Les grandes priorités économiques du Québec

À quelques semaines des élections, les enjeux économiques sont nombreux pour la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS).

La Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS) a récemment reçu Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), et Francis Gosselin, consultant, conférencier et chroniqueur économique, à l’occasion d’une Grande Rencontre de la Rive-Sud consacrée aux priorités économiques du Québec à l’approche des élections de 2026.

Priorités économiques 

À l’issu de cette rencontre, les panélistes ont dégagé plusieurs priorités qui, selon eux, devraient guider l’action du prochain gouvernement afin de renforcer durablement l’économie du Québec. 

On y retrouve notamment l’allégement de la fiscalité des entreprises et la réduction des contraintes administratives qui, selon la chambre, freinent leur capacité d’investir et d’innover, particulièrement dans le contexte actuel de guerre tarifaire.

Les panélistes s’entendent également pour dire que le gouvernement devrait adopter une approche moins interventionniste à l’égard des entreprises, bien que certaines nuances aient été apportées quant à des secteurs stratégiques prioritaires. 

Selon eux, plutôt que de multiplier les interventions, l’État devrait avant tout mettre en place des conditions favorables permettant aux entreprises et aux acteurs économiques de réaliser leur plein potentiel. 

Ils soulignent également l’importance de demeurer attentifs aux conditions de marché et aux mesures mises en œuvre ailleurs afin de préserver la compétitivité des entreprises québécoises à l’échelle internationale.

Finances publiques

Toujours selon les panélistes, dans le contexte actuel, les marges de manœuvre budgétaires sont plus limitées alors que les besoins demeurent considérables. Ceux-ci s’entendent pour dire qu’il sera important que le prochain gouvernement soit en mesure de prioriser les projets et de cibler les industries stratégiques afin de se doter d’une vision économique claire pour le Québec.

Véronique Proulx mentionne notamment que son organisation milite pour que le Québec se dote d’une politique industrielle afin d’identifier les secteurs névralgiques et d’y consacrer les investissements nécessaires, en impliquant l’ensemble des régions et en misant sur leurs forces complémentaires.

Selon les intervenants, un autre secteur à privilégier est celui de la défense. Il faut s’assurer de développer cette industrie au sein des chaînes d’approvisionnement, à la fois dans une perspective de souveraineté économique, industrielle et sécuritaire. Le gouvernement fédéral y investit déjà de façon importante et le Québec doit lui emboîter le pas afin de développer une expertise locale et de soutenir ses fournisseurs et ses entreprises.

Parmi les secteurs que le gouvernement doit protéger et développer, les infrastructures occupent également une place centrale. Par exemple, le développement de parcs éoliens en région représente une occasion importante pour le Québec, mais encore faut-il disposer des routes nécessaires pour y accéder. Comme le souligne Francis Gosselin, les infrastructures existent dans la plupart des cas, mais

elles n’ont pas toujours été utilisées à leur plein potentiel. Il faut rendre nos infrastructures pleinement fonctionnelles, maximiser l’utilisation de celles qui existent déjà et assurer leur entretien.

Isabelle Dessureault renchérit en soulignant l’importance d’adopter une approche axée sur le maintien et la préservation des infrastructures. Elle rappelle également que seulement 30 à 40 % des infrastructures du Québec sont actuellement cartographiées à des fins d’entretien. Selon elle, il est essentiel de se doter d’une cartographie complète afin de disposer d’un portrait global et de prendre des décisions éclairées.

La Rive-Sud 

La Rive-Sud accueille actuellement plusieurs investissements et projets structurants dans des secteurs comme l’aérospatiale, le manufacturier, l’énergie, la logistique et le transport. 

Le territoire sera appelé à jouer un rôle encore plus important dans la croissance économique de la région métropolitaine et du Québec au cours des prochaines années. En effet, la région bénéficie de plusieurs atouts qui contribuent à l’économie de l’ensemble de la province. Elle constitue notamment un point de connexion stratégique entre plusieurs régions, dont l’Estrie et le Centre-du-Québec, en plus de proposer un accès privilégié aux États-Unis et à l’Ontario. Sa diversité économique lui permet également de mieux traverser les ralentissements qui peuvent toucher certains secteurs d’activité.

De plus, les panélistes soulignent l’importance de la collaboration entre les régions et les acteurs économiques. Selon eux, il faut davantage travailler ensemble, se concerter et multiplier les occasions d’échange comme celles qu’offrait cette Grande Rencontre. Comme le souligne Véronique Proulx, c’est de cette façon qu’il sera possible de faire avancer les politiques publiques.

Francis Gosselin soutient toutefois que la Rive-Sud est en train de devenir un pôle économique important à part entière. L’époque où elle n’était que « le bout d’une ligne de métro » est révolue. À long terme, la région développera

sa propre identité et, selon lui, cette transition est déjà bien amorcée. (Source : Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud)