Les chats sont aussi à risque
La multiplication et la dispersion des cas de rage du raton laveur en Montérégie préoccupent les spécialistes. Même si aucun cas n’a été confirmé à Boucherville, Dr Vincent Paradis, de Proanima, rappelle l’importance de vacciner les animaux de compagnie et de limiter leurs contacts avec la faune.
La situation observée cette année se distingue par le nombre de cas rapportés, mais aussi par leur propagation sur le territoire de la Montérégie. Selon Dr Paradis, la région est touchée par la rage du raton laveur répandue dans le nord-est des États-Unis. Selon les années, la présence des cas peut augmenter ou diminuer.
Un premier chat atteint
Le cas recensé chez un chat soulève une inquiétude différente de celle associée aux animaux sauvages, explique Dr Paradis, notamment en raison de la proximité de cet animal avec les citoyens et de son accès aux résidences. « Les gens vont souvent plus se méfier d’un raton laveur que d’un chat », souligne-t-il. Un félin exposé pendant une sortie peut ensuite revenir dans son domicile tout en étant porteur de la maladie. « L’animal peut être à risque et les humains le seront aussi », ajoute-t-il.
Une maladie sournoise
Il rappelle que la rage est aussi une maladie insidieuse. Cela peut prendre jusqu’à six mois avant que les symptômes cliniques commencent à se développer. Il précise donc qu’un suivi dans le temps est nécessaire lorsqu’un animal pourrait avoir été exposé.
La gestion des chats communautaires s’inscrit dans cette logique de prévention, selon Dr Paradis. Depuis 2018, l’organisme stérilise les animaux pris en charge dans ses villes partenaires afin de limiter progressivement leur population. En plus de les stériliser, Proanima s’assurent qu’ils ne sont pas des vecteurs de transmission de la maladie. « Ces chats qui vivent à l’extérieur ont tous reçu un vaccin contre la rage, justement pour qu’ils puissent agir comme barrière de sécurité publique », explique Dr Vincent Paradis.
Les signes principaux
Une contamination ne se manifeste pas nécessairement par un comportement agressif. Les propriétaires doivent donc porter attention à des changements parfois plus discrets chez leur animal. « Il peut y avoir de l’abattement, de la léthargie, de la désorientation ou de la difficulté à s’alimenter », énumère-t-il. Ces signes peuvent témoigner d’une atteinte du système nerveux et devraient mener à une surveillance étroite de l’animal.
Comment réagir
Lorsqu’un animal de compagnie est susceptible d’avoir été exposé à la rage, le Dr Vincent Paradis recommande de signaler rapidement la situation et de surveiller étroitement l’animal. La meilleure protection demeure la prévention, explique-t-il. « Si l’animal est déjà bien vacciné, les risques que la maladie se développe sont pratiquement inexistants » souligne l’expert. Il rappelle ainsi l’importance de maintenir à jour la vaccination contre la rage avant qu’un contact avec un animal infecté ne survienne.
