Une marche régionale s’est tenue à Longueuil
Le vendredi 27 mars dernier, une marche régionale du mouvement de grève Le communautaire à boutte! s’est tenue à Longueuil en présence des organismes en grève à Boucherville.
Alors que la mobilisation bat son plein à travers le Québec du 23 mars au 2 avril, les actions se multiplient dans plusieurs régions. C’est dans ce contexte qu’une grande marche régionale a réuni, à Longueuil, plus de 219 organismes mobilisés en Montérégie. Animée par Mathieu Gratton, la marche a débuté à 11 h 30 au parc St. Mark.
Parmi les manifestants, on retrouvait des organismes issus de divers horizons : défense des droits des femmes, aide alimentaire, autisme, soutien aux proches aidants, centres d’action bénévole, organismes LGBTQ+, hébergement en itinérance, etc. Autant d’acteurs qui constituent un filet social essentiel pour de nombreux citoyens en situation de vulnérabilité et qui ont choisi de suspendre leurs services afin de tirer la sonnette d’alarme.
Plusieurs organismes de Boucherville, tels que Carrefour pour Elle, la Maison des jeunes (MDJ) et le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Marguerite-D’Youville, figuraient également parmi les participants. « Le communautaire à boutte! reflète directement la réalité que nous vivons sur le terrain depuis plusieurs années, déclare Marie-Claude Malo, directrice de la MDJ de Boucherville. Comme plusieurs organismes, nous faisons face à un sous-financement chronique, à une augmentation constante des besoins chez les jeunes et à une pression grandissante sur nos équipes. Le filet social s’effrite, et le communautaire compense souvent au maximum de ses capacités. »
Un cri à l’aide
Dans une ambiance à la fois déterminée et solidaire, les participants ont parcouru les rues de Longueuil pour dénoncer le sous-financement chronique du milieu communautaire et réclamer un meilleur soutien gouvernemental. « Les demandes aux organismes sont plus nombreuses et plus complexes, nous explique Nathalie Sapina, directrice générale d’Autisme Montérégie. Nous faisons face à une augmentation des besoins, à une population plus fragilisée et à des compressions budgétaires qui aggravent la situation. »
Bannières, slogans et prises de parole ont rythmé la marche, mettant en lumière l’importance du travail effectué sur le terrain auprès des populations les plus vulnérables. « Il faut comprendre que le communautaire, c’est partout, scande Marie-Claude Malo. C’est une personne sur trois au Québec qui utilise régulièrement nos services. Si rien ne change, ce ne sera plus une question d’activités annulées, ce seront des services qui disparaissent. »
En Montérégie, ce sont pas moins de 219 organismes qui participent au mouvement, dont 72 dans l’agglomération de Longueuil. « On a bien expliqué à nos membres que, pour préserver ce maillon essentiel du filet social, il était nécessaire de mettre nos services sur pause afin de nous mobiliser », déclare Nathalie Sapina.
Certains organismes, incapables d’interrompre leurs services en raison des besoins urgents de leur clientèle, ont néanmoins exprimé leur appui au mouvement.
« Nous appuyons et soutenons le mouvement, par solidarité envers le milieu communautaire, mais ne menons aucune action de mobilisation, précise Sophie Deschamps, directrice générale du CABB. Nos services n’en sont pas affectés et nos usagers pourront recevoir leurs services comme d’habitude. »
Un mouvement d’ampleur
Au total, plus de 1 622 organismes, répartis dans les 17 régions du Québec, prennent part à ce mouvement de grève. « Les membres des organismes se sont rendu compte qu’ils partageaient une réalité commune. C’est ce qui explique l’ampleur du mouvement, affirme Nathalie Sapina. Près de 22 000 personnes sont actuellement en grève. Ce qui est marquant, c’est que chacun vit des difficultés de son côté, et le fait de constater qu’elles sont partagées a donné le courage de se mobiliser. »
Le 2 avril, une manifestation nationale est prévue à Québec pour marquer la fin de la mobilisation. De nombreux organismes des 17 régions y prendront part, dont L’Escale familiale et la Maison des jeunes de Boucherville qui comptent faire le trajet. « Ce mouvement nous permet de nous mobiliser collectivement, dans un cadre structuré, visible et crédible, tout en conservant notre identité et notre approche propre aux maisons de jeunes, souligne Marie-Claude Malo. La question n’est plus de savoir si le communautaire est essentiel, il l’a démontré maintes fois. La vraie question est « Va-t-on lui donner les moyens de continuer à exister? ».
D’ici là, les moyens de pression varient selon les régions et les organismes : manifestations, piquetage devant les bureaux de députés, convois de voitures, marches symboliques ou encore distributions de soupe populaire. À Longueuil, une soupe populaire est offerte chaque midi à l’église St. Mark, accompagnée d’ateliers d’éducation populaire.
Le mouvement reçoit également l’appui d’organisations non communautaires. C’est le cas du Grenier des aubaines à Boucherville. « Le Grenier mettra une affiche dans son magasin, mais nous ne sommes pas un organisme communautaire, nous sommes un organisme environnemental qui subventionne les organismes communautaires », indique sa directrice générale, Diane Donofrio.
