Trentième anniversaire du Réseau des fermiers·ères de famille 

Le Réseau des fermiers·ères de famille (RFF) célèbre son 30e anniversaire. Partout au Québec, comme à Boucherville, ce sont 115 fermes qui livrent chaque semaine leurs paniers de fruits et légumes biologiques.

L’un des plus grands réseaux de fermes biologiques au monde est québécois et il a 30 ans cette année. 

« Le Réseau des fermiers·ères de famille (RFF) est fier de faire pleinement partie du paysage agricole québécois et est encore convaincu de faire partie de la solution pour un avenir durable en faveur de la souveraineté agricole québécoise. Notre résilience à travers les années est la preuve d’un mouvement solide ancré dans son territoire », d’indiquer Enora Jeanne Cordier Le Vot, responsable des communications du Réseau des fermiers·ères de famille.

L’organisation à but non lucratif s’est bâtie sur les valeurs de la solidarité entre fermes. Toutes les fermes membres partagent l’idée d’un projet de société basé sur une souveraineté alimentaire prenant racine dans une agriculture biologique et sans intermédiaire.

« À Boucherville, la Ferme la terre entière fait partie du réseau depuis cinq ans et la ferme la Bourrasque, de Saint-Nazaire-d’Acton, propose ses paniers à la paroisse Saint-Louis, les mercredis de 15 h à 18 h. Nos membres étaient peut-être plus nombreux il y a quelques années, mais nous avons atteint une belle stabilité aujourd’hui. Cette année, par exemple, nous avons eu sept nouvelles fermes », précise Mme Cordier Le Vot. Le journal a contacté la Ferme la terre entière qui a indiqué que, pour des raisons personnelles, elle se retirait de l’organisation.

Gagnant-gagnant 

Le prix d’un panier biologique semble être de plus en plus abordable. « C’est, à peu de choses près, l’équivalent de ce que l’on peut retrouver au supermarché. Et si c’est un peu plus cher, le consommateur reste gagnant quant à la qualité du produit, récolté le matin même, qui aura aussi une durée plus longue. De plus, comme c’est un système d’abonnement qu’il faut régler en début d’année, même s’il y a une forte inflation, le prix de l’abonnement n’augmentera pas au cours de l’année. Les agriculteurs peuvent ainsi avoir une avance monétaire sur la saison agricole à venir », d’ajouter Mme Cordier Le Vot. 

Les abonnements se portent bien et rassemblent des habitués. L’organisme indique au journal que 75 % des abonnés le sont depuis plus de cinq ans. Le RFF a même enregistré une hausse importante des abonnements lors de la pandémie. 

L’histoire du mouvement

En 1993, une bande d’étudiants montréalais, dont Laure Waridel, fondent Équiterre. Les amis, qui s’interrogent sur leurs manières d’agir localement aux enjeux climatiques, vont rapidement découvrir l’Agriculture soutenue par la communauté (ASC). Ce mode de fonctionnement crée un lien direct entre ceux qui cultivent et ceux qui mangent. Au printemps, les abonnés paient d’avance leurs parts de récolte pour toute la saison, sans modification de prix, et sécurisent ainsi la saison de leurs fermiers. C’est une sécurité partagée qui crée un lien direct entre les fermes et les foyers.

Dès 1995, 30 abonnés sont inscrits. Fort de ce succès, en 1996, 7 fermes y adhèrent et le RFF est né. Depuis 30 ans, ce grand mouvement en faveur d’une agriculture bio, locale et solidaire de la terre et de ses communautés se déploie dans tous les rangs du Québec.

En 2013, le RFF devient un projet autonome d’Équiterre pour se consacrer à son développement économique, formalisant son offre de paniers bio à l’échelle du Québec en continuant de grandir et de nourrir.

Aujourd’hui, en 2026, le RFF est présent dans 13 régions administratives avec plus de 115 fermes qui nourrissent 17 000 foyers chaque saison.