Premier syndicat montérégien pour la garderie Les joyeux galopins
Les travailleurs de la garderie Les joyeux galopins de Boucherville viennent de se syndiquer avec la CSN. Ils sont les premiers à intégrer le nouveau syndicat pour les garderies de la Montérégie.
« On ne peut pas être à la merci des décisions unilatérales de notre employeur. Nos conditions de travail, ce sont aussi nos conditions de vie! », explique le président du Syndicat, Michel Villeneuve. Ce dernier a officialisé, le 11 mars, la création du Syndicat CSN de la garderie Les joyeux galopins à Boucherville.
Cette garderie privée subventionnée d’une quinzaine d’employés, la première du genre en Montérégie, devient ainsi la première aussi a intégrer le Syndicat régional pour les garderies de la Montérégie. « C’est la gestion arbitraire des conditions de travail qui a poussé les éducatrices et les éducateurs à entamer leur processus de syndicalisation auprès de la CSN. En se syndiquant, les salariés créent par le fait même le Syndicat régional des garderies de la Montérégie-CSN, qui pourra représenter d’autres groupes de salariés dans la région », explique la vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, Mélanie Bouchard.
Pour M. Villeneuve, qui est éducateur depuis plus de 20 ans au sein de la garderie Les joyeux galopins, il était devenu difficile de s’assoir avec le propriétaire afin de parler des conditions de travail. « Si nous n’étions pas contents des nouvelles directives, nous n’avions que la possibilité de quitter notre emploi. Aujourd’hui, avec le syndicat, nous ouvrons la porte à un dialogue et aux demandes du personnel. La garderie est à Boucherville, dans une belle ville, dans un quartier idéal avec une belle clientèle. Nous voulons y rester », d’indiquer au journal M. Villeneuve. Ce dernier ajoute que le propriétaire, qui a été mis au courant de la démarche, n’a pas essayé de l’empêcher.
FSSS-CSN
Mme Bouchard mentionne que « Les travailleuses et travailleurs de garderie sont au cœur économique et social du Québec. C’est parce que les tout-petits sont entre de bonnes mains que les parents, et particulièrement les mères, peuvent travailler. »
Ce syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de la Montérégie(CCSNM-CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
En Montérégie, les travailleuses de La Gardienne inc., à Saint-Hyacinthe, se sont également jointes à la CSN depuis peu pour établir des conditions de travail équitables pour toutes.
L’exemple de l’Outaouais
Il est courant de voir des éducatrices dans les centres de la petite enfance (CPE) qui sont syndiquées. Il est beaucoup plus rare de voir des employés de garderies privées adhérer à un syndicat, selon la CSN. « Il y a souvent des travailleuses avec un statut précaire, moins structuré. Cette structure montérégienne permettrait de copier ce qui a déjà été fait en Outaouais », nous fait savoir la CSN.
À la suite du dépôt de sa requête à cet effet le 10 octobre 2025, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des garderies de l’Outaouais-CSN a été accrédité pour représenter toutes les personnes salariées en vertu du Code du travail. Ce syndicat est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO-CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Ni favoritisme, ni injustice
« Chacune de leur côté, les travailleuses sont isolées mais réunies. Elles peuvent avoir une vue d’ensemble de leurs conditions de travail et s’assurer qu’il n’y a ni favoritisme, ni injustice. Leur syndicat régional les aidera à comparer leurs conditions et leur fournira le soutien dont elles auront besoin », conclut la présidente du Conseil central de la Montérégie-CSN, Audrey Benoit.
