Le tunnelier du prolongement de la ligne bleue s’appellera Lisette

La coutume de donner le prénom d’une marraine ayant marqué l’histoire du projet à réaliser pour le tunnelier du prolongement de la ligne bleue à Montréal a encore été de mise récemment. La Bouchervilloise Florence Junca-Adenot a eu la fierté de figurer parmi les cinq finalistes.

Mme Junca-Adenot indiquait avoir voté pour Lisette St-Onge. « À mon avis, c’est la première conductrice du métro qui va gagner, car elle a brisé un solide plafond de verre. J’ai voté pour elle », affirmait-elle avant le verdict. La suite lui a donné raison.

Déjà la tête dans les étoiles avec sa petite-nièce, Sophie Adenot, dans l’espace à bord de la Station spatiale internationale (ISS) depuis le 13 février pour une mission de neuf mois, voilà maintenant Florence Junca-Adenot à 40 m sous terre avec le projet de prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. Elle faisait partie des cinq personnalités finalistes pouvant donner leur prénom au tunnelier. Elle était présente, la semaine dernière, à l’annonce de ce fameux nom. « La première femme conductrice du métro est devenue la marraine, une excellente décision du jury. Tout l’aréopage politique était présent pour ce projet, qui a attendu 42 ans pour obtenir le feu vert. J’en ai profité pour répéter ma cassette : planifier et réaliser en continu les projets de transport, peut-être parfois un ou deux kilomètres à la fois, en n’oubliant pas la priorité à accorder à la rénovation de nos infrastructures. »

Florence Junca-Adenot

La Bouchervilloise est une spécialiste reconnue du transport et de l’urbanisme. Titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’une maîtrise en sociologie de l’Université de Bordeaux et d’un MBA de l’Université Laval, elle est aujourd’hui professeure associée au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Au cours de sa carrière, elle a occupé plusieurs fonctions importantes, notamment à l’UQAM. De 1996 à 2004, elle a dirigé l’Agence métropolitaine de transport, où elle a contribué à relancer les trains de banlieue et à piloter le développement du métro vers Laval. Chevalière de l’Ordre national du Québec et commandeure de l’Ordre de Montréal, elle demeure très active dans les domaines de l’urbanisme et de la mobilité.

Un vote du public

Dès le 9 mars, la Société de transport de Montréal (STM) invitait le public à participer à un concours visant à choisir la marraine qui donnera son prénom au tunnelier chargé de creuser le prolongement. Le vote était ouvert jusqu’au 22 mars.

Nommer un tunnelier est une tradition bien établie dans les grands projets d’infrastructures à travers le monde. Selon cette coutume, la machine est symboliquement placée sous la protection d’une marraine avant d’entamer le creusement. Pour ce projet montréalais, le tunnelier portera le nom d’une femme québécoise ayant marqué un domaine lié au projet, notamment le génie, le transport collectif ou le développement durable.

« Demain matin (le 19 mai), une belle conférence de presse et une visite dans l’antre du tunnelier feront vivre un moment technologique fort, mais surtout marqueront le lancement, enfin, de 40 ans de rêves inaccomplis. Et la tradition, depuis que les tunneliers existent, est de donner une marraine au tunnelier en lui associant son prénom. Il m’a été expliqué que c’est pour rendre plus doux et plus humain cet énorme mastodonte », a indiqué Mme Junca-Adenot, qui s’est rendue à l’événement visant à annoncer officiellement le nom du tunnelier et le lancement imminent des travaux.

Tunnelier Lisette 

Lisette St-Onge a été embauchée en 1980 comme chauffeuse d’autobus à la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal, l’ancêtre de la STM. Elle devient, l’année suivante, la première femme à conduire une rame de métro à Montréal. Elle devient donc la marraine du tunnelier Lisette.

En marche, le tunnelier avancera à un rythme d’environ 10 à 15 mètres par jour. Il amorcera son parcours de 4,6 kilomètres vers l’est à partir de la station Saint-Michel. Le tunnel aura une longueur de 6 km.

Le 10 juin, de 14 h à 20 h, au centre commercial Le Boulevard de Montréal, une Journée Projet ligne bleue sera proposée au public afin d’en apprendre davantage sur le prolongement de la ligne bleue et de découvrir les coulisses du projet.

Les autres finalistes

Les autres finalistes étaient la professeure Geneviève Boisjoly, de Polytechnique Montréal. Ses recherches portent sur la planification des transports et la mobilité durable. Elle s’intéresse notamment aux liens entre les habitudes de déplacement, la qualité de vie et les enjeux d’équité sociale.

L’ingénieure Louise Millette, également professeure à Polytechnique Montréal, a travaillé chez Bell Canada, où elle a contribué à l’élaboration de stratégies de gestion environnementale. Elle est devenue, en 2001, la première femme à diriger le Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal.

Enfin, Michèle Thibodeau-DeGuire, première diplômée en génie civil de Polytechnique Montréal en 1963, est devenue par la suite la première femme ingénieure-conseil au Québec.

Le concours visait à souligner la contribution de femmes ayant marqué le Québec, dont fait partie Florence Junca-Adenot.