Investissements réduits chez exo
L’entreprise exo a annoncé, en décembre dernier, une réduction significative de ses projets et de ses investissements en raison des importantes pressions financières qui touchent le transport collectif dans la région métropolitaine de Montréal.
Cette décision a pour objectif d’optimiser les dépenses et de concentrer les ressources sur le maintien des actifs nécessaires à la livraison du service de façon sécuritaire.
Le Programme des immobilisations (PDI) d’exo, actuellement en préparation pour un dépôt en fin d’année, passera de 2,5 à 1,9 milliard de dollars sur une période de dix ans.
« La livraison du service est notre priorité », déclare Marie-Hélène Cloutier, directrice exécutive – expérience client. Cette dernière explique que les pressions financières qui touchent le transport collectif constituent une situation persistante depuis plusieurs années, notamment en raison de l’impact de la pandémie sur les habitudes de déplacement des usagers. Elle note toutefois une croissance de l’achalandage d’année en année depuis.
« Les enjeux de financement du transport collectif sont plus criants que jamais, et les sociétés de transport doivent contribuer à combler un manque à gagner qui se chiffre en centaines de millions de dollars. Bien qu’exo annonce aujourd’hui la réduction de ses projets et de ses investissements, d’autres mesures devront être trouvées et mises en œuvre dans la région métropolitaine pour répondre aux enjeux de financement du transport collectif », souligne Pierre Fortin, président du conseil d’administration d’exo.
Priorisation en maintien des actifs
« Cette annonce signifie que plusieurs projets doivent être reportés ou abandonnés et que nous allons concentrer nos investissements sur l’entretien et le maintien nécessaires pour assurer la sécurité des infrastructures et du matériel roulant », mentionne Marc Rousseau, directeur général d’exo. « Nous sommes conscients des répercussions de ces choix difficiles sur les communautés. La livraison du service est, et restera, au cœur de nos priorités », précise-t-il.
Pour Marie-Hélène Cloutier, qui aborde l’avenir dans le même sens, l’objectif est d’optimiser. « Nous travaillons à continuer de développer le transport collectif dans le contexte actuel, avec les ressources et les effectifs que nous avons. »
Le premier levier d’optimisation consistera en la réduction des investissements d’exo et du nombre de projets. Afin de viser l’équilibre budgétaire, plusieurs choix ont été faits, dont le report de la construction des garages nécessaires à l’électrification et le ralentissement des activités liées à celle-ci.
D’autres mesures faisant partie intégrante du plan d’optimisation seront présentées en janvier, à la suite du dépôt du budget et du PDI.
Saine gestion des effectifs et des fonds publics
Au cours des dernières années, plusieurs mesures ont été prises afin d’optimiser le budget, notamment la réduction de la masse salariale, la révision de la structure organisationnelle, l’optimisation des espaces de bureau, l’ajustement de l’offre de service depuis la pandémie, la diminution de la fréquence des travaux de mise à niveau, d’entretien et de gardiennage des sites, ainsi que le report ou l’annulation de projets technologiques et le report d’investissements.
Ces mesures ont d’ailleurs généré des économies de plusieurs millions de dollars. En 2024 seulement, exo a réalisé des optimisations et des réductions de dépenses récurrentes totalisant 17,1 millions de dollars.
Par ailleurs, l’efficacité du modèle d’affaires par impartition d’exo a clairement été démontrée par un rapport réalisé par la firme Raymond Chabot Grant Thornton sur la performance des organismes de transport collectif (OPTC). Les coûts d’exo par heure de service sont 25 % plus bas qu’ailleurs dans la région métropolitaine.
