Boucherville offre 180 abonnements à Partage Club
La Ville de Boucherville offre 180 abonnements à ses citoyens pour la plateforme Partage Club à l’occasion du Jour de la Terre. Il s’agit d’une application qui permet d’emprunter gratuitement des objets à ses voisins.
Qui n’est pas allé voir son voisin pour lui demander, un jour, de lui prêter un objet dont on a besoin occasionnellement ? Eh bien, en fait, pas grand monde, selon Anaïs Majidier, cofondatrice et vice-présidente marketing de l’application québécoise Partage Club.
« Contrairement à ce que l’on peut penser, une grande partie de la population ne connaît que très peu ses voisins et se sent gênée de leur emprunter un objet. On a appris que c’était bien d’être indépendant et donc d’acheter ses choses, même si on ne les utilise pas beaucoup. Avec notre application, on souhaite sortir de ce schéma de pensée et faire changer les comportements », explique-t-elle au journal.
Aujourd’hui, la plateforme compte déjà plus de 3 000 membres au sein de l’agglomération de Longueuil et comporte plus de 4 000 objets disponibles. « À Boucherville seulement, on recense déjà une centaine d’abonnés et plus de 300 objets disponibles. Un engouement qui démontre que le réflexe de partager est déjà bien présent », indique la Ville, qui est la première de l’agglomération de Longueuil à adhérer au projet afin d’encourager l’économie de partage.
« En encourageant le partage et l’emprunt d’objets plutôt que l’achat de biens neufs, nous faisons un pas concret vers une consommation plus sobre et respectueuse de l’environnement. Avec Partage Club, c’est toute une communauté qui s’unit autour de l’économie de partage et de la réduction de la consommation, tout en créant des liens entre citoyens », souligne Anne Barabé, conseillère municipale du district 4 et responsable du groupe de travail en environnement.
Passer par les villes
Approcher les villes fait partie du plan d’affaires de l’entreprise d’économie circulaire. « Grâce à des licences flexibles, les villes offrent aux citoyens un accès gratuit à Partage Club, un réseau de partage fiable, sans avoir à développer une application ni à en gérer les opérations. Une solution clé en main qui permet aux villes d’en faire plus avec moins, tout en renforçant les liens communautaires et en réduisant les déchets », peut-on lire sur le site de l’entreprise.
L’avantage de promouvoir ce changement de comportement permet aussi d’accélérer le processus, grâce à un pouvoir d’intervention sur le plan local encore plus grand. « Une ville va nous permettre de sensibiliser la population à la surconsommation trois à quatre fois plus vite », confirme Mme Majidier.
Et les villes répondent présent : elles sont plus de 40 au Québec à avoir choisi la formule. « Nous sommes arrivées à l’étape où les villes nous sollicitent désormais, car elles ont appris notre existence par le bouche-à-oreille. »
À proximité
Aujourd’hui, au Québec, ce sont 62 000 personnes qui sont abonnées à la plateforme, et la cofondatrice espère atteindre l’objectif des 160 000 abonnements. Plus qu’un simple prêt, l’entreprise souhaite contribuer au lien social dans les différents quartiers.
« Nous avons plusieurs témoignages de voisins qui ne se connaissaient pas et qui sont devenus amis. Une personne a fait la demande d’un prêt pour une canne à pêche ; elle n’avait jamais pêché. Son voisin a répondu présent et lui a même montré comment faire. Ils vont maintenant pêcher ensemble. »
