Les choix de campagne dans les élections municipales

Si les batailles électorales se jouent bien dans le cœur des électeurs, elles peinent toutefois à se matérialiser sur le terrain. Dans les rues de la ville, la présence des pancartes de l’équipe Martel contraste avec la quasi-invisibilité, voire l’absence de celles de l’opposition. Pourtant, la course aux urnes a bel et bien lieu.

Lorsqu’on se promène dans Boucherville, l’absence de pancartes du côté de l’opposition peut surprendre, mais elle n’a rien d’un hasard. Cette discrétion découle d’une stratégie réfléchie de la part des candidats indépendants, qui, contraints par le temps et les plafonds budgétaires, privilégient le contact humain dans leur campagne.

Dans les districts Marie-Victorin, Rivière-aux-Pins et La Seigneurie, les candidats ont ainsi choisi de concentrer leurs efforts ailleurs : dans la rencontre directe avec les citoyens.

« En tant que candidat indépendant, on n’a pas le droit de dépenser plus de 1000 $ pour une campagne autofinancée. J’ai donc décidé de me concentrer sur l’essentiel : j’ai fait des pamphlets, je fais du porte-à-porte », explique Boukare Tall, candidat indépendant dans le district 2, qui prévoit tout de même installer quelques pancartes dans les prochains jours.

Il est vrai que les frais associés à une campagne électorale sont strictement encadrés au Québec. Pour une élection à un poste de conseiller municipal dans une municipalité de plus de 5000 habitants, le montant maximal de base des dépenses électorales est de 2147 $, selon la Direction générale des élections du Québec (DGEQ). Ce montant est majoré de 0,34 $ par personne inscrite sur la liste électorale du district dans lequel le candidat se présente. Un cadre qui force les candidats à faire des choix.

« Le budget d’un parti politique par rapport à celui d’un candidat indépendant, ce n’est pas la même chose », souligne Michaël Léveillée, candidat indépendant dans le district 5, qui n’exclut pas de poser quelques pancartes, mais qui privilégie pour le moment une autre approche. « La meilleure affiche, pancarte, communication, c’est de serrer une poignée de main. Tout ce qui peut avoir la possibilité de parler aux électeurs, je l’utilise. » 

« On a un délai très serré et des montants à respecter », ajoute Dayana Caripa, candidate indépendante dans le district 1. « J’ai décidé de ne pas mettre de pancartes et de me concentrer sur les humains. »

Si l’équipe Martel jouit d’une bonne visibilité sur le terrain grâce à ses affiches, elle mise elle aussi sur la proximité. « J’ai fait du porte-à-porte pour aller à la rencontre des citoyens, et quand il n’y avait pas de réponse, je laissais un petit dépliant », explique Isabelle Bleau, candidate sortante du district 1 et conseillère depuis huit ans pour l’équipe de Jean Martel. « Comme on est une équipe, on a une très bonne organisation. »

« On a mis plusieurs grosses affiches d’équipe et entre 10 à 20 affiches par candidat en restant dans les budgets qui nous sont permis par la loi » souligne Paul Biron, agent de campagne de l’équipe Martel, qui préfère ne pas communiquer les budgets de son équipe.