Les défis de Boucherville vu de l’extérieur

Au lendemain des élections, l’équipe de Jean Martel doit maintenant s’attaquer à des défis d’identité, de développement, de transition écologique et d’itinérance selon un sondage Léger sur les préoccupations des citoyens au Québec.

Émilie Dionne-Lanthier
redaction@journaldeboucherville.com

Partout au Québec, les défis liés à l’habitation, à l’itinérance et à la transition écologique sont au cœur des préoccupations citoyennes. C’est ce que révèle un sondage Léger portant sur la satisfaction des Québécoises et Québécois envers les municipalités du Québec. À travers la province, les citoyens réclament davantage d’actions locales, alors que les municipalités doivent composer simultanément avec la croissance, l’adaptation climatique et le maintien de la qualité de vie.

Dans ce contexte, les membres de la mairie devront faire preuve d’innovation pour répondre aux grands défis qui les attendent. 

Identité et développement

Pour Danielle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM et spécialiste en gestion municipale, c’est le renforcement de l’identité qui sera le principal défi de la Ville dans les prochaines années. « Boucherville a une identité historique. Mais comment peut-on relier la seigneurie et les origines de la ville avec le présent pour constituer une identité et avoir un rayonnement dans la communauté métropolitaine? », s’interroge-t-elle. 

Selon Mme Pilette, Boucherville devra miser sur son développement pour faire rayonner davantage la ville dont l’attractivité a été affectée, ces dernières années, par les restrictions à la circulation liées aux travaux du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Ce développement municipal, moteur de l’attractivité d’une ville, passe par le développement immobilier, le développement industriel et la création de liens avec la communauté d’affaires et la communauté culturelle. 

La spécialiste de la gestion municipale insiste toutefois sur la nécessité de conserver un rythme de croissance mesuré afin de préserver le caractère de la ville. « À Boucherville, on doit rester un modèle de développement et ça, ça doit se faire progressivement », souligne-t-elle. Selon Mme Pilette, la lente croissance de Boucherville a été très payante par le passé, tant sur le plan de la valeur financière du territoire qu’au chapitre identitaire.

Pressions financières à l’ère des changements climatiques

Danielle Pilette affirme également que les enjeux environnementaux s’imposent désormais à l’ensemble des municipalités du Québec et représentent un défi incontournable, tant pour le développement que pour la gestion financière d’une ville. Bien que Boucherville jouisse d’une bonne performance financière et fiscale, d’importants défis de financement se profilent, notamment pour adapter les infrastructures municipales aux effets des changements climatiques.

L’itinérance, une affaire municipale 

« Les enjeux sont différents aujourd’hui et l’itinérance prend de plus en plus de place. C’est rare, les municipalités qui ne nous en parlent pas », confie Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités. Il estime que l’itinérance est devenue un enjeu qui touche l’ensemble des municipalités, même les plus petites et les plus éloignées de la région métropolitaine.

Il précise également que cette responsabilité municipale est relativement récente. « Il y a 20 ans, je n’en aurais même pas parlé. On se disait que c’était au niveau de la santé et du ministère, et que ce n’était pas notre responsabilité, au municipal.

Mais aujourd’hui, on a beaucoup moins de soutien et quand ça touche à notre monde, on a un devoir d’agir », affirme-t-il.

La confiance des citoyens

Autre enjeu majeur, selon Jacques Demers : le scepticisme des citoyens envers les politiciens.

« Le lien de confiance est tellement plus difficile à bâtir », constate-t-il. Il souligne l’importance, pour les municipalités, d’entretenir un dialogue ouvert et transparent avec la communauté afin de nourrir cette relation de confiance.

La présentation du budget 2026, le 2 décembre, permet de mieux connaître les priorités que l’équipe de Jean Martel entend mettre de l’avant pour les quatre prochaines années.