Fermeture exceptionnelle de la Maison des jeunes de Boucherville
Du 23 mars au 2 avril, la Maison des jeunes de Boucherville sera fermée. Les activités régulières seront suspendues. Certaines actions ponctuelles de sensibilisation et de mobilisation seront cependant organisées afin d’expliquer les enjeux du sous-financement du milieu communautaire.
« La Maison des jeunes de Boucherville s’apprête à voter un mandat de grève dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte!, prévu du 23 mars au 2 avril. Cette décision fait suite aux recommandations du Regroupement des maisons des jeunes du Québec et du Regroupement des maisons des jeunes de la Montérégie, auxquels nous sommes affiliés », a fait savoir au journal Marie-Claude Malo, directrice de la Maison des jeunes de Boucherville, appelée La Piaule.
« Nous avons choisi de nous joindre à ce mouvement parce que nous faisons pleinement partie de cette réalité. Comme l’ensemble des organismes communautaires, la Maison des jeunes de Boucherville subit directement les conséquences du sous-financement chronique : difficulté à offrir des conditions de travail décentes, épuisement des équipes, instabilité du personnel et pression constante pour maintenir des services essentiels avec des moyens insuffisants », précise-t-elle.
Un appel de la CDC AL
En novembre dernier, les organismes membres de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL) ont voté à forte majorité en faveur du mouvement de grève Le communautaire à boutte!, qui se tiendra du 23 mars au 2 avril prochains. Depuis, des organismes de l’agglomération confirment leur participation et transmettent leur mandat de grève au comité régional de la campagne.
La Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL) est un regroupement multisectoriel d’organismes communautaires ayant comme mission d’initier, de soutenir et de renforcer le développement social sur le territoire de l’agglomération de Longueuil afin de tendre vers une plus grande justice sociale et environnementale. La CDC AL compte 120 membres.
La Piaule participe à cet appel à la suite des recommandations du Regroupement des maisons des jeunes du Québec et de celui de la Montérégie.
Besoins financiers
Mme Malo reproche au financement du gouvernement de ne couvrir « même pas le quart des opérations de la Maison des jeunes. Si l’organisme devait fonctionner uniquement avec ce financement, la Maison des jeunes serait en mesure d’ouvrir une journée par semaine, peut-être deux, tout au plus. Or, année après année, le coût de la vie augmente, les besoins sur le terrain explosent, mais les salaires dans le milieu communautaire, eux, ne suivent pas. »
Elle note aussi un écart « difficilement justifiable » entre les conditions salariales du milieu communautaire et celles du réseau public. « Le milieu communautaire joue pourtant un rôle essentiel dans le filet social québécois. Il agit en amont, rapidement, avec agilité, et répond à des besoins que le réseau public ne peut, à lui seul, combler. Ce modèle fonctionne et fait ses preuves depuis des décennies, mais il est aujourd’hui fragilisé par un financement insuffisant et précaire. »
Le choix de faire la grève a été pris en concertation avec les jeunes et certains partenaires de La Piaule. « Plusieurs citoyens et familles reconnaissent l’importance de la Maison des jeunes dans la communauté et comprennent que ce moyen de pression est nécessaire pour se faire entendre et améliorer les conditions permettant d’assurer la pérennité des services. »
Il est également important de rappeler que La Piaule, à Boucherville, est la première Maison des jeunes au Québec, fondée il y a plus de 50 ans en réponse à un besoin criant des adolescents. Un demi-siècle plus tard, ce besoin est toujours bien réel, et la mission de l’organisme demeure essentielle. « La grève envisagée constitue un geste exceptionnel. À ma connaissance, la Maison des jeunes de Boucherville n’a pas eu recours à la grève par le passé en lien avec le financement. Étant à la Maison des jeunes depuis 2001, je ne me rappelle pas que l’organisme ait déjà vécu une telle mobilisation, ce qui témoigne du niveau d’essoufflement actuel du milieu et de l’urgence de la situation », conclut-elle.
