L’épave du Lady Sherbrooke visible sur le bord du Saint-Laurent
Un vestige ressurgit du passé sur les rives du Saint-Laurent, aux abords du parc national des Îles-de-Boucherville. Le niveau historiquement bas du fleuve dévoile le flan du bateau de la famille Molson, le Lady Sherbrooke.
L’épave du bateau Lady Sherbrooke, qui appartenait à la famille Molson, montre ses flancs depuis que le niveau d’eau du Saint-Laurent est au plus bas.
Construit à Montréal en 1817 et naviguant jusqu’en 1826 entre Montréal et Québec, l’un des premiers bateaux à vapeur commerciaux de la famille Molson se dévoile aux abords des îles de Boucherville.
Le niveau très bas du fleuve Saint-Laurent a mis à sec le chenal séparant l’île Sainte-Marguerite et l’île Charron, là où, en 1963, on avait retrouvé des signes du bateau dont on avait perdu la trace depuis 1826.
Ce n’est qu’en 1982 que des chercheurs du Comité d’histoire et d’archéologie subaquatique du Québec confirment la découverte en approfondissant les recherches archéologiques de 1983 à 1993. Des recherches financées par la Fondation Molson et le Musée David M. Stewart. À l’époque, des plongeurs font le travail, car l’épave ensevelie sous la vase est alors submergée.
« C’est la première fois que je peux voir ce bout d’épave à l’œil nu », nous explique une employée de la Sépaq, car l’histoire de cette embarcation est mise en valeur au sein du parc national des Îles-de-Boucherville.
Panneau d’interprétation
L’endroit où se trouve l’épave est bien indiqué dans le parc national. Des panneaux d’interprétation reconstituant la forme du bateau à vapeur sont visibles en prenant un peu de recul et en calant son regard à travers la roue à aube en bois, construite grandeur nature, placée quelques mètres en avant.
Le bateau, construit à Montréal, transportait des marchandises et avait la capacité d’embarquer 300 personnes. Trois classes étaient proposées aux passagers. En première classe voyageaient un nombre restreint de gens d’affaires, de hauts fonctionnaires et de familles bourgeoises. La deuxième et la troisième classes se composaient de militaires et d’immigrants de nationalité britannique ou canadienne.
Les mesures du navire étaient de 45 m de long sur 10,5 m de large et 3 m de hauteur.
Le Lady Sherbrooke est l’un des premiers navires à vapeur de construction canadienne à sillonner le fleuve Saint-Laurent au début du XIXe siècle. Il est le quatrième navire à vapeur de la St. Lawrence Steamboat Company, fondée et dirigée par l’industriel John Molson en 1810, qui se spécialise dans le transport de passagers et de marchandises entre Montréal et Québec. Le bateau est nommé en l’honneur de l’épouse du gouverneur de l’Amérique du Nord britannique de 1816 à 1818, Sir John Coape Sherbrooke.
Au Musée McCord Stewart
Le Musée McCord et le Musée Stewart ont fusionné en 2012. Aujourd’hui, les artefacts du Lady Sherbrooke se trouvent au Musée McCord Stewart. Une exposition, en 1984, y dévoilait les objets prélevés à la suite des recherches.
« Le Musée de l’Île Sainte-Hélène (Musée Stewart) a effectivement financé une partie des fouilles dans une section des îles de Boucherville. Selon nos documents, en février 1983, André Lépine, du Comité d’histoire et d’archéologie subaquatique du Québec, sollicitait un financement de 15 000 $, sans préciser pour quel vapeur. D’autres financements ont suivi. Le photographe du musée les a accompagnés en juin 1983 », d’indiquer au journal Geneviève Clavet, archiviste de la Fondation Macdonald Stewart Société historique du Lac Saint-Louis.
Encore aujourd’hui, la section iconographie du fonds est en cours de traitement.
« Un document datant de 1988 explique que des archéologues sous-marins fouillaient les cabines des passagers et la salle des machines du Lady Sherbrooke », nous indique Mme Clavet.
Le Lady Sherbrooke a désormais laissé place aux cargos ou aux bateaux de croisière de plus de 200 mètres pour écrire l’histoire du Saint-Laurent.
