Le manque d’eau cré de nouveaux paysages

Le manque de précipitations des dernières semaines donne aux Bouchervillois des paysages que les plus anciens disent ne jamais avoir vus. 

Selon Météo Canada, Boucherville a eu deux jours de pluie pendant le mois de septembre. Le mois d’octobre n’a guère été beaucoup plus généreux en la matière. Ce manque de précipitations dévoile des paysages que les Bouchervillois n’ont pas l’habitude de voir. Dans la région, le fleuve est soumis aux fluctuations saisonnières du niveau des eaux. Il est à son maximum au printemps, décroît ensuite lentement jusqu’à l’étiage de fin d’été pour finalement être réhaussé par les pluies d’automne. Les biologistes et les techniciens de la faune surveillent ces variations et ajustent au besoin la vanne du barrage de la rivière aux Pins, à Boucherville, afin d’assurer les meilleures conditions pour la faune du parc. Depuis plusieurs semaines, la passe migratoire au niveau du barrage est à sec et les algues se développent à grande vitesse sur les eaux stagnantes. 

Pour le fleuve Saint-Laurent, exceptionnellement bas, le barrage Moses-Sanders, en Ontario, devait être déchargé de 500 mètres cubes d’eau à la seconde, les 18 et 19 octobre, pour faire remonter le niveau du Saint-Laurent. 

Une navigation possible

Étonnamment, pour la marina à Boucherville, « rien n’est vraiment problématique pour nous. Ce niveau bas du fleuve n’a pas eu d’impact pour les plaisanciers », nous indique-t-on. Mais certains quais privés à Boucherville ne se rendaient plus au fleuve et reposaient sur la terre au moment de la publication de l’article. L’ouverture du barrage Moses-Sanders devrait modifier la chose.  

Pour le traversier de la société Navark, même constat. « Le bas niveau du fleuve ne nous affecte pas, nous avons assez de fond pour naviguer normalement. » La navette fluviale relie Boucherville à Montréal jusqu’au 31 octobre. Le service ne s’arrêtera pas par manque d’eau, mais plutôt parce que le projet pilote, qui devrait être reconduit l’an prochain, est interrompu à cette date par l’ARTM. 

Parc national des Îles-de-Boucherville

Au parc national des Îles-de-Boucherville, les centres de location d’équipement nautique ont fermé officiellement pour la saison le 13 octobre. 

Le 6 octobre, en raison de la sécheresse qui touchait déjà la région depuis plusieurs semaines, le parc émettait « une interdiction immédiate de tous les feux à ciel ouvert sur l’ensemble du territoire, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Ces mesures sont prises par le ministère de la Sécurité publique en collaboration avec la SOPFEU afin de protéger la population, les forêts et les infrastructures. Cette interdiction s’applique à tous les types de feux extérieurs. Les appareils fonctionnant au propane ou au gaz naturel demeurent autorisés, mais avec précaution ».

Aux abords du parc, l’épave du bateau Lady Sherbrooke était visible en octobre, vu le niveau incroyablement bas du Saint-Laurent. 

Au moment de la publication de l’article, MétéoMédia prévoyait des précipitations tout au long de la semaine.