Des nouvelles de Joey

Près de deux mois après avoir captivé le Québec en errant dans les rues de Boucherville, le kangourou Joey poursuit son rétablissement au zoo de Granby.

Une espèce animale franchement atypique pour le Québec a fait les manchettes au début de l’été. Baptisé Joey par les nombreuses personnes qui se sont intéressées à son histoire, un kangourou en cavale a rebondi à Boucherville pendant plus d’une semaine avant d’être finalement capturé et conduit au zoo de Granby.

Échappé d’un box où il était détenu illégalement, le marsupial s’est retrouvé dans un champ.  Si sa cavale a soulevé de nombreux enjeux, notamment en ce qui concerne le commerce d’animaux exotiques au Québec et la gestion, jugée trop lente par les organismes sur place, de telles situations par le ministère de l’Environnement, celle-ci s’est s’est tout de même bien terminée. Le kangourou a été capturé dans des conditions sécuritaires, puis transporté dans un endroit sûr où il a pu être soigné et suivi.

Près de deux mois après sa capture, le Journal de Boucherville a pris des nouvelles de Joey afin de savoir comment il se porte et ce que lui réserve l’avenir.

Arrivée au zoo 

À la demande du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, le kangourou a été amené au zoo de Granby le 17 juin. « Dès son arrivée, nos équipes spécialisées en soins animaliers ont pris le relais et gardent un œil vigilant sur le jeune marsupial », indiquait alors le zoo, soucieux de tenir le public informé de l’évolution de la situation sur ses réseaux sociaux.

Le kangourou était alors stable et alerte. Il s’alimentait normalement malgré le stress vécu au cours des derniers jours. Il a immédiatement été installé dans un environnement adapté à son espèce, entièrement à l’abri du public afin de favoriser son rétablissement. « Nos équipes veillent sur lui de près, avec toute l’expertise et l’attention nécessaires, permettant aux autorités de déterminer la solution à long terme la plus appropriée pour répondre à ses besoins », précisait alors le zoo.

Des informations détaillées

Plus d’informations concernant le marsupial ont ensuite été rendues publiques au cours des semaines suivant sa prise en charge. Il s’agit d’un jeune mâle pesant près de 16 kg, âgé de 14 à 18 mois, qui a un penchant gustatif pour les légumes frais.

Récemment, Joey a bénéficié d’un bilan de santé complet réalisé par l’équipe vétérinaire du zoo de Granby. « Des analyses sanguines, fécales et urinaires sont toujours en cours, mais jusqu’à présent, tout indique qu’il est en bonne santé, souligne la direction du zoo. D’ailleurs, depuis son arrivée au Zoo, ce jeune pensionnaire a pris près d’un kilogramme. Il s’alimente bien, se montre actif, curieux et profite pleinement des attentions de notre équipe. »

Le kangourou se trouve toujours en période de quarantaine, une étape essentielle afin d’assurer sa santé ainsi que celle des autres animaux. C’est pourquoi il n’est toujours pas visible du public ni des médias.

Une nouvelle maison

Pour ce qui est de son avenir, Joey devra quitter le zoo de Granby à la fin de sa quarantaine, puisque l’établissement n’héberge pas cette espèce de façon permanente. « Dès le départ, il n’était pas prévu que ce kangourou demeure de façon permanente au Zoo de Granby, souligne la direction du zoo. L’animal nous a été confié temporairement en raison de la qualité de nos installations et de notre expertise avec les macropodidés. »

Un point que confirme Louis Potvin, porte-parole régional du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. « Il sera prochainement transféré vers une autre institution zoologique au Canada qui a accepté de le prendre en charge. Les démarches se poursuivent afin de lui trouver un nouveau milieu de vie répondant aux plus hauts standards de bien-être animal et où il pourra rejoindre des congénères de la même espèce. »

Cependant, même si sa prochaine destination est peut-être déjà connue, elle ne sera pas rendue publique afin de protéger l’animal. « Le Ministère ne divulgue jamais les lieux d’accueil définitifs des animaux qui font l’objet d’un processus de saisie, précise Louis Potvin. Cette mesure vise notamment à éviter que les lieux d’accueil aient à composer avec d’anciens propriétaires qui tenteraient de les contacter ou qu’ils subissent des représailles de leur part. »

D’ici à son déménagement, que l’on espère être le dernier, le kangourou restera au zoo de Granby, où tous les soins nécessaires lui sont prodigués. « Nos équipes spécialisées en soins animaliers mettent tout en œuvre pour lui offrir un environnement adapté à ses besoins », souligne la direction du zoo.

« Celui-ci bénéficie également du programme d’enrichissement comportemental du zoo de Granby pour l’encourager à explorer son environnement, à rechercher sa nourriture et à exprimer ses comportements naturels », conclut Louis Potvin, confiant que le kangourou rejoindra prochainement des congénères de la même espèce.

Un commerce illégal

Cette histoire rappelle une réalité importante. Les animaux exotiques ont des besoins extrêmement spécifiques en matière d’alimentation, de soins vétérinaires, d’environnement et d’enrichissement.  Leur bien-être exige une expertise, des installations spécialisées et un engagement constant qui dépassent largement les soins requis par les animaux de compagnie auxquels la population est généralement plus familière. « Derrière la fascination qu’exercent les animaux exotiques se cache une immense responsabilité, qui ne devrait jamais être sous-estimée », souligne la direction du zoo de Granby.

C’est pour cela que la garde d’animaux exotiques est strictement encadrée par la loi au Québec. Ces règles existent afin d’assurer le bien-être des animaux, mais aussi la sécurité de la population.

À ce jour, aucune information concernant les propriétaires initiaux de Joey ni d’éventuelles poursuites judiciaires n’a été rendue publique par les autorités. Une enquête est en cours nous confirme le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs sans pouvoir nous donner plus d’informations à ce sujet « afin de ne pas nuire au processus d’enquête ».