Une taxe sur les surfaces minéralisées pour s’adapter au climat

L’écofiscalité devient une nécessité pour les municipalités afin de pouvoir financer des infrastructures qui proposeront une solution aux intempéries provoquées par les changements climatiques. 

Un autre moyen que les taxes foncières pour financer des infrastructures qui viendront protéger les citoyens contre les inondations, par exemple, consiste à instaurer une écofiscalité au sein de la ville. Une fiscalité qui incite le contribuable à adopter des comportements plus écoresponsables. « Nous avons instauré une taxe, il y a trois ans, sur les îlots de chaleur. Nous sommes en procès à ce sujet. Nous aurons une date qui sera fixée en 2026 », explique le maire de Boucherville, Jean Martel. Cette taxe sur les surfaces minéralisées vise les entreprises qui ont des espaces de stationnement provoquant des îlots de chaleur. En plus d’inciter le verdissement de ces endroits en instaurant une taxe, l’argent collecté depuis 2024 permet de financer des projets environnementaux pour la Ville. 

Poursuite

Une trentaine d’entreprises à Boucherville ont décidé de poursuivre la Ville, s’opposant à l’imposition de cette taxe. Les revenus générés par cette dernière ont été de 6,4 M$ en 2025 et seront de 6,7 M$ en 2026. Cette taxe est, pour l’instant, la seule mesure d’écofiscalité mise en place par la Ville depuis le 1er janvier 2024. Cette décision est largement encouragée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui voit là une nouvelle source de revenus pour les municipalités. 

« Les municipalités sont à la recherche d’une diversification de leurs sources de revenus pour mettre en œuvre de nouvelles mesures environnementales, tout en évitant l’augmentation des taxes foncières. Dans ce contexte, l’écofiscalité apparaît comme un outil de prédilection permettant de financer la transition climatique locale, d’inciter la population et les entreprises à adopter ou à maintenir des comportements qui contribuent à lutter contre les changements climatiques et à adapter le territoire à ceux-ci », d’indiquer l’UMQ.

Résilience climatique

Le budget, adopté le 2 décembre par la Ville de Boucherville, a accordé une importance particulière aux mesures à prendre en considération en raison des événements climatiques qui ont marqué la municipalité. Une hausse de 12,8 % de ce budget pour la résilience climatique montre à quel point les pluies importantes des 9 août 2023 et 13 juillet 2024 ont marqué les esprits. « Tous les citoyens comprennent qu’il y a un réchauffement climatique et que nous en sommes impactés », a indiqué le maire.

Le financement de cette hausse est largement compensé par des subventions couvrant 86 % des nouvelles dépenses.