Christian Ricard signe un troisième roman policier, Le sang des captives.
L’auteur bouchervillois Christian Ricard signe son troisième roman, Le sang des captives, paru le 21 octobre dernier aux Éditions Pierre Tisseyre.
Cette nouvelle œuvre s’inscrit dans la continuité de son premier livre, Une piste sanglante, en reprenant le destin de Manic, un personnage tourmenté, désormais plongé dans une enquête qui le touche de près.
Originaire de Boucherville, Christian Ricard poursuit avec ce roman une écriture ancrée dans la noirceur des enquêtes policières et dans les zones grises de l’âme humaine. Au fil des pages, il explore la société, les injustices et la part d’ombre de ses personnages, tout en offrant une intrigue rythmée par la tension et le doute.
Rencontré récemment, l’auteur revient sur la genèse de ce nouveau livre, sur son attachement à ses personnages et sur la place qu’occupe l’écriture dans sa vie. Entretien avec l’auteur.
Vous venez de publier Le sang des captives, paru le 21 octobre. Comment vivez-vous la sortie de ce troisième roman?
Je le vis comme une continuité de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. Surtout une continuité de mon premier roman qui a été publié, Une piste sanglante. J’essaie de continuer dans la même traînée. J’écris toujours dans l’espoir que les Québécois se reconnaissent dans mes œuvres. J’essaie d’éclairer les dynamiques de pouvoir et de domination. On vit dans un monde difficile et c’est ce que j’essaie de transmettre dans mes romans.
C’est aussi la suite de votre premier ouvrage, Une piste sanglante. Qu’est-ce qui vous a donné envie de reprendre votre précédente histoire?
Les lecteurs m’en ont parlé. Je pense que les gens ont beaucoup aimé le personnage principal de mon premier livre, Manic. Il y a eu une forte demande. Il y a aussi le fait que je me reconnais beaucoup dans ce personnage-là. C’est un personnage qui est résilient, qui vit dans un monde, à l’image de la société d’aujourd’hui, où la morale se brouille. Il se bat pour une certaine justice, mais aussi, je pense qu’il se bat contre lui-même, contre ce qu’il est devenu à travers les années.
On retrouve votre goût pour les univers policiers. Qu’est-ce qui vous attire dans ces ambiances?
Je suis expert en sinistres de métier, je travaille pour les compagnies d’assurance. Donc, je suis un peu enquêteur sur le terrain. C’est un emploi qui me permet d’aider les gens, mais aussi de constater qu’il y a beaucoup de personnes qui sont en difficulté. Ça m’apporte des idées et des variantes dans mon écriture. Je vois des choses pas toujours faciles, assez difficiles même, donc, en travaillant par le biais de romans policiers, ça me permet de faire la démonstration de l’injustice et des difficultés humaines dont je suis témoin.
Le titre, Le sang des captives, est intrigant, quelle signification lui donnez-vous?
Parce que l’on parle de trafic humain, on parle de gens pris dans des logiques de pouvoir, de domination. Je voulais soulever cet aspect-là de la société comme je l’avais fait dans mon premier livre, où je parlais des femmes autochtones enlevées, disparues, certaines femmes pour lesquelles il n’y avait même pas eu d’enquête. Il y a beaucoup de négatif dans mes romans, mais j’essaie d’être positif aussi. Mes personnages font partie du réel, ils ont eu des vies pas faciles.
C’est votre troisième roman. Comment sentez-vous que votre écriture a évolué depuis Une piste sanglante?
Je pense que j’ai évolué là-dedans. Je me rends aussi compte que je suis bien dans la colonne du polar noir et du roman policier. J’aime parler de vengeance, de pouvoir, de rédemption, c’est quelque chose qui m’allume et qui me fait du bien, ça permet d’évacuer. Je suis quelqu’un d’assez politisé. J’observe de nombreuses injustices dans la société et, par l’écriture, je cherche à me libérer de ça, parce que ça me pèse lourd. On dirait que je cherche la libération à travers mon travail. C’est à travers la libération de mes personnages que, moi-même, je me libère, que je me fais du bien. On le voit d’ailleurs à travers Manic, qui ne se bat pas essentiellement contre les injustices, mais qui se bat aussi contre ce qu’il devient lui-même en vieillissant.
Vous êtes originaire de Boucherville. Cette ville a-t-elle marqué votre parcours ou votre imaginaire d’écrivain?
Pas nécessairement. C’est sûr qu’on a le fleuve Saint-Laurent à côté, j’habite le Vieux-Boucherville, ma maison est dans un coin où il y a beaucoup d’arbres. C’est sûr que c’est super agréable, mais ce n’est pas la ville en soi qui m’a allumé. Ça vient plutôt de la télé, de la radio, des médias et de mon boulot aussi.
Avez-vous déjà une idée pour un prochain roman? Peut-on s’attendre à retrouver Manic à nouveau?
Oui, je suis déjà là. Mon personnage, Manic, est apprécié, il est aimé, il y a une demande, les gens s’en sont amourachés. Donc, je continue pour l’instant avec lui. Je ne compte pas en faire une série non plus, parce que j’ai d’autres idées que je vais exploiter, mais oui, il y a une troisième partie qui est en cours.
Christian Ricard présentera son nouveau livre, Le sang des captives, au Salon du livre de Montréal, le jeudi 20 novembre de 17 h à 19 h, et le samedi 22 novembre de 14 h 30 à 15 h 30.
