Les graffitis, un phénomène en net recul malgré les perceptions

Les chiffres de la Ville indiquent une diminution importante des graffitis depuis 2023.

Alors que certains citoyens expriment, sur les réseaux sociaux, l’impression d’une recrudescence des graffitis à Boucherville, les données de la Ville racontent une tout autre histoire.

Un chiffre en baisse

Selon la Ville, entre 2023 et 2025, le phénomène est non seulement demeuré marginal, mais il a connu une baisse significative, tant en nombre d’interventions que sur le plan des coûts de nettoyage.

« Peu de graffitis ont été réalisés en 2025 à Boucherville, déclare Josianne Marcotte, la porte-parole de la mairie. Nous constatons une diminution marquée de ce type d’intervention par rapport aux deux dernières années. »

Une tendance à la décroissance, donc, qui se traduit directement dans les dépenses municipales consacrées à l’effacement.

Alors que celles-ci s’élevaient à 11 175 $ en 2023 et à 7 600 $ en 2024, elles se sont cantonnées à 2 550 $ en 2025, pour un budget annuel prévu de 9 000 $.

Soit une baisse significative d’environ 77,2 % (8 625 $) entre 2023 et 2025.

Une réglementation claire

À Boucherville, une réglementation claire encadre la définition et la réalisation de l’art mural, notamment en matière de sécurité, de contenu (qui ne doit pas comporter de publicité), d’intégrité (elle ne doit nuire à personne) et d’autorisation (le requérant doit soumettre une demande).

De ce fait, aux yeux de la Ville, « un graffiti n’est pas considéré comme de l’art mural, ni de l’art public, et est donc passible de sanction », déclare Josianne Marcotte.

Les sanctions applicables varient selon le règlement enfreint. Elles vont de 200 $ à 1 000 $ si le contrevenant est une personne physique et de 400 $ à 2 000 $ s’il est une personne morale. 

En cas de récidive, le montant sera au moins le double de l’amende minimale prévue pour une première infraction. Les amendes ne pourront toutefois excéder 2 000 $ pour une personne physique et 4 000 $ pour une personne morale.

D’autres règlements obligent également les propriétaires privés à retirer les graffitis de leurs bâtiments et interdisent formellement toute forme de marquage sur les infrastructures municipales, les parcs et le mobilier urbain.

Cette réglementation s’accompagne d’une présence policière sur le terrain. 

« La Ville collabore de façon continue avec le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), souligne Mme Marcotte. Durant l’été, des patrouilles à vélo vont à la rencontre des citoyens, et nos policières RESO circulent également sur le territoire, notamment dans les endroits névralgiques, afin de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes. »

L’art comme levier

La Ville attribue en grande partie cette baisse à une combinaison de mesures préventives et d’interventions rapides.

« Nous avons un contremaître qui effectue quotidiennement la tournée de tous les parcs de la ville, souligne Mme Marcotte. Ce qui lui permet de repérer rapidement les nouveaux graffitis. »

Par ailleurs, Boucherville mise de plus en plus sur l’art mural et l’art urbain encadré comme outils de dissuasion. C’est notamment le cas au planchodrome, où des jeunes du comité jeunesse ont pu réaliser une fresque en collaboration avec l’artiste 2a3d.

« Nous avons mis sur pied quelques projets d’art mural sur des infrastructures particulièrement susceptibles d’être ciblées par des graffitis, souligne la porte-parole. Le fait d’accorder une plus grande place à l’art mural et à l’art urbain contribue sans doute à décourager ce type de comportement. »

Davantage de projets

Si le phénomène est en baisse, d’autres projets sont en cours. Une murale est notamment envisagée sur les murs des casiers des ateliers municipaux Dominique-Riendeau. Le projet, encore à un stade embryonnaire, pourrait inclure un volet de médiation culturelle impliquant des jeunes de Boucherville et un artiste professionnel.

La Ville rappelle enfin que la collaboration citoyenne demeure essentielle.

« Les citoyens peuvent remplir notre formulaire de signalement, précise Josianne Marcotte. Ils peuvent également nous contacter par courriel ou par téléphone. »

En somme, malgré une perception parfois amplifiée sur les réseaux sociaux, les chiffres démontrent clairement que les graffitis sont en net recul à Boucherville depuis 2023 et demeurent, selon la Ville, « un phénomène relativement marginal ».