Un Wallaby en caval à Boucherville

Depuis vendredi, un wallaby se promène à Boucherville. Dépêchés sur place, les organismes spécialisés n’ont toujours pas obtenu l’autorisation du ministère de la Faune pour intervenir.

L’information a été diffusée vendredi sur les réseaux sociaux de Galahad SPCA. Quelques jours auparavant, l’organisme avait déjà sonné l’alarme après qu’une de ses agentes, en visite dans une écurie-pension de la grande région de Montréal, eut découvert un jeune kangourou gardé seul dans un box. Selon les informations obtenues, l’animal ne bénéficiait ni d’installations adéquates ni des conditions minimales requises pour assurer son bien-être.

Mais vendredi, la situation a pris une nouvelle tournure. L’animal, d’abord identifié comme un bébé kangourou avant qu’il ne soit établi qu’il s’agissait d’un wallaby, s’était échappé de l’endroit où il était gardé et errait désormais dans le secteur de Boucherville.

Des organismes sur place

Très vite médiatisée, la nouvelle a suscité beaucoup d’intérêt chez les citoyens et plusieurs organismes spécialisés dans la protection animale ont été dépêchés sur place. Parmi eux figure notamment Sauvetage Animal Rescue, un service d’urgence dédié aux animaux en détresse.

Croyant d’abord à un canular en raison du caractère improbable de la situation, Éric Dussault, directeur général de Sauvetage Animal Rescue, s’est finalement rendu sur place le samedi 14 juin pour constater que la situation était bien réelle.

Défense d’agir

Alors qu’il s’apprêtait à intervenir pour capturer l’animal et l’emmener en lieu sûr, l’organisme a toutefois été contraint de suspendre ses opérations à la demande du ministère de la Faune. « Une fois sur place, la Faune nous dit que personne ne peut l’attraper, explique  Éric Dussault sur ses réseaux sociaux. Seul le propriétaire légal de l’animal peut récupérer son animal, mais il ne peut pas transférer ce droit à quelqu’un d’autre, ou alors cela demande un permis très complexe. »

Une situation que déplore l’organisme, qui affirme pourtant disposer de l’équipement requis, incluant un fusil tranquillisant, ainsi que de l’appui d’une vétérinaire expérimentée en faune, prête à les accompagner dans une intervention sécuritaire, professionnelle et encadrée. « C’est impossible d’avoir des réponses. Ce n’est pas normal qu’une organisation bénévole soit capable d’arriver plus vite sur les lieux et que, malgré cela, on ne profite pas de son aide. »

Un constat partagé par Galahad SPCA. « La Faune n’autorise personne à capturer le wallaby, même s’il était à côté de nous et très calme. On nous dit que nous n’avons pas les permis nécessaires et que seul son propriétaire peut le capturer. On nous demande donc de le laisser là, alors qu’il se trouve près de l’autoroute 20. »

Dans l’attente

Bloqué sur place depuis samedi matin, Sauvetage Animal Rescue n’avait, au moment d’écrire ces lignes, toujours reçu aucune nouvelle. « À ce stade, le ministère de la Faune ne nous a toujours pas donné l’autorisation ni le mandat de procéder à sa capture. Notre équipe demeure en communication avec les différentes instances impliquées dans ce dossier. Nous examinons actuellement toutes les options qui s’offrent à nous afin que la suite des choses se déroule de la façon la plus sécuritaire possible pour l’animal. »

Pendant ce temps, l’équipe du Miller Zoo se tient prête à accueillir l’animal et à le prendre en charge afin d’assurer sa sécurité.

Plus d’informations devraient être communiquées au cours des prochaines 48 heures. Des personnes sont actuellement sur place pour surveiller la situation. Pour l’instant, le wallaby se porte bien et demeure dans le même secteur.

Sauvetage Animal Rescue souligne néanmoins que les citoyens doivent cesser de se présenter sur place. « Votre présence, même avec les meilleures intentions du monde, nuit grandement au dossier et peut compliquer la suite des opérations. Nous vous demandons de nous faire confiance. Nous sommes là, nous supervisons la situation de très près et nous vous tiendrons informés dès que possible. »