Passeport Tourisme, un nouveau moyen de recruter dans le tourisme

Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme met en place le Passeport Tourisme, un laboratoire immersif de recrutement qui se tiendra gratuitement le 5 mai à l’École hôtelière de la Montérégie à Longueuil. 

L’Hôtel Mortagne sera de ce premier salon d’un nouveau genre afin de trouver des candidats aux postes à pourvoir dans le secteur du tourisme au Québec. « Le secteur du tourisme représentait au Québec, en 2025, 559 500 emplois. C’est quasiment 10 % de la main-d’œuvre totale du Québec. Mais nous avons environ 11 000 postes vacants au deuxième trimestre. Derrière la santé et la construction, nous sommes au troisième rang des secteurs les plus en demande. Oui, nous sommes en pénurie de main-d’œuvre », d’indiquer au journal Xavier Gret, directeur général du Conseil québécois des ressources humaines.

C’est dans cet objectif de valoriser les métiers du tourisme et de trouver de la main-d’œuvre dans ce secteur que le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), en partenariat avec Tourisme Montérégie, souhaite être plus attractif auprès de tous dans une nouvelle formule de présentation appelée Passeport Tourisme. 

À l’École hôtelière

Le 5 mai, à l’École hôtelière de la Montérégie, réalité virtuelle, speed dating emploi et démos seront des façons de présenter les métiers autour du tourisme. Feront partie de ce salon nouveau genre de grands employeurs, des experts qui proposeront des conférences. « On veut vraiment créer un réseautage et permettre autant aux exposants qu’aux visiteurs d’échanger, d’élargir leur réseau de contacts, de poser leurs questions. On aura par exemple une zone réalité virtuelle. On pourra mettre des casques de réalité virtuelle pour aller plonger dans différents métiers du tourisme, comme si c’était nous qui faisions les tâches. Cela permettra aux visiteurs de se projeter concrètement dans un métier X », d’avancer comme exemple Valérie Lacasse, responsable de projet pour Passeport Tourisme. 

Il y en aura pour tous les goûts, les curieux, les étudiants à la recherche d’un travail d’été, mais aussi et surtout pour ceux qui envisagent de faire carrière dans le tourisme, peu importe le niveau. 

« Le fait que l’événement Montérégie se passe à l’École hôtelière, c’est intéressant parce que là, on a accès aux classes que les étudiants utilisent, donc les locaux. Puis il y a une cuisine où l’on pourra voir les étudiants se pratiquer », ajoute M. Gret.

De 9 h à 20 h le 5 mai, à l’École hôtelière de la Montérégie à Longueuil, la journée sera segmentée en trois blocs horaires. « Le premier bloc, c’est de 9 h à midi. Ensuite, on fait une pause d’une heure, on réouvre de 13 h à 16 h pour finir de 17 h à 20 h », présente Mme Lacasse.

Le moment 

Les professionnels du secteur sont en train de prévoir l’imminente saison estivale. Avec le Grand Prix de Formule 1 de Montréal devancé, les préparatifs doivent s’accélérer. « Le Grand Prix qui est avancé, c’est l’une des raisons pourquoi l’on propose ce rendez-vous si tôt. Les gens qui viennent assister au Grand Prix peuvent très bien loger à Boucherville parce qu’il n’y a plus d’offres à Montréal, cela déborde en Montérégie toujours », indique M. Gret, qui propose Passeport Tourisme à un moment crucial en ce début de période estivale. « C’est le moment pour nous de faire connaître nos métiers et de recruter. C’est vrai que l’été s’en vient. C’est un moment où les gens sortent. Mais attention, on ne touche pas que les jeunes, on touche les jeunes et les moins jeunes, toutes catégories. Nous, on est prêts à prendre les retraités chez nous pour une deuxième job, il n’y a pas de problème. Donc, on touche vraiment tout le monde. Oui, aussi les personnes en réorientation de carrière. Donc, c’est ça, c’est un domaine qui a beaucoup d’opportunités, peu importe son profil. Dans les métiers autour du tourisme, on peut commencer plongeur et terminer vice-président d’une chaîne hôtelière. »

Les effets de la pandémie, qui a vu un grand nombre de personnes du monde du tourisme se réorienter vers d’autres secteurs, se ressentent encore. « On a perdu une catégorie d’employés et d’expertise. Et c’est vrai que l’on a pu monter en puissance des gestionnaires qui, présentement, ont besoin de formation pour avoir des compétences de gestionnaire. Mais on fait vraiment un rattrapage présentement. Ça, c’est certain. On voit quand même un certain retour de notre main-d’œuvre initiale, mais les besoins sont encore plus présents. Donc, on est toujours en pénurie. Mais ça s’est quand même rétabli depuis la pandémie, surtout depuis l’année dernière, on voit quand même un retour. »

Les défis

Parmi les défis en main-d’œuvre que la profession voit arriver, celui des mesures d’immigration annoncées par le gouvernement ne manque pas d’inquiéter. « On a un secteur qui accueille beaucoup de personnes issues de l’immigration. Des resserrements dans les règles de ce domaine, ça ne nous aide pas. Avec le vieillissement de la population, c’est sûr que cela fait peur. On va laisser notre première ministre arriver, mais présentement, c’est un enjeu pour nous. »

Quant à l’arrivée de l’intelligence artificielle dans le domaine, ce n’est pas la bonne formule pour M. Gret. « L’humain sera toujours au cœur de notre secteur. L’IA nous permettra de libérer nos gens pour qu’ils soient plus axés sur le service a la clientèle », conclut-il.