La Savonnerie Autrement, un projet éducatif novateur !
Une classe de l’école secondaire De Mortagne a reçu une aide de 2 500 $ pour son initiative La Savonnerie Autrement, une minicompagnie de savon artisanal.
Deux mille cinq cents dollars, c’est la somme que vient de recevoir, de la part de la Fondation Desjardins, une classe de l’école De Mortagne pour son initiative novatrice et unique intitulée La Savonnerie Autrement.
Une reconnaissance qui vient souligner un projet à la fois éducatif, inclusif et profondément ancré dans la réalité des élèves qui y participent. « C’est une belle opportunité, lance Caroline Noaille, enseignante à l’origine du projet. On voit que notre initiative porte ses fruits. Avec ces fonds, on pourra faire de grandes choses pour ces élèves. On va rendre leur quotidien plus facile avec du matériel plus adapté. Ce sera bénéfique pour eux, comme pour nous. »
Un projet éducatif
La Savonnerie Autrement a été mise sur pied par deux enseignantes, une préposée aux élèves handicapés (PEH) et deux éducateurs, pour une classe composée de six élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) âgés de 12 à 14 ans.
Le projet propose une approche novatrice de l’enseignement pour les élèves vivant avec une déficience intellectuelle, en leur permettant de parcourir l’ensemble des étapes de leur programme scolaire à travers un projet concret et pragmatique : la fabrication artisanale de savons.
« Les recettes sont faites dans le cadre du cours de français parce que ça contient de la lecture et de l’écriture, tandis que la fabrication est intégrée à la matière mathématique. Ensuite, on change les formes et les couleurs des savons. Donc, on travaille aussi en science, nous explique Judy Dalpé-Cherrier, PEH à l’école De Mortagne et initiatrice du projet. On a intégré toutes les matières dans la réalisation de ce projet-là. »
De la planification à la production, en passant par l’emballage et la distribution, chaque étape de création du savon devient un véritable levier pédagogique. « Tous les jours, on fait un atelier de confection de savon avec un élève différent pour que tout le monde puisse toucher à chaque partie de la fabrication, résume Caroline Noaille. Ensuite, on observe leurs préférences. Il y en a qui sont plus à l’aise dans l’emballage, d’autres dans la confection. On y va selon leurs capacités, leurs forces et leurs goûts. »
Contrairement à des apprentissages plus abstraits, le projet place les élèves dans une situation réelle où les compétences scolaires prennent tout leur sens. « Ils apprennent sans que ce soit du papier-crayon comme à leur habitude, se félicite Caroline Noaille. C’est gagnant pour les élèves, c’est un modèle d’apprentissage, mais d’une autre façon. » Déclinés en plusieurs gammes, les savons mis en vente s’adaptent aux moments forts du calendrier, avec des collections spécialement conçues pour les dates phares de l’année, notamment Noël, Pâques, la Saint-Valentin et la fête des Mères.
Un manque à combler
La Savonnerie Autrement est aussi née d’un besoin bien réel : celui d’aller chercher des ressources financières là où les budgets sont insuffisants.
« On a eu l’idée d’impliquer nos élèves dans des activités artisanales pour financer nos sorties scolaires, explique Judy Dalpé-Cherrier. On a de petites classes et peu de budget. »
« On nous donne six dollars par année, par élève, pour la valorisation et on a droit à deux sorties scolaires par année payées par le gouvernement, ajoute Caroline Noaille. Mais sinon, on n’a rien d’autre. »
L’équipe responsable de la classe a alors imaginé un projet capable de générer des revenus afin de mieux répondre aux besoins des élèves. « Notre mandat, c’est de leur faire découvrir des choses, mais les moyens sont minimes, poursuit Judy Dalpé-Cherrier. On a donc cherché un moyen de gagner de l’argent tout en impliquant les élèves. »
Rendez-vous au marché
Les savons fabriqués seront mis en vente sur différents marchés et sur la page Facebook du projet tout au long de l’année. « On a participé au marché de Noël de l’école De Mortagne et on a fait du profit, se réjouit Caroline Noaille. On a vendu plus d’une soixantaine de savons. »
Le projet est d’ailleurs à la recherche de nouveaux marchés et de commerces prêts à accueillir ses produits. « On cherche actuellement des marchés autour de Pâques et de la fête des Mères, mais pas trop loin, car on se déplace bénévolement », précise l’enseignante.
Le succès des ventes est rendu possible grâce à l’engagement des intervenantes impliquées, qui portent le projet à bout de bras, souvent en dehors de leurs heures de travail. « On va aussi solliciter de petites entreprises pour savoir si elles accepteraient d’exposer nos savons pour la vente, conclut Judy Dalpé-Cherrier. On a l’intention de faire grossir le projet. À ce jour, on n’a pas de date d’expiration, on souhaite qu’il soit porté d’année en année. »
