Boucherville poursuit ses efforts pour restaurer ses bâtiments patrimoniaux

La Ville vient d’allouer 200 000 $ à son programme de restauration des bâtiments patrimoniaux, portant le budget total 2021-2025 à 3 millions de dollars.

Lors du conseil municipal du 17 novembre, une enveloppe additionnelle de 200 000 $ a été octroyée au programme de restauration des maisons patrimoniales, initié il y a cinq ans à Boucherville.

Cette somme permet de compléter le budget total du programme, qui atteint désormais 3 000 000 $ d’aides destinées à la restauration des bâtiments patrimoniaux pour la période 2021-2025.

Les aides visent à encourager la préservation des bâtiments anciens par le biais de subventions accordées sous certaines conditions, notamment pour les résidences construites avant 1960.

Au total, 51 propriétaires de bâtiments patrimoniaux bénéficieront de ce soutien, dont 43 dans le Vieux-Boucherville. Cela représente en moyenne 58 800 $ par maison, même si les coûts réels varient selon l’ampleur des travaux.

Le maire, Jean Martel, qui s’est retiré du conseil municipal au moment du vote concernant l’enveloppe additionnelle puisqu’il possède lui aussi une maison patrimoniale, fait partie des propriétaires qui profiteront du programme.

Un riche patrimoine

Le programme de restauration des maisons patrimoniales est financé par la Ville de Boucherville en partenariat avec le ministère de la Culture et des Communications (MCC). Ce dernier s’est engagé à rembourser 60 % des coûts du programme, soit 1 800 000 $. La Ville assume donc les 40 % restants, pour un total de 1 200 000 $, tout en ayant dû avancer l’ensemble des dépenses.

Le programme prendra en charge les travaux de restauration de 51 propriétaires sélectionnés, qui, eux, se verront rembourser entre 60 % et 75 % de leurs frais de restauration, selon la nature des interventions.

« Le programme a subventionné surtout des travaux de revêtements muraux, des toitures, portes et fenêtres, des balcons, des vérandas, de l’ornementation et de la consolidation de structure », précise Nadia Rousseau, directrice de l’urbanisme à la Ville de Boucherville.

Pour être sélectionnés, les projets de restauration devaient comporter des coûts minimaux de 10 000 $. Toutefois, tous les travaux proposés n’ont pas pu être pris en charge, faute de budget restant. « Il y a des gens à qui l’on a dû dire qu’il n’y avait plus de sous », regrette Nadia Rousseau, qui ajoute que la Ville « souhaiterait ouvrir un autre programme ».

Une histoire à préserver

Boucherville, l’une des dix plus anciennes villes du Québec, est reconnue pour sa riche histoire. Celle-ci se reflète notamment dans une architecture marquée par plus de trois siècles : maisons d’esprit français, demeures québécoises, bâtiments néoclassiques, résidences victoriennes…

On y compte près de 300 édifices répertoriés comme dignes de protection, dont 51 datant d’avant 1850. Rien que dans le Vieux-Boucherville, on trouve près de 220 bâtiments patrimoniaux, dont la majorité sont privés. « Oui, ce sont des bâtiments privés, mais c’est aussi un ensemble qui appartient à la collectivité, déclare Mme Rousseau. C’est quand même un lieu exceptionnel, le Vieux-Boucherville. Il n’y a pas beaucoup de municipalités qui ont la chance d’avoir des sites aussi concentrés en bâtiments patrimoniaux. C’est vraiment des joyaux de la municipalité. »

Ce patrimoine, bien que précieux, fait face à des enjeux majeurs : vieillissement des structures, coûts élevés de rénovation, rareté des matériaux traditionnels et adaptation aux normes contemporaines. Pour de nombreux propriétaires, la restauration représente un investissement significatif.

« Quand vous achetez un bâtiment patrimonial, il y a des enjeux à la préservation et à la restauration. Il y a une réglementation applicable à ces bâtiments-là. Celle-ci est plus rigide, plus sévère, mais en contrepartie, c’est pour ça que l’on a mis en place des programmes de subvention, explique la directrice de l’urbanisme. C’est pour inciter les gens à restaurer au lieu de rénover. »

Avec l’ajout de nouvelles ressources financières et la consolidation de ses programmes, Boucherville confirme son engagement envers la protection de son patrimoine. Une orientation coûteuse pour les citoyens, mais essentielle à la préservation de l’héritage bâti de la ville.

De potentiels élargissements

L’allocation de 200 000 $ vient compléter un programme qui, au fil des années, a suscité un intérêt croissant. Si certains propriétaires n’ont pas pu être subventionnés, des discussions sont en cours au sujet d’un éventuel élargissement du budget.

« On est en discussion avec le ministère et possiblement qu’il y aura un nouveau programme annoncé l’année prochaine », annonce Mme Rousseau, tout en précisant qu’elle ne peut en dire davantage et qu’elle regrette que « le gouvernement Legault semble plus orienté vers la coupe des programmes de subvention ».

Un autre programme de revitalisation du Vieux-Boucherville, entièrement financé par la Ville, existe également depuis 2014. Il permet aux propriétaires d’un bâtiment situé dans le secteur patrimonial, ou d’un bâtiment d’intérêt construit avant 1960, d’obtenir une aide financière pour leur rénovation. En 2025, ce programme disposait d’un budget total de 45 000 $.

Par ailleurs, les propriétaires peuvent consulter les informations publiées sur le site de la Ville ou communiquer avec l’équipe responsable du patrimoine, composée de 22 membres, pour obtenir une expertise, une analyse des demandes, des conseils techniques, un suivi des travaux et une sensibilisation aux bonnes pratiques de conservation.