La Fondation Jeanne-Crevier au cœur du mieux-être des résidents
Au CHSLD de Boucherville, la Fondation Jeanne-Crevier multiplie les initiatives pour briser l’isolement et apporter du réconfort aux résidents.
Créée en 1987, la Fondation Jeanne-Crevier a pour mission, depuis 39 ans, d’agir en complément des services gouvernementaux et hospitaliers offerts au CHSLD de Boucherville. « La fondation est indépendante. Le CHSLD est un organisme gouvernemental, alors que nous, nous sommes autonomes, explique Mylène Ferron, présidente du conseil d’administration. Par contre, nous réalisons des projets pour le CHSLD. Le gouvernement est là pour le bien-être des résidents, et nous, pour le mieux-être. Notre mission, c’est vraiment d’améliorer la qualité de vie des résidents et des usagers. »
Pour y parvenir, la Fondation a mis en place, au fil du temps, des activités novatrices reconnues pour leurs bienfaits sur la santé et le bien-être des bénéficiaires.
Parmi celles-ci, la zoothérapie et la musicothérapie se démarquent particulièrement. Nous avons assisté à une séance de zoothérapie pour en mesurer les effets.
La zoothérapie
« Il y a 93 résidents et une centaine d’usagers au centre de jour, et les activités sont offertes à tous, nous explique Mylène Ferron en nous conduisant vers les ateliers de zoothérapie. Plusieurs ne parlent plus, mais quand on observe leur visage et leur regard, on comprend les bienfaits de cette activité. »
Dans les couloirs, les bénéficiaires se succèdent. La plupart sont assis, en fauteuil roulant ou sur des chaises. Certains dorment, d’autres regardent la télévision, peu discutent. Tous sont en fin de vie.
Les salles sont lumineuses, baignées par les premiers signes du printemps. Dans une chambre, nous rencontrons Mme Madeleine qui caresse Haby, une petite lapine posée sur ses genoux. Elle ne nous parle pas, mais son visage s’illumine, un sourire apaisé apparaît. À ses côtés, dans une poussette, Maya, un petit chihuahua, observe joyeusement la scène, langue pendante. « La zoothérapie comporte plusieurs bienfaits, nous explique Sylvie Martin, zoothérapeute au sein de l’organisme. Notamment l’inversion des rôles. Quand une bénéficiaire reçoit un animal, elle ne reçoit pas un soin, elle en donne. On constate que les résidents ont encore beaucoup à offrir. »
Zoothérapeute depuis plus de 15 ans, Sylvie Martin intervient à la Fondation toutes les deux semaines. Elle parcourt les chambres accompagnée de ceux qu’elle appelle ses « êtres-animaux », une façon de les placer sur un pied d’égalité avec les humains. Chiens, chats, tourterelles ou lapins, elle adapte ses visites en fonction des besoins des usagers et du contexte. « Il faut que ça se fasse dans des environnements calmes, et les animaux sont choisis selon l’effet recherché. Si une personne est plus déprimée, on peut amener un golden retriever, car il est plus gros, plus gourmand, il apporte de la vie. »
Le contact avec les animaux agit également comme un puissant déclencheur de souvenirs. « Ça leur rappelle la maison. On essaie de rendre la vie en CHSLD la plus proche possible de celle qu’ils connaissaient. »
Au-delà du réconfort, des liens d’attachement se créent. Pour certains résidents, peu visités ou incapables de s’exprimer verbalement, ces interactions deviennent essentielles. « Il y a une relation qui s’installe quand les animaux reviennent, conclut la zoothérapeute. C’est plein de douceur et ça passe beaucoup par le non-verbal. L’animal ne juge pas, c’est un accueil inconditionnel. Souvent, les gens ne me parlent pas à moi, mais s’adressent aux animaux. »
La Fondation face aux défis
Comme de nombreux organismes, la Fondation Jeanne-Crevier doit composer avec des défis financiers croissants. « C’est de plus en plus difficile d’aller chercher du financement, souligne Mylène Ferron. On dépend entièrement des dons, et le coût de la vie augmente. »
Certaines initiatives permettent toutefois de soutenir ses activités. « Nous sommes bénéficiaires du duathlon/triathlon, et l’automne dernier, nous avons reçu 40 000 $. »
Malgré ces défis, la Fondation poursuit sa mission et diversifie ses projets. La musicothérapie, notamment, fait aussi ses preuves. « La musique fait des miracles. Des personnes qui ont perdu la mémoire se remettent soudain à chanter, affirme la présidente. Cela déclenche quelque chose, ravive des souvenirs et les replonge dans des moments heureux. »
L’organisme investit également dans l’amélioration des espaces de vie. « Nous avons rénové la salle à manger, il y a quelques années. Notre projet le plus récent est le réaménagement du jardin sensoriel, avec l’ajout d’instruments adaptés pour les personnes en perte d’autonomie, afin qu’elles puissent continuer à faire de la musique. »
