Un hiver propice aux nids-de-poule
Les automobilistes l’ont remarqué, cet hiver semble favorable à la détérioration des routes. Une situation inquiétante sur le plan de la sécurité, mais aussi en ce qui a trait au coût des réparations sur les véhicules.
« La Direction des affaires juridiques et du greffe a reçu neuf réclamations en 2025 concernant des dommages causés à un véhicule par des nids-de-poule », indique au journal la Ville de Boucherville.
Il faut dire que l’alternance des périodes de douceur et de grand froid n’épargne pas les routes de l’ensemble du Québec depuis plusieurs semaines. Un climat parfait pour la création de nids-de-poule dans la chaussée. « Les hivers de plus en plus doux et les variations de température favorisent effectivement l’apparition des nids-de-poule. Il est encore tôt cependant pour dire si l’hiver est particulièrement propice aux nids-de-poule à Boucherville », précise la Municipalité.
« Nous avons eu une cliente qui en a eu pour 3000 $ de réparations à cause d’un nid-de-poule. » – AmonGarage
Le même budget
En 2024, la Ville avait reçu 109 requêtes, 190 en 2025 et une petite dizaine à la mi-janvier 2026. Boucherville a décidé de ne pas augmenter les budgets attribués pour l’asphalte d’hiver. « Ce sont 20 000 $ qui sont réservés annuellement pour les travaux d’asphaltage en hiver. »
Changement de direction intrépide pour éviter un cratère, bris d’équipement d’une voiture qui doit absorber le choc d’un trou béant, crevaison, etc., les dangers des nids-de-poule sur les routes ne sont pas négligeables. Même si la situation n’est pas comparable à certaines grandes villes au Québec, Boucherville reste vigilante comme Québec.
« Nos équipes surveillent le réseau routier de façon attentive, surtout par temps de redoux », explique Karine Abdel, porte-parole du Ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD).
Réclamations pour dommages
Toute personne qui a subi un dommage par la faute présumée du Ministère des Transports peut faire une réclamation. Les détails sont publiés sur le site Web du Ministère dans la section « Plaintes et réclamations pour dommages ». « Cependant, précisons que la Loi sur la voirie prévoit, à l’article 30, que le Ministère n’est pas responsable du préjudice causé par l’état de la chaussée aux pneus ou au système de suspension d’un véhicule automobile », explique la porte-parole du MTMD.
La Loi sur les cités et villes prévoit qu’une Ville n’est généralement pas responsable des dommages causés à un véhicule par l’état de la chaussée, comme un nid-de-poule. Celle-ci indique dans son article 604.1, alinéa 2, que « La municipalité n’est pas responsable du préjudice causé par la présence d’un objet sur la chaussée ou sur une voie piétonnière ou cyclable.
Elle n’est pas non plus responsable des dommages causés par l’état de la chaussée ou de la voie cyclable aux pneus ou au système de suspension d’un véhicule. »
Réparations coûteuses
En raison du côté indispensable de la voiture pour beaucoup de conducteurs, l’état des routes devient très préoccupant, non seulement pour leur sécurité, mais aussi pour leur portefeuille. Un seul nid-de-poule peut coûter très cher à l’automobiliste. « Nous avons eu une cliente, la semaine dernière, qui en a eu pour 3000 $ de réparations à cause d’un nid-de-poule. Il a fallu changer ses quatre pneus, et trois de ses roues étaient à réparer. C’est, au minimum, un client par semaine qui vient nous voir en ce moment pour des nids-de-poule », explique au journal l’entreprise AmonGarage de Boucherville, qui remarque plus de clients que d’habitude venant frapper à sa porte en raison de l’état des routes cette année.
Signalement citoyen
Pour aider la Municipalité à réparer les routes de Boucherville, il est possible d’aller sur son site pour procéder à un signalement.
Pour rapporter l’emplacement d’un nid-de-poule et effectuer une requête, les usagers de la route peuvent aussi s’en remettre au service Québec 511.
Réparations temporaires
Le Ministère des Transports et de la Mobilité durable précise que, dans plusieurs cas, les réparations sont temporaires, car elles sont faites dans des conditions qui ne favorisent pas la durabilité (température froide, présence d’eau, densité de circulation, etc.). Lorsque requis, le ministère réalise par la suite une deuxième intervention, plus durable.
