Les navettes fluviales bouclent leur sixième saison

Les navettes fluviales bouclent leur sixième saison, l’ARTM dresse le bilan

Malgré une saison écourtée, les usagers de la navette fluviale ont été au rendez-vous, confirmant que les bateaux répondent à un besoin réel de mobilité métropolitaine, selon l’ARTM.

Après six années d’activité, les navettes font désormais partie du paysage de la mobilité métropolitaine et le fleuve s’est imposé comme un véritable corridor de déplacement apprécié par ses utilisateurs. Cette année, ce sont près de 500 000 déplacements qui ont été enregistrés sur les bateaux.

Mais, malgré ce succès probant, le financement du service manque à l’appel. Si bien que le nombre de départs a été diminué et que la période de mise en service a dû être écourtée cette année, au grand désarroi de ses utilisateurs qui vont devoir se tourner vers de nouvelles formes de transport. Ainsi, bien qu’elle ait la cote, la navette demeure un projet pilote dont l’avenir reste incertain.

« Les gens ont besoin de ce service et l’ont intégré à leurs habitudes. » – Philippe Dubé

Une période écourtée

Cette année, la mise en service de la navette fluviale a été écourtée, avec 132 jours de service contre 168 en 2025. Une baisse importante qui a entraîné une réduction de 16 % du nombre de départs, soit 3 294 départs de moins. 

Cette baisse de l’offre s’explique en raison d’un manque de financement et d’investissements dans le projet, qui, sans ces contraintes, pourrait aisément se prolonger sur une période bien plus longue, comme nous l’expliquait Gilles Tanguay, directeur des opérations chez Navark. « D’un point de vue technique, on peut opérer de la mi-avril à la mi-décembre sans problème. »

Un succès palpable

Malgré cette offre réduite, les usagers ont, une fois de plus, été au rendez-vous cette année, avec près de 500 000 déplacements enregistrés. « Cette année, on a offert moins de départs, et pourtant, les bateaux étaient bien remplis, explique Philippe Dubé, directeur, Gestion de l’exploitation et des équipements à l’ARTM. Plusieurs traversées ont même affiché complet. »

À période comparable avec 2025, les navettes avaient enregistré 495 217 déplacements, un niveau équivalent à celui de l’an dernier, selon l’ARTM. « Ça nous dit une chose simple, déclare Philippe Dubé. Les gens ont besoin de ce service et l’ont intégré à leurs habitudes. » 2025 ayant marqué l’année record d’utilisation pour le service, c’est donc une belle saison 2026 qui se clôt pour l’ARTM.

Cette forte utilisation se reflète notamment dans l’occupation des bateaux. Les fins de semaine, un départ sur quatre affiche complet sur les liaisons desservant Varennes, Pointe-aux-Trembles et Boucherville. Là encore, Gilles Tanguay souligne que, avec des financements adéquats, les services pourraient aisément répondre à cette demande.  « On est victime de notre succès. Cependant, on construit un nouveau bateau, donc on est prêt si, l’an prochain, on nous demande d’en ajouter. Mais évidemment, c’est une question de sous, ça prend des contrats qui viennent du gouvernement et qui passent par l’ARTM. »

Un projet pilote

Malgré ce succès palpable, la navette fluviale reste, depuis six ans, un projet pilote reconduit chaque année. Avec l’approche de la fin des travaux de réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, dont certaines mesures d’atténuation finançaient une partie des lignes de la navette fluviale, l’avenir du projet semble plus que jamais incertain.

Face à cela, l’ARTM presse le gouvernement de soutenir leur développement et d’en assurer la pérennité. « Un financement gouvernemental stable, récurrent et prévisible ouvrirait la voie à une planification à plus long terme », est-il mentionné dans leur plus récent communiqué. « On veut maintenant pouvoir le planifier avec plus de certitude d’une année à l’autre », ajoute à ce titre Philippe Dubé.

En plus d’apporter une solution fiable et rapide pour circuler, la navette fluviale offre aussi une alternative écologique dans les transports. En effet, selon le sondage mené par l’ARTM auprès des usagers cet été, un répondant sur trois aurait pris sa voiture si les navettes n’avaient pas été offertes. D’ailleurs, parmi ces utilisateurs, l’ARTM indique un taux de satisfaction de 96 %.

L’ARTM a annoncé préparer un appel d’offres couvrant les saisons 2027 à 2031, dont l’octroi demeurera conditionnel au financement du gouvernement du Québec.

Interrogés à ce sujet par le journal, tous les candidats au poste de député de la circonscription de Montarville dans le cadre des élections provinciales s’étaient dits favorables au maintien de la navette fluviale. Nous suivrons ainsi de près la tenue de leurs différents engagements.