Entrepreneur en plomberie illégal en Montérégie
La Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec (CMMTQ) a obtenu de la Cour supérieure du Québec une injonction interlocutoire ordonnant à Joël Beauchemin et à son entreprise, Inspection et Déblocage Joël Beauchemin inc., de cesser immédiatement d’exercer le métier de maître mécanicien en tuyauterie.
« L’entrepreneur n’a même plus le droit de pratiquer ou de laisser entendre qu’il a le droit de le faire, sans être membre de l’organisme, a fait savoir au journal la CMMTQ. D’en arriver à une telle sanction, c’est une première pour nous. »
L’entrepreneur en question n’est pas autorisé à exécuter des travaux de plomberie, incluant des manœuvres de débouchage de tuyauterie, ni à en faire la publicité.
Il n’y a pas d’ordre de plombiers, car le métier du secteur de la construction n’est pas une profession. Cependant, la CMMTQ, mandatée par le gouvernement, veille à ce que les plombiers respectent des normes afin de protéger les citoyens. « La CMMTQ suggère au public de demeurer vigilant afin d’avoir droit à des travaux réalisés par des entrepreneurs en règle et qualifiés. Nous vérifions les informations de la personne, nous nous assurons que les connaissances sont à jour et qu’il y a une formation continue ou encore que les règles d’éthique du métier sont respectées », d’indiquer Steve Boulanger, directeur général de la CMMTQ.
Un multirécidiviste
Dès le 18 décembre 2019, le comité de qualification de la CMMTQ avait refusé de délivrer une licence à Joël Beauchemin et à son entreprise précédente, Plomberie Joël Beauchemin et fils inc., en raison de comportements jugés incompatibles avec l’exercice du métier. Malgré plusieurs condamnations pénales et amendes substantielles, l’entreprise a continué à pratiquer illégalement. Des dossiers restent par ailleurs en traitement devant les tribunaux et d’autres plaintes continuent d’être déposées contre l’homme et son commerce. « Nous recevions beaucoup d’appels de clients insatisfaits du travail de cet entrepreneur qui n’était pas membre de la corporation. Malgré les nombreuses condamnations à payer des amendes importantes, son activité illicite s’est poursuivie. Nous n’étions jamais allés jusqu’à une injonction d’interdiction du tribunal pour que ce comportement cesse. Nous recevons environ 300 plaintes par année et des poursuites sont intentées dans 60 à 80 dossiers. Il est très rare qu’une nouvelle plainte soit adressée contre une entreprise déjà condamnée. Devant cette situation répétée, la CMMTQ a senti le devoir d’agir », mentionne Mylène Sagala, directrice générale adjointe au service juridique de la CMMTQ.
Le coupable, basé à Varennes, a exercé illégalement un peu partout à Boucherville, comme partout en Montérégie, ainsi qu’à Montréal.
Précautions
La CMMTQ recommande de vérifier que l’entreprise ou la personne à qui l’on confie des travaux est membre de la CMMTQ et qu’elle possède bien les licences appropriées. Cette vérification peut se faire facilement en consultant le Répertoire des membres ou en contactant la CMMTQ au 514 382-2668. Les consommateurs sont invités à signaler tout exercice illégal d’activités réservées en remplissant le formulaire de dénonciation de la CMMTQ. « Une fois cette vérification faite, il est aussi possible d’aller chercher des références de l’entrepreneur », de conclure M. Boulanger.
Au sujet de la CMMTQ
Créée en 1949, la CMMTQ regroupe les entrepreneurs spécialisés travaillant dans le domaine de la mécanique du bâtiment au Québec, plus particulièrement en plomberie et en chauffage.
Conformément à sa mission, la CMMTQ voit à augmenter la compétence et l’habileté de ses membres afin d’assurer au public une plus grande sécurité et une meilleure protection en matière d’hygiène et de santé.
Elle assume la qualification professionnelle des entrepreneurs en plomberie et en chauffage, confiée par le gouvernement du Québec, et réglemente la conduite de ses membres dans l’exercice de leur métier.
