Pour un encadrement des boissons énergisantes
Le monde du sport se mobilise pour interdire la vente de boissons énergisantes aux enfants de moins de 16 ans. Dans les écoles du Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP), ces produits n’ont déjà pas leur place.
« Dans les établissements scolaires du CSSP, des règles encadrent l’offre alimentaire afin de favoriser de saines habitudes de vie chez les élèves. Ainsi, les devis liés aux contrats de services alimentaires dans nos écoles secondaires prévoient notamment que le prestataire doit exclure de son offre les boissons gazeuses sucrées (incluant celles avec substituts de sucre), les boissons avec sucre ajouté, de même que les boissons pour sportifs et les boissons énergisantes. Par conséquent, les boissons énergisantes font partie des produits dont la vente est interdite dans nos établissements », nous indique Marie-Pierre Laflamme, porte-parole du CSSP.
Cependant, en dehors des enceintes de l’école, ces boissons en vente libre sont très populaires auprès des jeunes. Même si les écoles du CSSP ne disposent pas de données précises permettant de mesurer une évolution de la consommation des boissons énergisantes, « nous avons une volonté plus large de promouvoir la santé et le bien-être auprès de nos élèves », précise le CSSP.
Un milieu préoccupé
« La consommation de boissons énergisantes contenant de la caféine soulève des questions de santé publique depuis plusieurs années, non seulement en raison de leur composition, mais aussi en raison de leur promotion, de leur disponibilité et du contexte de leur consommation », indique, depuis plusieurs années, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La santé publique du Québec déconseille la consommation de boissons énergisantes chez les jeunes et les femmes enceintes.
Cependant, au Québec, les boissons énergisantes sont en vente libre, malgré des risques réels indiqués par l’INSPQ. Les dangers reliés à ces boissons ont été mis de l’avant par le rapport de la coroner concernant la mort, en janvier 2024, de Zachary Miron, à 15 ans. On apprend dans le rapport que le jeune garçon a perdu la vie après avoir consommé une boisson énergisante en même temps qu’un médicament pour le TDAH.
Depuis, le Mouvement Zachary Miron s’est formé afin d’interdire la vente de ces boissons aux mineurs.
De nombreuses organisations sportives et scolaires se sont associées à cette initiative, entre autres le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Le 22 avril, le RSEQ annonçait qu’il « se joint à la mobilisation initiée par de nombreux acteurs du milieu de l’éducation visant à mieux encadrer l’accès aux boissons énergisantes chez les jeunes. Le RSEQ souhaite exprimer ses préoccupations face à la tendance croissante de consommation de boissons énergisantes chez les jeunes. Cette réalité, de plus en plus observée, rejoint les inquiétudes soulevées par la communauté médicale, quant aux risques potentiels associés à ces produits, particulièrement chez les jeunes et dans un contexte d’activité physique. »
En plus du RSEQ, Sports Québec et la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) se sont joints, mardi, au Mouvement Zachary Miron. La pétition, lancée par ce regroupement, est aussi soutenue par la Fédération des éducateurs physiques enseignants du Québec, l’organisme Filleactive, l’Alliance Sport-Études, la Fondation Aléo, la Fédération des kinésiologues du Québec, le Collectif Vital ou encore l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ).
« Le sport étudiant repose sur des valeurs de santé, de sécurité et du développement d’un mode de vie sain et actif. Il est de notre responsabilité collective de créer des environnements favorables au développement des jeunes. Cela passe notamment par la mise en place d’initiatives concrètes en matière d’éducation et de sensibilisation, afin de mieux outiller les jeunes et leur entourage face aux risques liés aux boissons énergisantes », de conclure Gustave Roel, chef de la direction du RSEQ.
