Des milliers d’animaux abandonnés chaque année

À l’issue de sa campagne d’adoption sans frais, le refuge Proanima de Boucherville rappelle une réalité bien présente, les abandons d’animaux demeurent nombreux au Québec. Derrière ces statistiques se cachent des histoires souvent marquées par des difficultés humaines, auxquelles l’organisme tente de répondre.

Le refuge Proanima de Boucherville vient de conclure sa campagne d’adoption sans frais, qui s’est déroulée jusqu’au 19 juillet. Cette initiative met en lumière une réalité préoccupante sur la Rive-Sud et, plus largement, partout au Québec, chaque année, des milliers d’animaux sont abandonnés par leurs propriétaires.

La mission de Proanima est de leur offrir une seconde chance en les prenant en charge, en les soignant et en leur trouvant une nouvelle famille. 

Si la campagne a permis de nombreuses adoptions, plusieurs animaux attendent encore un foyer. À cette occasion, nous nous sommes entretenus avec Tiffany Gamelin, vétérinaire-conseil en médecine de refuge chez Proanima.

« Chaque animal a son histoire, il y a très peu de gens qui abandonnent de gaieté de cœur. » – Tiffany Gamelin

Des abandons qui demeurent

Chaque année, des milliers d’animaux sont abandonnés ou perdus au Québec. La Montérégie n’échappe pas à cette réalité.

Au refuge Proanima de Boucherville, pas moins de 3 200 animaux ont été accueillis en 2025, dont 1 150 cas étaient des abandons. Parmi eux, environ 190 provenaient de Boucherville pour 70 abandons.

Une réalité qui se répète d’années en années. Depuis le début de l’année 2026, pas moins de 1 600 animaux ont été admis au refuge de Boucherville, dont 600 abandons.

Si ces chiffres ne traduisent pas une hausse d’une année à l’autre, ils demeurent élevés. Pour la Dre Tiffany Gamelin, ils rappellent surtout que les abandons sont fréquents et qu’ils découlent de réalités souvent complexes. « Il y a énormément de problématiques humaines et animales qui peuvent mener à un abandon, nous explique-t-elle. Les gens peuvent développer des problèmes de santé qui les empêchent de s’occuper de leur animal, vivre une séparation, un déménagement ou encore faire face à des difficultés financières. Nous recevons aussi beaucoup d’animaux souffrant de maladies dont les traitements deviennent trop coûteux. »

Loin de blâmer les propriétaires, Proanima privilégie une approche axée sur l’accompagnement. 

L’objectif est d’abord d’aider les familles à conserver leur animal lorsque la situation le permet. Si ce n’est plus possible, l’organisme prend alors le relais. « On aide les gens dans ces périodes critiques pour qu’ils puissent garder leurs animaux. Chaque animal a son histoire, il y a très peu de gens qui abandonnent de gaieté de cœur, insiste la vétérinaire. On accepte les abandons sans frais et sans jugement. On essaie de trouver des solutions avec les propriétaires, mais lorsqu’ils ne peuvent vraiment plus garder leur animal, on les accompagne dans cette étape difficile. »

Un défi permanent

Depuis sa création en 2012, Proanima a accueilli plus de 60 000 animaux et reçoit aujourd’hui plus de 16 000 admissions par année dans ses trois refuges de Boucherville, Saint-Jean-sur-Richelieu et Montréal.

Les chats représentent la grande majorité des animaux recueillis. « Environ 80 % des animaux que nous recevons sont des chats, souligne Tiffany Gamelin.  Ensuite, on accueille des chiens, puis quelques animaux exotiques comme des lapins, des hamsters, des oiseaux ou des cochons d’Inde. Il existe actuellement une importante problématique de chats errants. »

Malgré un nombre élevé d’admissions, particulièrement durant la période estivale, l’organisme se dit fier du travail accompli, tout en reconnaissant que cette période représente un défi majeur. « On regarde l’année avec beaucoup de satisfaction, mais l’été demeure une période difficile pour tous les refuges, souligne Tiffany Gamelin. À travers nos trois établissements, nous recevons environ 50 animaux par jour. C’est énormément d’animaux à prendre en charge. En ce moment, nous faisons aussi face à plusieurs abandons de groupes, où de nombreux animaux arrivent en même temps. »

Des adoptions essentielles 

Cette capacité d’accueil dépend toutefois directement du nombre d’adoptions. Chaque animal qui trouve une famille libère une place pour un autre qui en a besoin.

C’est dans cette optique que Proanima a lancé sa campagne d’adoption de juillet. « Nous avons organisé cet événement pour mobiliser la population et l’encourager à venir adopter, explique Tiffany Gamelin. Tout ce que nous souhaitons, c’est trouver le plus de familles possible pour le plus grand nombre d’animaux. Nous invitons les citoyens à venir nous rencontrer, visiter le refuge et adopter. Chaque adoption fait une réelle différence. »

En près de 14 ans d’existence, Proanima s’est imposé comme un acteur incontournable de la protection animale en Montérégie, sur la Rive-Sud et à Montréal.

L’organisme rappelle enfin qu’il demeure une ressource pour les propriétaires d’animaux qui vivent une situation difficile. « L’accès aux soins vétérinaires n’est pas toujours simple et certaines personnes peuvent se retrouver dans une situation précaire, conclut Tiffany Gamelin. Il existe toutes sortes de réalités et nous faisons de notre mieux pour prévenir les abandons avant qu’ils ne deviennent inévitables. »