est un modèle qui brise l’isolement des gens. On leur organise une vie sociale à laquelle ils participent et dans laquelle ils peuvent s’investir. C’est fondamental pour que nos personnes aînées vieillissent pendant longtemps », de conclure Mme Richard.
