Vols à main armée, un adolescent de 15 ans plaide coupable
Un adolescent plaide coupable pour sept braquages à main armée sur la Rive-Sud et à Montréal.
Arrêté en septembre 2025 et détenu depuis à Longueuil, un adolescent de 15 ans devra attendre encore quelques mois avant de connaître la peine qui lui sera imposée pour une série de braquages à main armée commis dans des commerces de téléphonie mobile sur la Rive-Sud et à Montréal.
« Il reconnaît les gestes qu’il a commis. » – Chloé Lessard
Sept vols qualifiés
Le jeune, dont l’identité ne peut être révélée en raison de son âge, a récemment plaidé coupable à sept chefs d’accusation de vol qualifié, ainsi qu’à plusieurs autres accusations, dont l’utilisation d’une arme à feu et le complot pour commettre des vols.
« Il reconnaît les gestes qu’il a commis », nous confirme son avocate, Me Chloé Lessard.
Entre juillet et septembre derniers, lui et ses complices auraient volé pas moins de 215 téléphones cellulaires, évalués à près de 240 000 $, dans des points de service appartenant notamment à Telus, Fido et Vidéotron.
« Pour l’un de ces vols qualifiés, il a admis avoir utilisé une arme à plomb ayant une vélocité suffisante pour infliger des lésions à des humains », précise Nicholas Pinel, procureur aux poursuites criminelles et pénales au Bureau des affaires de la jeunesse à Longueuil.
Lors des autres événements, il aurait utilisé un leurre ayant l’apparence d’une arme à feu. « La preuve ne permet toutefois pas d’établir, hors de tout doute raisonnable, qu’il s’agissait réellement d’armes à feu capables de blesser des humains », explique le procureur.
Les commerces visés par les braquages se trouvaient à Boucherville, à Sainte-Julie, à Candiac, à Saint-Constant, à Repentigny et à Montréal.
« Il avait de nombreux complices, certains adolescents, d’autres adultes, ajoute M. Pinel. Certains ont été identifiés, d’autres demeurent non identifiés et sont toujours recherchés ou poursuivis. »
Rapport prédécisionnel
En raison de l’âge du jeune homme, de son profil et de l’absence d’antécédents judiciaires, peu d’informations concernant les accusations ont pu être dévoilées pour le moment.
Un rapport prédécisionnel a été ordonné par la cour lors des plaidoyers de culpabilité de l’adolescent, le 15 janvier dernier.
« Ce rapport fournira davantage d’informations sur le profil de l’adolescent et évaluera différents facteurs pertinents à la détermination de la peine, nous explique Me Chloé Lessard. Il faudra être attentif, autant aux facteurs atténuants qu’aux facteurs aggravants. Un exercice de pondération sera effectué, tant par la défense que par la poursuite. À ce stade-ci, on n’exclut pas la possibilité d’une décision commune. »
Actuellement en préparation, le rapport sera remis le 5 mars prochain aux deux partis.
« Pour le moment, nous n’avons pas pris de position, poursuit Nicholas Pinel, puisque nous sommes en attente du rapport prédécisionnel. À sa réception, des discussions auront lieu avec la défense afin de déterminer s’il est possible d’en arriver à une position commune ou si la peine sera contestée. Il est possible que la poursuite demande la peine maximale applicable, ou peut-être une peine moindre, selon le contenu. »
Peine encourue
L’adolescent encourt une peine maximale de trois ans, répartie en deux ans de garde et un an de surveillance.
« C’est ainsi que fonctionne le système de justice pour les adolescents, explique Nicholas Pinel. Il n’y a pas de libération conditionnelle. Les deux tiers de la peine sont purgés en centre jeunesse et le dernier tiers, en surveillance, laquelle peut être révoquée en cas de mauvaise conduite. »
Détenu depuis le 18 septembre 2025, l’adolescent demeurera incarcéré jusqu’à la détermination de sa peine, prévue en avril 2026. Pour l’instant, peu d’éléments filtrent quant à la sentence envisagée.
« La peine maximale serait de trois ans, tout dépendant de ce qui sera retenu dans le rapport prédécisionnel, ajoute la défense. Toutefois, dans l’éventualité où des facteurs atténuants sont reconnus, la fourchette de peine pourrait être réduite. »
Les plaidoiries sur la peine sont prévues le 9 avril, à 9 h 30, au palais de justice de Longueuil.
Arrestation
L’adolescent a été identifié en septembre grâce aux caméras de surveillance ainsi qu’à des témoins ayant confirmé son identité. Selon le procureur, des complices auraient également fourni des renseignements ayant permis de l’identifier.
« Il a été arrêté le jour même où une perquisition a été menée à son domicile, nous indique M. Pinel. Il faisait également l’objet de filature et de surveillance policière auparavant. »
Nous nous rendrons au tribunal, le 9 avril prochain, afin de suivre pour vous les développements de cette affaire.
