Un mois sans cellulaire dans les écoles : le bilan
Depuis la rentrée, les téléphones sont bannis des écoles primaires et secondaires du Québec. Un mois plus tard, l’école De Mortagne nous fait part de ses premiers constats sur cette vie sans cellulaire.
Depuis la rentrée 2025-2026, les cellulaires, les écouteurs et autres appareils mobiles personnels sont interdits dans les établissements primaires et secondaires du Québec. Cette mesure, appliquée tant dans les écoles publiques que privées, marque une nouvelle étape dans la volonté du ministère de l’Éducation de réduire la présence des écrans dans le quotidien des élèves.
Un mois après l’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation, les établissements commencent à en mesurer les effets. À l’école secondaire De Mortagne, l’une des plus grandes de la Rive-Sud, l’équipe observe déjà les premiers résultats de cette vie scolaire sans téléphone.
« L’expérience du dernier mois est positive », déclare Annie Larouche, directrice de l’école De Mortagne. « La différence est marquée dans l’école. Il y a plus de bruit et de vie : les élèves se parlent davantage, jouent à des jeux lors des pauses et interagissent. Nous remarquons également un intérêt plus marqué pour les activités parascolaires cette année. »
Une interdiction totale
Adoptée dans la foulée du rapport final de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes (CSESJ), déposé à l’Assemblée nationale en mai dernier, cette interdiction étend celle déjà en vigueur depuis janvier 2024, qui visait l’usage du cellulaire en classe. Désormais, c’est l’ensemble de la journée scolaire qui se déroule sans téléphone.
Si le cadre général a été fixé par Québec, chaque école conserve toutefois une marge de manœuvre dans la mise en œuvre de cette politique. Certaines exigent que chaque élève dépose son appareil dans une pochette verrouillée à son arrivée, tandis que d’autres permettent qu’il reste au fond d’un casier.
Bien que l’interdiction soit totale, les élèves semblent plutôt enclins à la respecter. « Il y a eu quelques manquements, mais on parle de quelques cas sur 3 000 élèves. C’est minime », souligne Annie Larouche.
C’est un changement de fonctionnement radical qui s’impose ainsi aux élèves en cette rentrée scolaire, et certains effets se font déjà ressentir sur leurs comportements. « Les élèves sont plus tentés de sortir, par exemple durant la pause du midi. Des rappels sur les comportements à adopter pour être de bons citoyens ont dû être faits », Annie Larouche. Cependant, les résultats demeurent encourageants et la direction de l’école est claire à ce sujet : « Après un mois, nous pouvons affirmer que nous ne souhaitons pas revenir en arrière. Les bienfaits sont là. »
