Un grand rassemblement devant l’Assemblée nationale
Des centaines d’organismes communautaires ont convergé vers Québec, le 2 avril, afin de conclure deux semaines de mobilisation dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte!.
Alors que le mouvement de grève Le communautaire à boutte!, qui se tenait partout au Québec du 23 mars au 2 avril, touche à sa fin, les organismes y prenant part ont convergé à Québec pour une ultime mobilisation. Les organisateurs attendaient plus de 10 000 participants.
Parmi les centaines d’organismes qui se sont déplacés vers la capitale, plusieurs venaient de la Montérégie et de Boucherville, notamment L’Escale familiale et la Maison des jeunes de Boucherville « La Piaule », qui ont fait le trajet pour participer au rassemblement.
Pour ces organismes, il était essentiel de mettre leurs services sur pause et de se déplacer afin de faire entendre leur voix. Pour plusieurs, il s’agissait même d’une question de survie. « Si rien ne change, ce ne sera plus seulement des activités annulées, ce seront des services qui disparaîtront », regrette Marie-Claude Malo, directrice de la Maison des jeunes de Boucherville.
« Le communautaire, ça naît de la mobilisation de personnes autour d’un besoin commun. » – Marie-Claude Malo
Clôturer la mobilisation
C’est devant l’Assemblée nationale qu’a eu lieu le point de ralliement des organismes communautaires, le jeudi 2 avril à 11 h. Un rassemblement devant un lieu symbolique, chargé de sens pour tous ces organismes qui dénoncent le sous-financement chronique du milieu communautaire et réclament un meilleur soutien gouvernemental. « La question n’est plus de savoir si le communautaire est essentiel, il l’a démontré maintes fois, souligne Marie-Claude Malo. La vraie question est plutôt : va-t-on lui donner les moyens de continuer à exister? »
De nombreuses prises de parole ont ponctué l’événement afin de réaffirmer les enjeux qui ont mené les organismes communautaires à se mobiliser, le tout dans une ambiance à la fois conviviale et combative, animée par une fanfare.
Parmi les manifestants, on retrouvait des organismes issus de divers horizons : maisons de jeunes, groupes de défense des droits des femmes, organismes d’aide alimentaire et de logement, organismes en autisme, soutien aux proches aidants et aux aînés, centres d’action bénévole, organismes LGBTQ+, ressources d’hébergement en itinérance, et bien d’autres. Un portrait hétéroclite qui rappelle la diversité des organismes qui, chaque jour, soutiennent les personnes qui en ont besoin. « Le communautaire, il faut comprendre que ça naît de la mobilisation de personnes autour d’un besoin commun, explique Marie-Claude Malo. Ce sont des gens qui décident de créer quelque chose pour améliorer la qualité de vie des autres, des humains qui investissent du temps dans des humains. »
À 14 h, un mot de clôture est venu mettre officiellement fin à ces deux semaines de mobilisation, qui ont pris place dans 17 régions du Québec, réunissant plus de 1 622 organismes qui ont réalisé qu’ils partageaient les mêmes conditions de précarité. « Les membres des organismes se sont rendu compte qu’ils partageaient une réalité commune. C’est ce qui explique l’ampleur du mouvement », affirme Nathalie Sapina, directrice générale d’Autisme Montérégie.
Au total, plus de 22 000 personnes se sont mises en grève afin de tirer la sonnette d’alarme et de rappeler l’importance du filet social que constituent ces organismes.
