Déclin de l’état de santé des adolescents
Une enquête de la Santé publique montre une détérioration de certaines habitudes de vie chez les élèves du secondaire. Le Centre de services scolaire des Patriotes assure prendre le problème très au sérieux.
« Je suis surpris et non surpris à la fois des conclusions de cette enquête. » Mathieu Martel est conseiller pédagogique en saines habitudes de vie au Centre de services scolaire des Patriotes. Il explique son sentiment à l’égard d’une enquête de la Santé publique montrant une détérioration de l’état de santé des jeunes du secondaire au Québec. « On fait beaucoup de choses pour inciter les adolescents à bouger, mais le cellulaire et autres écrans sont devenus des habitudes. C’est un combat sociétal sans fin. »
L’enquête de la Santé publique sur les comportements des jeunes montre que depuis plus de dix ans, moins du tiers des adolescents (29 %) atteignent le minimum des 60 minutes quotidiennes d’activité physique recommandées. Les garçons sont plus nombreux que les filles à y parvenir, soit 35 %, comparativement à 22 % chez les filles. Une proportion importante des adolescents (71 %), tous sexes confondus, sont peu actifs, voire inactifs.
Les ados qui passent moins de quatre heures par jour devant un écran pour les communications ou les loisirs sont plus nombreux à être suffisamment actifs, soit 32 % comparativement à 22 %.
Des solutions
Pour Mathieu Martel, la responsabilité doit être partagée parmi tous les acteurs de la société. « Les parents, l’école ou encore les municipalités… Ce sont des efforts collectifs à réaliser absolument afin de retourner la situation. Maintenant se pose la question »Que peut-on faire? » »
Dans ce domaine, le conseiller pédagogique assure que le Centre de services scolaire des Patriotes est actif afin d’inciter les jeunes à abandonner les écrans pour s’ouvrir au monde les entourant. « Je pense d’abord aux professeurs d’éducation physique et à la santé (EPS). Leur rôle n’est pas à négliger. Ils font découvrir une variété d’activités pour que les adolescents puissent faire leurs choix afin qu’au bout du compte, cela devienne des habitudes de vie dans l’avenir. Ces enseignants influencent aussi par leur rôle de modèle. »
Mais l’action du corps enseignant ne s’arrête pas là. Mathieu Martel assure que sa mission quotidienne dépasse le cadre de l’activité physique. « On vise des projets pédagogiques particuliers dans les écoles secondaires. Les élèves ont le choix au quotidien! Cela passe par du petit matériel comme des trottinettes, des ballons… On peut aussi former les enseignants à sortir de la classe pour que les jeunes prennent le grand air. Beaucoup de choses se passent dans les classes. On propose aussi des activités originales, comme »Filles actives », qui regroupent des adolescentes afin de bouger entre elles loin du regard des garçons. Elles aiment pouvoir profiter d’activités exclusives. Nous avons aussi Parascolaire pour tous, un programme gratuit qui propose des activités variées. »
La société de demain
L’école est un lieu de vie. Mathieu Martel l’a ciblée pour inciter les jeunes à socialiser davantage entre eux. « On a créé les zones chill. Ce sont des espaces sans écran et sans fumée. Il y a des divans, des tables de tennis de table… Bref, un endroit idéal pour socialiser et discuter. Cela permet de se rencontrer. »
Malgré toutes ces initiatives, le conseiller admet que le combat n’est pas encore gagné. « On est très conscients de la situation. Ce travail n’est pas simple mais il est déterminant, car il aura un impact sur la société de demain. Qui seront ces adultes? Qui seront nos futurs collègues de travail? »
