Vols à main armée, un adolescent de 15 ans plaide coupable

Le jeudi 9 avril s’est conclu le procès d’un adolescent ayant plaidé coupable à sept braquages à main armée commis dans plusieurs municipalités de la Rive-Sud, dont Boucherville, ainsi qu’à Montréal.

C’est dans une salle d’audience du palais de justice de Longueuil que s’est terminé le procès concernant un adolescent reconnu coupable de sept braquages à main armée commis dans des magasins de téléphonie mobile situés dans plusieurs municipalités de la Rive-Sud, dont Boucherville, ainsi qu’à Montréal.

Procès pour la peine

Arrêté en septembre 2025 et détenu depuis sept mois à Longueuil, l’adolescent, dont l’identité ne peut être révélée en raison de son âge, avait plaidé coupable, lors d’une première audience en février dernier, à sept chefs d’accusation de vol qualifié, ainsi qu’à plusieurs autres accusations, dont l’utilisation d’une arme à feu et le complot en vue de commettre des vols. Un rapport prédécisionnel avait été ordonné par la cour afin de fournir davantage d’informations sur son profil et d’évaluer différents facteurs pertinents à la détermination de la peine.

Les plaidoiries sur la peine se sont tenues le jeudi 9 avril en fin de matinée. Compte tenu du rapport prédécisionnel, l’avocate de l’accusé, Me Chloé Lessard, et le procureur aux poursuites criminelles et pénales au Bureau des affaires de la jeunesse à Longueuil, M. Nicholas Pinel, étaient parvenus à une suggestion commune d’une peine d’incarcération de 24 mois de garde et de surveillance, assortie d’une probation de 12 mois. « Cela correspond à la durée maximale d’une peine pouvant être infligée à un adolescent dans de pareilles circonstances », explique M. Pinel en entretien. « Mais elle est ventilée de manière à prévoir une période qui ne soit pas de la détention, mais bien de la probation avec suivi, le tout dans l’optique de faciliter la réinsertion de l’adolescent dans la société. »

Plus précisément, l’adolescent purgera 16 mois en centre de réadaptation et 8 mois sous surveillance, période durant laquelle il pourra retourner chez lui. Il sera ensuite suivi pendant 12 mois, au cours desquels il devra également effectuer 150 heures de travaux bénévoles.

Après une séance animée entre la défense et la poursuite, ponctuée par la lecture d’une lettre d’excuses de la part de l’accusé et d’une prise de parole de son père, toute la famille étant présente, la juge en est venue à accepter la suggestion commune présentée par les avocats. « La poursuite est satisfaite de la peine qui a été imposée aujourd’hui à l’adolescent », confirme M. Pinel. « Nous croyons que cette peine établit un bon équilibre entre les besoins de protection durable du public et ceux de réadaptation de l’adolescent. »

Un constat partagé par Me Lessard. « Mon client s’est vraiment beaucoup repris en main. Il va à l’école à temps plein, à l’interne, au centre jeunesse et il bénéficie d’un soutien familial incroyable, ce qui fait en sorte que l’on ne veut pas le brimer dans ses études. Il avait 15 ans au moment des faits. Donc, sa culpabilité morale est moindre. »

Faits et arrestation

Ce procès a suscité de nombreux débats entre les parties, car les faits reprochés à l’adolescent sont graves.

Sur une période de six semaines, entre la fin juillet et le début septembre 2025, l’accusé et ses complices auraient dérobé pas moins de 215 téléphones cellulaires. Les commerces visés par les braquages se trouvaient à Boucherville, à Sainte-Julie, à Candiac, à Saint-Constant, à Repentigny et à Montréal. La juge a profité du procès pour lire certaines déclarations des nombreuses victimes de l’accusé durant les braquages, dont beaucoup se disent encore traumatisées par les faits.

Le butin, évalué à près de 240 000 $, aurait été volé dans des points de service appartenant notamment à Telus, à Fido et à Vidéotron. « Il avait de nombreux complices, certains adolescents, d’autres adultes, ajoute M. Pinel. Certains ont été identifiés, d’autres demeurent non identifiés et sont toujours recherchés ou poursuivis. »

L’adolescent est notamment accusé d’avoir joué le rôle principal dans chacun des braquages, non seulement parce qu’il tenait l’arme à feu, mais aussi parce qu’il apparaissait, selon la poursuite, comme le chef d’équipe du groupe malgré son jeune âge.

Il a toutefois été mentionné que ce petit groupe de braqueurs aurait été instrumentalisé par un réseau criminel plus vaste et qu’ils auraient été recrutés sur les réseaux sociaux.

L’adolescent a été identifié en septembre grâce aux caméras de surveillance ainsi qu’à des témoins ayant confirmé son identité. Selon le procureur, des complices auraient également fourni des renseignements ayant permis de l’identifier. « Il a été arrêté le jour même où une perquisition a été menée à son domicile, indique M. Pinel. Il faisait également l’objet de filature et de surveillance policière auparavant. »

Dans l’établissement de la peine, la poursuite a indiqué que l’âge de l’adolescent constituait un facteur déterminant. S’il avait été majeur au moment des faits, la peine encourue aurait été d’au moins dix ans d’emprisonnement.