Une réforme pour ouvrir la porte aux discothèques à Boucherville

La Ville assouplit sa réglementation d’urbanisme afin de permettre, sous certaines conditions, l’ajout d’activités de type club ou discothèque dans trois zones commerciales.

Y aura-t-il bientôt des discothèques à Boucherville? La question se pose depuis que les élus ont adopté, lors du conseil municipal du 16 février, une modification réglementaire permettant aux restaurants situés dans les zones C-670, C-672 et C-673 d’ajouter des activités de type club ou discothèque à titre complémentaire de leur usage principal.

« Ce que nous souhaitons, c’est pouvoir organiser des soirées événementielles ponctuelles. » – Anne Donglois

À l’origine du changement

Contactée à ce sujet, la Ville précise que cette modification fait suite à une demande de la brasserie sportive La Cage. Bien que l’établissement soit le principal intéressé à court terme, le changement réglementaire s’applique à l’ensemble des commerces situés dans les zones visées qui pourraient, eux aussi, en demander l’autorisation.

Josianne Marcotte, responsable des communications à la Ville, rappelle toutefois que les activités de discothèque ne peuvent devenir l’usage principal des établissement visés. « L’activité doit demeurer complémentaire à l’usage principal de restaurant à service complet. »

Les intentions de La Cage

La brasserie sportive, bien connue des Québécois, confirme être à l’origine de la démarche, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’un changement de vocation. « Ce n’est pas un changement de cap pour La Cage, précise Anne Dongois, responsable des relations médias pour l’enseigne. On ne souhaite pas devenir un club ou une discothèque, loin de là. Notre mission ne changera pas. Ce que nous souhaitons, c’est pouvoir organiser des soirées événementielles ponctuelles. »

Aucun événement n’est, pour l’instant, inscrit au calendrier. L’objectif est surtout de pouvoir répondre favorablement à certaines demandes. « Nous n’avons pas de plan précis. L’idée est de pouvoir répondre positivement lorsqu’une demande d’événement se présente, ajoute Anne Dongois. Dans d’autres villes, cela se fait déjà. Nous aimerions simplement pouvoir déplacer quelques tables pour permettre aux gens de danser, ce que notre permis actuel ne nous permet pas. »

Le cas du Madame Bovary

À l’heure actuelle, un seul établissement détient l’autorisation d’exploiter une piste de danse avec vente d’alcool à Boucherville, c’est le Madame Bovary. « Dans notre cas, cela ne change pas grand-chose, puisque nous bénéficions d’un droit acquis pour l’usage d’une piste de danse », nous explique Donovan Richard, copropriétaire de l’établissement.

Cette autorisation remonte à l’ancien occupant des lieux, le Rack n Roll, qui détenait déjà ce permis depuis une trentaine d’années. « Lorsque nous avons repris l’établissement, il y a une quinzaine d’années, ce droit était déjà en place, souligne Donovan Richard. Notre travail a surtout consisté à le préserver. Aujourd’hui, nous sommes les seuls à en bénéficier à Boucherville ». Un monopole qui pourrait ne pas durer.

Un encadrement réglementaire

Loin d’être anodin, ce changement pourrait progressivement transformer le paysage festif de Boucherville. 

Rappelons que seules les zones C-670, C-672 et C-673 sont actuellement visées par cette modification. De plus, toute autorisation sera conditionnelle au dépôt d’une demande de certificat conforme à la réglementation en vigueur. Les frais associés à cette modification s’élèvent à 271 $.

Une fois l’autorisation obtenue, l’établissement pourra proposer des activités de danse avec service d’alcool, en cohérence avec les permis délivrés par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). Les horaires d’exploitation et la capacité maximale demeureront encadrés par les lois en vigueur et supervisés par le Service de police et le Service de sécurité incendie.