La FCCQ salue la réouverture du PEQ, mais réclame davantage
Les chambres de commerce applaudissent le retour du PEQ mais demandent une hausse des seuils d’immigration.
Grande nouvelle pour les immigrants établis au Québec, le gouvernement de la première ministre, Christine Fréchette, a confirmé la réouverture temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans à compter du 2 juillet 2026.
Une annonce que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud considèrent comme un signal positif permettant de redonner de la prévisibilité aux travailleurs et aux entreprises.
Si elles saluent cette décision, les deux organisations estiment toutefois qu’elle ne suffira pas à régler la pénurie de main-d’œuvre qui touche plusieurs secteurs d’activité, notamment sur la Rive-Sud.
« Le Québec a besoin de 106 000 travailleurs étrangers par année simplement pour combler les postes actuels dans nos entreprises. » – Véronique Proulx
Ouvrir les seuils
Suspendu en novembre 2025, le PEQ permet aux diplômés étrangers du Québec et aux travailleurs étrangers temporaires d’accéder à la résidence permanente par une voie accélérée.
Cette réouverture, promise par Christine Fréchette lors de sa campagne à la direction de la CAQ, vise notamment à offrir une mesure transitoire aux milliers de candidats touchés par la suspension du PEQ.
Si la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) est saluée par le milieu des affaires, celle-ci s’effectue sans hausse des seuils d’immigration permanente. En effet, Québec maintient sa cible de 45 000 admissions par année jusqu’en 2029, un niveau inférieur aux quelque 60 000 admissions observées au cours des dernières années.
Dans un récent communiqué, la FCCQ et la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud appellent ainsi le gouvernement à élargir les seuils d’immigration. « Le Québec a besoin de 106 000 travailleurs étrangers par année simplement pour combler les postes actuels dans nos entreprises, a déclaré Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ. La fermeture du PEQ était une erreur et sa réouverture est une bonne nouvelle pour redonner de la prévisibilité aux travailleurs et aux entreprises. Mais si les seuils d’immigration ne bougent pas, cela ne règle pas le problème de fond. »
Des mesures contraignantes
Selon la présidente-directrice générale de la FCCQ, les récents assouplissements apportés au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) demeurent insuffisants pour répondre aux besoins des entreprises.
Dans plusieurs secteurs, notamment le manufacturier, les exigences du PEQ et du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) sont jugées trop contraignantes, si bien que le recours aux travailleurs étrangers temporaires demeure essentiel pour plusieurs employeurs.
Un constat que partage Jean-François Lévesque, président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud. « La réouverture du PEQ est un signal positif, mais insuffisant à elle seule. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des décisions cohérentes et structurantes. Les gouvernements doivent utiliser pleinement toutes leurs marges de manœuvre pour soutenir la croissance, la productivité et la vitalité économique du Québec. »
Droit acquis
Pour répondre à ce manque de main d’œuvre, la FCCQ et la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud demandent également la mise en place d’un droit acquis pour tous les travailleurs occupant actuellement un emploi. « Le Québec ne réussira pas à assurer la survie et la croissance des entreprises en région sans accueillir suffisamment de travailleurs », ajoute Véronique Proulx.
Les organismes pressent ainsi le gouvernement de reconnaître la réalité québécoise en matière d’immigration temporaire. « Dans un contexte marqué par les tensions commerciales, les tarifs et l’incertitude mondiale, des facteurs hors de notre contrôle, les entreprises doivent pouvoir s’appuyer sur ce qui relève de nos décisions : des leviers domestiques prévisibles et efficaces. L’immigration en fait partie », conclut Jean-François Lévesque.
