Florence Junca-Adenot a regardé sa petite-nièce s’envoler vers l’espace demain
La mission Crew-12 vers la Station spatiale internationale (ISS) a vu, vendredi dernier, la petite-nièce de Florence
Junca-Adenot, une résidente de Boucherville, accomplir son rêve d’enfant.
Florence Junca-Adenot a vécu, vendredi, un moment suspendu dans le temps. Sa petite-nièce, car « mon mari est le cousin germain de son père », a reçu son billet aller-retour pour l’espace.
Sophie Adenot, de nationalité française, fait partie de la mission Crew-12 vers la Station spatiale internationale (ISS). Avec quatre autres astronautes, elle a pris rendez-vous, le 13 février, avec l’espace. « Je suis incroyablement fière d’elle. Elle réalise véritablement ici un rêve d’enfant. À 41 ans, elle n’a jamais lâché cet objectif tout en restant accessible, douce, très gentille. Cette jeune femme est un exemple pour tous les jeunes de sa génération. Elle est allée jusqu’au bout de tout ce qu’elle a voulu faire sans jamais se plaindre », explique, avec beaucoup d’admiration dans la voix, Florence Junca-Adenot.
Après le lancement, même si elle a vécu l’événement avec un peu d’inquiétude, ce sont surtout la fierté et l’admiration du moment vécu qui ont pris le dessus. « Même si le décollage était programmé à 5 h 15, à 4 h 40, j’étais déjà devant mon écran. Après le lancement, j’ai écrit un courriel à son père, qui a trouvé ce moment très émouvant. Elle fait désormais partie des grandes exploratrices de notre temps. »
Florence Junca-Adenot
Résidente de Boucherville, madame Junca-Adenot a choisi de vivre au Québec. Elle a voué sa carrière, extrêmement remplie, au développement urbain, au transport collectif, à l’immobilier, à l’enseignement et à la culture de la province. Première présidente-directrice générale de l’Agence métropolitaine de transport, elle joue un rôle déterminant dans la croissance du réseau de trains de banlieue, l’harmonisation tarifaire et l’aménagement d’infrastructures incitatives.
Actrice de la revitalisation de Montréal, elle a dirigé diverses sociétés paramunicipales, œuvrant à l’émergence de projets emblématiques tels que le Centre de commerce mondial et le musée Pointe-à-Callière.
En 2021, elle devient chevalière de l’Ordre national du Québec. En 2025, elle accède au grade de commandeure de l’Ordre de Montréal. Elle est aussi, pour l’Université du Québec à Montréal, où elle est toujours professeure associée, l’une des mères fondatrices. Elle a piloté, entre autres, la construction des dix phases de développement de cette institution du savoir québécois. À Boucherville, en 2017, elle était la présidente de la Corporation des fêtes de Boucherville, qui célébrait son 350e anniversaire.
Vendredi, elle a regardé, comme des millions de personnes, sa petite-nièce s’envoler dans l’espace. « J’ai fait le choix de vivre au Québec, mais je suis proche de ma famille en France. Nous sommes tous fiers d’elle. J’ai échangé avec son père, il y a quelques jours, et il est très fier de sa fille. »
Sophie Adenot
Que l’on ne s’y trompe pas : le parcours de l’astronaute est celui d’une personne à part. « Elle parle plusieurs langues, elle aime les arts, elle pilote des hélicoptères… C’est une surdouée », mentionne Mme Junca-Adenot.
L’astronaute a en effet plus d’une corde à son arc. Elle obtient un master en Sciences des facteurs humains aéronautiques et spatiaux, en 2004, au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Son travail de thèse portait sur « l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle afin de définir un entraînement des astronautes face à la gravité artificielle et à la force centrifuge ».
En 2005, elle intègre l’Armée de l’air française et suit un cursus militaire d’élève-officier ainsi que la formation initiale dans le but de devenir pilote d’hélicoptère.
En 2018, elle obtient avec succès son diplôme de pilote d’essai à l’Empire Test Pilot School, à Boscombe Down, au Royaume-Uni. Elle a reçu à cette occasion le trophée MacKenna ainsi que la médaille Patuxent.
En plus du français, sa langue maternelle, Sophie maîtrise l’anglais. Elle parle aussi l’allemand et le russe, et possède des notions d’espagnol. Et tout ceci n’est qu’une infime partie de son parcours hors norme.
En 2022, elle a été faite chevalière de l’Ordre national du Mérite (France) et a reçu la médaille de l’Assemblée nationale récompensant ses actions inspirantes pour l’égalité des genres dans le domaine des sciences, en 2021.
Elle a également été nommée Young Leader par la fondation franco-américaine en 2020.
En direct
« Sophie a travaillé sur le bras canadien. Sa sœur, qui est plus proche, travaille à Toronto. Je la vois un peu plus
souvent », conclut Mme Junca-Adenot, qui était devant son écran pour ne pas perdre une miette du décollage de la mission qui compte à son bord sa petite-nièce.
Le décollage s’est déroulé sans problème, ce vendredi 13, à 5 h 15. La fusée Falcon 9, de SpaceX, avec le vaisseau Crew Dragon, où se trouvera sa nièce, a rejoint l’espace sans encombre pour une mission qui durera neuf mois.
