L’inquiétude vénézuélienne à Boucherville
La période incertaine que traverse le Vénézuéla inquiète jusqu’à Boucherville. La communauté sud-américaine de la région regarde cette actualité internationale avec inquiétude.
L’Association hispano-québécoise de la Montérégie (AHQM), basée à Boucherville, se dit inquiète de la situation politique au Venezuela.
L’organisme, qui compte 360 membres d’origines diverses, se dit préoccupé. « Cela ne concerne pas seulement l’Amérique latine, mais le monde entier. On porte atteinte ici au droit international. Il n’y a plus de respect des droits fondamentaux ni de la souveraineté des pays, indique le président de l’association, Luis Zuniga. Il y a une inquiétude généralisée chez les gens de tous les pays d’Amérique latine. On ne sait pas ce qui va arriver demain. Les personnes qui vivent en Colombie, au Chili, au Pérou ou en Amérique centrale se demandent si elles seront les prochaines. Des pays comme la Colombie ferment leur frontière, alors qu’ils sont à proximité du Venezuela. Il y a des gens qui ne peuvent plus travailler. »
« Cela ne concerne pas seulement l’Amérique latine, mais le monde entier. » – Luis Zuniga
Difficile de venir au Québec
La diaspora vénézuélienne est peu nombreuse au Québec, selon M. Zuniga. D’après les données du recensement canadien, Statistique Canada indique qu’en 2021, le Québec comptait 7 700 personnes d’origine vénézuélienne. Parmi elles, 6 730 vivaient à Montréal.
Les événements actuels au Venezuela pourraient inciter plusieurs citoyens à quitter leur pays et à envisager le Québec comme destination. Une hypothèse que M. Zúñiga juge toutefois peu probable en raison de la nouvelle politique d’immigration de la province.
« Le gouvernement a resserré les règles d’immigration au Québec, donc il est très difficile de faire venir des gens. Moi, je suis d’origine chilienne et, dans les années 1970, après le coup d’État de Pinochet, le Québec nous a accueillis à bras ouverts. Aujourd’hui, ce n’est plus la même chose. L’immigration est perçue comme une menace un peu partout dans le monde, alors qu’elle devrait être vue comme un apport à la société. Il suffit de regarder les pancartes devant les entreprises indiquant qu’elles ont besoin de personnel. Ce n’est pas bon pour l’économie du Québec. »
Une association de rencontre
Luis Zuniga, originaire du Chili, souhaite faire de l’association « un carrefour où se rencontrent les richesses culturelles québécoises, hispaniques et latino-américaines », comme on peut le lire dans la description de l’organisme. L’association est d’ailleurs composée à 40 % de membres québécois et à 60 % de personnes d’origine latino-américaine ou hispanique.
« Les gens qui font partie de l’association offrent de l’aide à des personnes vivant une situation incertaine. Nous leur apportons du soutien et les informons sur les démarches liées au travail et au logement », conclut M. Zuniga.
