La violence juvénile en forte hausse sur la Rive-Sud
Même si le taux de criminalité connaît une légère baisse globale sur le territoire de l’agglomération de Longueuil, la délinquance juvénile, elle, poursuit sa progression.
Entre 2021 et 2025, les infractions violentes impliquant des mineurs ont augmenté de 42 % sur le territoire de l’agglomération, tandis que les crimes commis par des jeunes impliquant une arme ont bondi de 64 %.
Un constat préoccupant que le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) considère désormais comme une priorité pour 2026.
Des chiffres préoccupants
Sur le territoire de l’agglomération de Longueuil, près d’un crime violent sur cinq est commis par un jeune âgé de 12 à 17 ans, soit 19 % des infractions recensées.
Un chiffre en hausse qui en dit long et qui témoigne d’une réalité préoccupante pour les services de police. « On a de plus en plus de jeunes impliqués dans des crimes », regrette Patrick Bélanger, directeur du SPAL.
En 2025, pas moins de 689 jeunes ont été impliqués dans 516 événements violents. Il s’agit principalement de voies de fait simples, de menaces, d’agressions sexuelles et d’agressions armées.
Dans 15 % de ces dossiers, une arme était impliquée. Ces infractions comprennent notamment l’utilisation d’armes blanches, de vaporisateurs de poivre de Cayenne, d’imitations d’armes, d’armes à plomb et, dans certains cas, d’armes à feu. Un chiffre qui retient particulièrement l’attention des autorités policières.
Selon le SPAL, il s’agit des statistiques les plus élevées enregistrées au cours de la dernière décennie. « Dans les cinq dernières années, la criminalité juvénile n’a cessé d’augmenter, déplore Patrick Bélanger. C’est une grande préoccupation de tout acabit. »
Une priorité pour le SPAL
Cette hausse importante de la délinquance juvénile implique, selon le SPAL, l’importance de renforcer les actions de prévention auprès des jeunes et des milieux scolaires, ainsi que les interventions ciblées dans les situations à risque.
Plusieurs annonces en matière de lutte contre la délinquance juvénile ont d’ailleurs été faites lors d’une rencontre médiatique organisée par le SPAL, le mercredi 13 mai, afin de présenter son bilan 2025 et ses priorités pour 2026.
Parmi les principaux éléments abordés, le SPAL a notamment mis l’accent sur le phénomène des réseaux sociaux et sur la nécessité d’accroître les ressources consacrées à la jeunesse. « Nous avons réussi à obtenir des fonds supplémentaires afin de mettre sur pied une équipe de vigie des médias sociaux, un outil largement utilisé par les jeunes pour commettre et exhiber certains crimes, souligne Patrick Bélanger. Nous nous sommes également dotés d’une coordonnatrice dédiée aux activités jeunesse et nous avons déposé une demande de financement afin de créer une équipe entièrement consacrée à la jeunesse. »
Dans les écoles
En réponse à cette recrudescence de la violence juvénile, le SPAL, le Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV) et la Maison des jeunes L’Escalier en mon temps, située à Brossard, avaient également annoncé en février dernier une série de mesures ciblant les zones scolaires.
Parmi celles-ci figurait notamment le déploiement de duos de policiers, en uniforme et en civil, directement dans certaines écoles jugées à risque.
Interrogé par le journal sur les retombées de cette initiative, le directeur du SPAL s’est montré satisfait des premiers résultats observés. « Oui, ça a porté ses fruits, affirme Patrick Bélanger. Définitivement, au niveau de la violence, nous avons constaté une nette diminution. Ce n’est pas tombé à zéro, mais notre présence a inévitablement contribué à réduire les incidents. Cela nous a aussi permis de renforcer considérablement la concertation avec les intervenants sociaux. »
Contacté à ce sujet par le journal, le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) confirme être en relation avec les services de police. « La prévention de la violence est une priorité dans nos écoles, souligne Julie-Anne Lamoureux, directrice adjointe des relations publique au CSSP. Il existe malheureusement des conflits et certains incidents de violence, que nous prenons au sérieux. Nous sommes d’ailleurs en contact régulier avec le SPAL et faisons appel à leurs services à l’occasion, de manière ponctuelle et ciblée, pour soutenir des actions de prévention ou la gestion de certaines situations. »
Sans dévoiler les établissements concernés, pour des raisons de confidentialité et d’efficacité des interventions, le SPAL avait initialement indiqué que le programme ciblait neuf écoles de l’agglomération, principalement des écoles secondaires.
Questionné sur un éventuel élargissement du programme, Patrick Bélanger s’est montré ouvert à cette possibilité. « Nous nous déployons un peu partout sur le territoire en fonction des besoins et des échanges avec les établissements scolaires. »
