Complexe multisport, un projet historique dont la facture continue de grimper

L’annonce d’une augmentation de l’emprunt municipal de 4 700 000 $ de dollars pour le complexe multisport vise à couvrir les imprévus liés au chantier.

Avec un coût total qui dépasse désormais les 45 millions de dollars, le futur complexe multisport de Boucherville s’impose comme le plus important investissement immobilier de l’histoire de la Ville.

Un projet structurant, porteur de nombreuses promesses, mais dont la facture suscite aussi des interrogations, notamment à la suite de l’annonce récente d’une augmentation de l’emprunt municipal de 4,7 millions de dollars.

« Il y a toujours des imprévus qui arrivent. » – Roger Maisonneuve

La facture augmente 

Adoptée à la surprise générale lors de la séance du conseil municipal tenue le mardi 26 janvier, cette hausse vise à couvrir les imprévus liés au projet de construction.

« Dans le contrat initial adopté à l’époque, il n’y avait aucun montant prévu pour ce qu’on appelle les imprévus de chantier, nous explique Roger Maisonneuve, directeur général de la Ville de Boucherville. Or, dans tout contrat de construction, il peut y avoir des changements, des modifications, et pour ça, il faut un budget. »

Couvrir les imprévus

L’augmentation de l’emprunt de 4,7 millions de dollars s’ajoute à un projet déjà coûteux, mais demeure éventuelle. La Ville se dote ainsi d’une marge de manœuvre financière afin de pouvoir faire face à d’éventuels imprévus, sans pour autant avoir la certitude que cette somme sera réellement dépensée.

« À la fin, est-ce qu’on va payer 2 millions, 3 millions ou 4 millions ? Ça, je n’en ai aucune idée », lance Roger Maisonneuve en entretien.

Ce qui est certain, c’est que des dépenses supplémentaires seront engagées, certains imprévus s’étant déjà concrétisés, notamment en raison du retard du chantier.

« Une partie du montant est prévue pour la négociation des pénalités liées aux retards du chantier. On les estime entre 1,6 et 2,3 millions de dollars, explique M. Maisonneuve. Le reste du montant sert à couvrir les autres imprévus qui surviennent régulièrement sur tous les chantiers. Pour y répondre, la Ville doit avoir une source de financement. Les 4,7 millions, c’est cette source : un coussin pour absorber les imprévus. »

Une pratique courante en construction, selon le directeur général.

« Cette pratique est commune. Les 4,7 millions représentent environ 12 % du contrat initial. Dans des projets comparables, on se situe généralement entre 5 et 15 %. Selon nos estimations, ce montant est amplement suffisant pour couvrir l’ensemble des imprévus. »

Compenser les coûts

Parmi les imprévus potentiels, Roger Maisonneuve évoque plusieurs scénarios : bris d’équipement, problèmes de terrain, manque de main-d’œuvre ou encore hausse du coût des matériaux.

« À un moment donné, l’entrepreneur a installé des poutres d’acier pour supporter la structure et le sol s’est affaissé, mentionne-t-il en guise d’exemple. Lorsque l’on donne un contrat à un entrepreneur, il est responsable du chantier, et de notre côté, nous engageons des professionnels pour effectuer des analyses. Même si les analyses de sol étaient concluantes, lorsque les poutres ont été installées, le terrain s’est affaissé pour une raison qu’on n’explique pas. Il a fallu refaire une partie de la structure du chantier, ce sont des dépenses supplémentaires qui n’étaient pas prévues au contrat. »

Notons toutefois que l’ensemble des imprévus ne sera pas nécessairement assumé uniquement par la Ville. À la fin du chantier, une discussion est prévue afin de faire le point sur les frais supplémentaires et de déterminer les responsabilités de chacun.

« À la fin du chantier, on va s’asseoir avec l’entrepreneur et décider quels sont les montants, quelles sont les responsabilités et qui doit en absorber le coût. Mais entre-temps, il faut payer. »

Un projet d’envergure

Pensé comme un pôle sportif et communautaire important, le complexe multisport vise à répondre à des besoins sportifs grandissants et, à long terme, à réduire les dépenses de la Ville liées à la location d’infrastructures.

« Actuellement, on paie environ 200 000 $ par année pour la location de plateaux sportifs de soccer à l’extérieur de la Ville. Le jour où le complexe multisport ouvrira, on rapatriera le soccer au municipal et on économisera cet argent-là. Ça aussi, ça nous aide à absorber ces dépenses. »

Avec un budget qui dépasse largement celui de tous les projets immobiliers municipaux réalisés jusqu’à présent, le complexe marque un tournant dans la manière dont la Ville investit dans ses infrastructures.

Selon le directeur général, le chantier progresse bien et devrait se terminer d’ici la fin de l’année 2026, avec les premiers entraînements prévus en février 2027. Nous suivrons de près l’évolution des travaux et de leurs imprévus d’ici là.