Par et pour les jeunes

À la fois espace de socialisation, lieu d’écoute et tremplin pour l’avenir, la Maison des jeunes trace son chemin tout en relevant de nombreux défis.

Mieux connue sous le nom de La Piaule, la Maison des jeunes (MDJ) célèbre cette année son 50e anniversaire. Nichée sur le chemin du Lac, elle accueille chaque semaine des centaines de jeunes en quête d’un endroit où se retrouver, s’exprimer et participer à la vie communautaire. Cinquante ans d’histoire marqués par des générations qui s’y sont succédé, mais aussi par une constante : offrir à la jeunesse bouchervilloise un lieu pour faire entendre sa voix.

« Les jeunes sont les artisans de leur propre vie, et nous, on est la boîte à outils. »

– Marie-Claude Malo

Un demi siècle de service

Créée en 1975 par un groupe de jeunes désireux d’avoir un espace qui leur ressemble, La Piaule s’est peu à peu imposée comme une institution locale à Boucherville. 

« En 50 ans, notre mission a toujours été faite dans l’esprit du par et pour les jeunes. Les jeunes sont les artisans de leur propre vie, et nous, on est la boîte à outils », souligne joyeusement Marie-Claude Malo, directrice de La Piaule.

Tantôt lieu de jeux et d’activités, tantôt refuge pour parler de ce qui ne va pas, l’organisme a su évoluer au rythme des réalités sociales vécus par les adolescents.

« Les problématiques et les enjeux changent d’année en année », souligne Marie-Claude Malo. Consentement, drogues, violence en ligne, racisme, misogynie sont autant de sujets sur lesquels la MDJ travaille à sensibiliser ses jeunes.

Aujourd’hui, La Piaule ne se limite plus à offrir un simple local de rencontre. C’est un véritable carrefour social qui développe des activités culturelles, sportives et éducatives, propose un accompagnement psychosocial et collabore avec divers partenaires de la région.

De nombreuses activités communautaires y sont mises en place. « Nos jeunes font beaucoup de bénévolat pour aider les organismes », souligne Marie-Claude Malo. « Ça prend un village pour éduquer des adolescents, mais parfois, ça prend aussi des adolescents pour aider un village. »

Un manque à combler

Mais derrière ces services, le quotidien est aussi marqué par la recherche de financement, la mobilisation de ressources humaines et la nécessité de demeurer pertinent aux yeux des jeunes.

« Les gens qui travaillent à la MDJ le font souvent par passion, mais à un moment donné, ça ne suffit plus. Le salaire est trop bas. Donc, on a un fort roulement de personnel, et ça, ce n’est pas cool pour les jeunes, parce qu’à chaque fois il faut reconstruire la relation avec les intervenants », regrette la directrice.

La Piaule compte trois employés à temps plein – Marie-Claude Malo, Félix Bouchard et Kevin Latour-Lachapelle – affectueusement surnommés par les jeunes le « triangle infernal », tant ils donnent vie à leurs idées les plus audacieuses. À eux s’ajoutent plusieurs employés à temps partiel et des bénévoles. Même si l’organisme à but non lucratif perçoit de nombreuses aides, celles-ci restent insuffisantes.

« Quand nos intervenants sont sur le plancher avec les jeunes, ils font un peu le même travail qu’un éducateur spécialisé ou un travailleur social, mais il est impossible de leur offrir le même salaire », déplore Marie-Claude. « L’échelle salariale, quand tu entres à la MDJ, c’est l’équivalent d’un jeune qui travaille au McDo. Pourtant, il y a des études derrière. Ça n’a aucun sens.»

La reconnaissance de leur action

Alors que l’organisme souffle ses 50 bougies, l’heure est autant à la célébration qu’à la réflexion sur l’avenir. « Le monde communautaire, on est vraiment sur le terrain. C’est plus facile pour nous d’identifier les problèmes et de trouver les solutions adéquates », explique Mme Malo, consciente des réalités qui conditionnent la vie des jeunes. Des réalités trop peu prises en compte à l’échelle gouvernementale.
« Il faut injecter de l’argent dans les MDJ pour qu’on soit capables d’aller chercher du monde à l’externe – des infirmières, des psychologues – pour venir avec nous sur le terrain. »

« Dans un monde idéal, on aimerait que le financement s’améliore, que l’équipe soit payée à sa juste valeur, qu’on puisse dire oui à plus de projets du comité jeune et garder la MDJ ouverte sept jours sur sept », conclut Marie-Claude Malo.

Le vendredi 14 novembre La Piaule fêtera son anniversaire au centre multifonctionnel Francine-Gadbois.