Une nouvelle ligne de bus Boucherville-Montréal

Les navetteurs de Boucherville bénéficieront de nouveau d’une liaison directe vers le centre-ville de Montréal dès le 24 août.

La Ville mettra en place, pour une période d’un an, un projet pilote financé à même son budget afin de permettre l’exploitation de la ligne 287 par le Réseau de transport de l’agglomération de Longueuil (RTL).

« On offre de mettre 150 000 $ pour maintenir le service une année de plus, à raison de deux départs le matin. » – Jean Martel

Une ligne matinale

Cette nouvelle ligne reprendra le même parcours que l’ancienne ligne 87, abolie en avril dernier à la suite d’une décision du RTL.

Elle offrira deux départs les matins de semaine, à 6 h 15 et à 6 h 45, depuis l’intersection de la rue De Montarville et du boulevard Fort-Saint-Louis, en direction du Terminus Centre-Ville.

Cette ligne ne sera donc effective que le matin et en sens unique. Pour le trajet de retour, les usagers devront emprunter la ligne 86, qui offre deux départs du Terminus Centre-Ville, à 16 h 15 et à 17 h 15. Cette ligne dessert le terminus De Montarville, où une correspondance avec le réseau local permet de poursuivre le trajet jusqu’à destination. Il est également possible de revenir à Boucherville en passant par le terminus Longueuil via le métro, avant d’emprunter les lignes locales.

Des citoyens entendus

La mobilisation citoyenne a donc porté ses fruits. En effet, à la suite de l’abolition de la ligne 87 reliant Boucherville à Montréal en début d’année, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer cette décision.

Lors d’une rencontre avec les représentants du RTL à l’hôtel de ville, plusieurs dizaines de citoyens étaient venus faire entendre leurs préoccupations, soutenant que cette suppression ne répondait pas à leurs besoins.

Nombre d’entre eux remettaient en question les arguments du RTL concernant le faible achalandage de la ligne, estimé à une moyenne de 12 passagers par départ. Ils faisaient notamment valoir que le retour progressif du travail en présentiel entraînerait une hausse du nombre de déplacements vers Montréal.

Le cadre financier du RTL, fixé par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), étant de plus en plus serré, le réseau affirmait devoir restructurer son offre de service. « On a un cadre financier extrêmement serré et peu de leviers pour aller chercher du financement », regrettait alors Nicolas Tanguay, directeur principal, stratégie, innovation et planification au RTL.

Une citoyenne avait alors proposé de maintenir la ligne pendant un an afin d’observer l’évolution de l’achalandage. « On vient d’avoir le signal qu’il faut retourner en présentiel au travail. Si l’on refait l’étude dans un an ou deux, je suis convaincue que l’achalandage va augmenter », avait-elle soutenu.

Soutenir les citoyens

La Ville avait indiqué, à l’issue de cette rencontre, qu’elle prendrait en considération les revendications des citoyens avant de revenir avec des propositions. C’est désormais chose faite. « Nous avons entendu les préoccupations des citoyens et des usagers de l’ancienne ligne 87. Il est important de trouver des solutions qui répondent à leurs besoins, notamment pour les personnes qui se déplacent chaque matin vers Montréal pour aller travailler », affirme le maire Jean Martel.

Le conseil municipal confirme ainsi son intention d’assumer, pour la prochaine année, les coûts du projet pilote, évalués à 150 000 $. « On offre de mettre 150 000 $ pour maintenir le service une année de plus, à raison de deux départs le matin », précise Jean Martel.

Ce financement sera réévalué à l’issue du projet pilote, dans un contexte où d’importants changements sont attendus dans l’offre de service du RTL, notamment avec la refonte de son réseau à l’échelle de l’agglomération, la fin des mesures d’atténuation liées aux travaux du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine et les transformations prévues du réseau de transport.

Un projet « pilote »

S’ils saluent cette démarche de la Ville, certains citoyens soulignent toutefois le caractère incertain d’un projet pilote limité à une seule année. « C’est une bonne nouvelle pour les citoyens qui dépendent du transport collectif pour se rendre à Montréal, se réjouit Jules Emmanuel Mercier, un Bouchervillois qui utilisait auparavant la ligne 87. Cela dit, en tant que travailleur, j’ai besoin de pouvoir planifier mes déplacements à long terme. Un projet pilote, par définition temporaire, ne m’offre pas la prévisibilité nécessaire pour organiser mes déplacements quotidiens. »

De plus, depuis l’annonce de la suppression de la ligne 87 en mars dernier, les usagers ont dû trouver des solutions  pour se rendre à Montréal. Pour certains, cela s’est même traduit par l’achat d’une voiture. « La mise en place de cette solution a pris tellement de temps que j’ai dû prendre une décision pour répondre à mes besoins de mobilité, nous explique Jules Emmanuel Mercier. Dans mon cas, cela s’est traduit par l’achat d’un deuxième véhicule pour notre foyer. »

Enfin, même s’il accueille favorablement la mise en place de la ligne 287, Jules Emmanuel Mercier déplore que cette initiative soit financée par les contribuables de Boucherville. « Il est déplorable que des municipalités plus périphériques soient contraintes d’injecter des fonds supplémentaires provenant des taxes de leurs contribuables afin d’assurer le maintien d’un service à leurs citoyens, alors que ces mêmes citoyens contribuent déjà au financement de la société de transport. Le maintien d’un service de base devrait relever de la mission de la RTL, et non de la capacité financière des municipalités à compenser ses lacunes. »