Ginette Langlois pour QS

Ginette Langlois, candidate comme députée dans la circonscription de Montarville, a répondu aux questions du journal.

Pouvez-vous brièvement vous présenter ?

Je suis avant tout une travailleuse sociale depuis 33 ans. Je travaille dans le réseau de la santé, services sociaux. J’ai principalement passé ma carrière avec les personnes âgées en perte d’autonomie, j’ai fait du soutien à domicile, mais actuellement, je suis en gériatrie à l’hôpital Pierre-Boucher. C’est une dynamique que je connais très bien : les problématiques des proches aidants, de soutien à domicile, le manque de financement, le manque aussi d’endroits pour les personnes âgées pour se loger. On est beaucoup dans les résidences privées au coût que tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir, même à Saint-Bruno, puis à Boucherville. J’ai aussi été syndicaliste, je suis toujours syndicaliste, je pense qu’on reste syndicaliste. Comme on reste militaire toute notre vie. J’ai été vice-présidente et présidente de la Fédération des professionnels à la CSN. Je connais ça, la négociation, la représentation politique avec le gouvernement, c’était en gros notre travail comme élu politique.

Vous avez été la première à vous déclarer. Vous étiez pressée d’aller en campagne ?

C’est sûr qu’on voulait avoir une présence Québec solidaire dans Montarville. J’habite Boucherville depuis trois ans, donc j’étais prête à me lancer. On a commencé le porte-à-porte. Les gens sont intéressés à entendre. Il y a beaucoup d’indécis. Peu de gens nous ont dit d’emblée qu’ils savaient pour qui ils allaient voter. Je pense que les gens sont fatigués de la vieille politique, sont fatigués des promesses qui, en bout de piste, ne se réalisent pas. Je me suis fait remercier à plusieurs reprises de me présenter à leur porte, on me dit que cela ne sonne pas beaucoup. Quand on demande aux citoyens ce qui, pour eux, va être important pour leur prochain député(e), on nous répond la présence, la proximité. J’ai l’impression que je suis la seule qui fait du porte-à-porte. Possiblement que les autres en font, je ne sais pas, c’est grand quand même comme circonscription.

Qu’est-ce qui vous marque dans la circonscription de Montarville ?

On a l’impression, vu de l’extérieur, que Saint-Bruno et Boucherville sont deux villes qui sont composées de gens assez bien nantis de façon générale, mais qui ont, quand même, des besoins. Il y a des poches de pauvreté, quand même, dans nos deux villes. D’ailleurs, cette semaine, on était en rencontre avec le Centre d’entraide de Boucherville. Il y a beaucoup de gens qui vont à la banque alimentaire, des gens qui travaillent, qui ont des familles. Il y a des besoins en logements sociaux qui sont non comblés. Donc, c’est ça qui m’a frappée avant tout, les besoins qu’il y a dans le logement. Si tu veux rester à Boucherville ou à Saint-Bruno, sans parent qui t’aide pour acheter ta première maison, c’est difficile.

Des solutions à ça, ce serait quoi ?

On a un plan en habitation où on veut, d’un côté, contrôler l’indexation des coûts de loyer, faire la construction de logements sociaux, mais aussi mieux contrôler le marché. Au niveau des logements, ce sont des logements abordables, des logements sociaux, des coopératives qu’il manque. Ce qu’on vise à terme, c’est 25 000 constructions de logements sociaux, puis 25 000 autres qu’on veut sortir du marché immobilier. Mais c’est sûr que ça va être au prorata des besoins à travers la population, mais il y a des besoins aussi à Boucherville et à Saint-Bruno.

Le logement, c’est votre priorité ?

Puis le coût de la vie. C’est le même pour tout le monde. Il est élevé. Il faut mieux contrôler l’inflation. Elle était à 1,6 % avant la pandémie. Ça a doublé depuis.

Faire campagne contre la présidente de l’Assemblée nationale, qui a un devoir de neutralité, vous fait quoi ?

Premièrement, je ne fais pas campagne contre Madame Roy. Je vais faire campagne pour Québec solidaire et pour Ginette Langlois. Mais on va être opposés, oui, nécessairement comme à tous les autres candidats. Mais ici, j’avoue que je trouve ça particulier qu’on fasse une campagne non partisane. On fait campagne pour un parti, on fait campagne de façon partisane nécessairement pour des propositions qu’on défend. Moi, si je m’implique en politique, c’est parce que je suis dans la continuité de mon travail de travailleuse sociale, de militante syndicale, je veux améliorer la vie des gens. Il y a certains éléments que tu ne peux pas faire en étant travailleuse, que tu ne peux pas faire en étant syndicaliste. Je ne la comprends pas de faire une campagne non partisane, puis de demander aux électeurs, qui veulent avoir de la proximité, de dire :  » Si je suis élue, c’est pour que les 127 députés à l’Assemblée nationale me portent à nouveau présidente de l’Assemblée nationale.  » Je trouve ça particulier. Je ne comprends pas le choix de Mme Roy, mais ça lui appartient. Ça donne une option caquiste aux gens qui veulent voter caquiste.

En quoi Québec solidaire, dans Montarville, se distingue des autres partis ?

Moi, je vous dirais, de façon générale, à Québec solidaire, on veut mettre l’économie au service de la population. Et non pas la population au service de l’économie. Donc, il faut qu’on améliore nos services publics au niveau de l’éducation, de la santé… Ils ont beaucoup souffert. J’en parle en toute connaissance de cause, je l’ai vu en 33 ans, là. Fusions par-dessus fusions, coupures, on est rendu le système le plus inégalitaire au Canada. On a perdu ce qu’on avait gagné lors de la création de la commission Parent. Faut réparer cela et ça prend de l’argent.

Les finances de la province ne semblent pas au beau fixe, comment on finance tout cela ?

On va chercher l’argent, il faut travailler sur la colonne des revenus. C’est mathématique, si on veut dépenser, ça prend plus d’argent. Si ça prend plus d’argent, nous, on propose de taxer les ultra-riches, les fortunes d’avoir net de 25 millions et plus, d’aller chercher 1 %. Après, au-dessus de 100 millions, 2 %. Cela rapporte à peu près 5 milliards dans les caisses de l’État, on peut en faire des choses avec ce montant. Il faut avoir le courage de le faire. Il faut aller chercher l’argent pour être capable de donner des services.

C’est quoi les caractéristiques de cette circonscription qui correspondent à l’ADN de Québec solidaire ?

Pour moi, c’est le système d’entraide de la circonscription. On a de l’argent, on va redonner aux gens à côté de nous. Montarville a une population qui se prend en main. Moi, si je suis élue le 5 octobre, oui, je vais aller à l’Assemblée nationale, ça fait partie du travail, mais l’importance d’être dans la circonscription, c’est de pouvoir y être la voix de la population.