Boucherville, la hausse de taxes la plus faible de l’agglomération de Longueuil
Boucherville a été la première ville de l’agglomération de Longueuil à adopter le 2 décembre, un budget qui permet de limiter la hausse des taxes résidentielles à 1,75 %. Depuis, aucune autre ville de l’agglomération n’a fait mieux.
Pour Saint-Bruno-de-Montarville la hausse des taxes résidentielles 2026 sera de 3,98 %, pour Longueuil de 3,4 %, pour Saint-Lambert de 3,29 %, pour Brossard de 2,9 %.
Seule la Ville de Boucherville aura réussi à passer en dessous des 2 % de hausse avec une taxe résidentielle fixée à 1,75 % pour l’année à venir.
En 17 ans, la Ville a réussi à geler huit fois le compte de taxes de ses résidents. La moyenne annuelle de l’évolution de la taxation résidentielle à Boucherville depuis 2010 est de 1,16 %. Cette année, alors que l’indice des prix à la consommation à Montréal s’établit à 3,3 % au 31 octobre 2025, les taxes résidentielles des citoyens de Boucherville augmenteront de seulement 1,75 % en 2026.
Pourtant, Boucherville a enregistré la deuxième plus forte hausse depuis 2010 des quote-part de Boucherville pour l’agglomération de Longueuil avec une hausse de 6,1 %. Le montant de la quote-part de Boucherville en 2026 sera de près de 66,5 millions de dollars, sur un budget global de la Ville de 153,8 millions. La quote part représente plus de 40 % du budget de la Ville.
Comment expliquer une si petite baisse des taxes?
Un secteur industriel florissant
« Les commerces et industries génèrent 59% de nos taxes foncières », de nous indiquer la Ville de Boucherville.
Il faut dire que le secteur industriel de la ville est l’un des secteurs les plus en santé au Québec. Les taxes du secteur industriel à Boucherville, augmenteront de 4,4 % en 2026. Après avoir été gelées de 2021 à 2024, les taxes commerciales augmenteront quant à elles de 4,8 %.
Le parc industriel de Boucherville compte 664 entreprises qui génèrent plus de 24 000 emplois, soit plus de la moitiée de la population de Boucherville.
La valeure moyenne d’une industrie à Boucherville est de 2,8 millions de dollars, ce qui correspond pour chaque industrie du territoire de payer 56 932 $ par année.
La valeure moyenne d’un commerce quant à lui est de 1,3 millions de dollars. Ce dernier devra payer en 2026 en moyenne 28 673 $.
Par comparaison, la valeure de la résidence moyenne à Boucherville est de 723 400 $, soit une taxe résidentielle moyenne de 2 876 $.
La Ville ne se cache pas que c’est un facteur important pour limiter l’imposition citoyenne, « mais pas le seul. La taille de notre parc industriel fait effectivement en sorte que la quote-part de l’agglomération est répartie à une plus grande variété de payeurs que certaines villes. »
Optimisation des services
Ainsi, après avoir aboli la direction des communications au début de l’année 2025, la Ville a décidé pour ce budget de fusioner la direction des loisirs et celle des sports afin de permettre certaines économies. « Nous reprenons aussi les clés du Centre multifonctionnel Francine-Gadbois, ce qui nous permet une économie de 180 000 $. Il y a aussi un gel des embauches, sauf exception, comme dans le cas du Centre multifonctionnel », avait indiqué Jean Martel au moment de la présentation du budget début décembre. Ce dernier avait mentionné au journal qu’il était encore possible de mener ce travail d’optimisation à l’interne dans les années futures.
Nouvelle taxes environnementales
Un autre moyen que les taxes foncières pour financer certaines infrastructures consiste à instaurer une écofiscalité au sein des villes. Une fiscalité qui incite le contribuable à adopter des comportements plus écoresponsables. Cette fiscalité appelé taxe sur les surfaces minéralisées vise les entreprises qui ont des espaces de stationnement provoquant des îlots de chaleur. En plus d’inciter le verdissement de ces endroits en instaurant une taxe, l’argent collecté depuis 2024 permet de financer des projets environnementaux pour la Ville et permettre d’avoir une nouvelle source de revenus.
L’intelligence artificielle
Une autre des avenues que compte mettre en place la Municipalité pour faire des économies dans ses dépenses est d’utiliser l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle nous permettra, à l’aide de processus internes qui seront mis en place, d’aller chercher également certaines économies », avait mentionnait M. Martel lors de la présentation du budget.
Plusieurs villes ont déjà embrassé cette manière de faire. Laval a d’ailleurs été récompensée pour son projet d’optimisation intelligente « des interventions municipales par apprentissage automatique. »
Développée à l’interne par le Service de l’innovation et des technologies en collaboration avec le Service des immeubles, parcs et espaces publics, cette solution d’intelligence artificielle transforme la gestion des interventions municipales liées à l’entretien et à la pérennité des actifs de la Ville, par exemple en ce qui a trait à l’éclairage public, les fontaines et les jeux d’eau.
