Grève des organismes communautaires de l’agglomération de Longueuil
Les organismes communautaires membres de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil se mobilisent et feront la grève en mars.
En novembre dernier, les organismes membres de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL) ont voté à forte majorité en faveur du mouvement de grève Le communautaire à boutte!, qui se tiendra du 23 mars au 2 avril prochains. Depuis, des organismes de l’agglomération confirment leur participation et transmettent leur mandat de grève au comité régional de la campagne.
La Table de concertation des organismes communautaires de Boucherville sera prochainement rencontrée par le CDC AL afin d’être sensibilisée
au mouvement.
« Les organismes avec un mandat de grève diminueront ou cesseront d’offrir des services à la population. Pendant ces deux semaines, plusieurs actions seront organisées. Il y aura des manifestations régionales partout au Québec le 27 mars, et un rassemblement devant l’Assemblée nationale le 2 avril. D’autres actions sont prévues chaque jour, mais elles n’ont pas encore été rendues publiques. Nous gardons quelques surprises pour le gouvernement », d’indiquer au journal Martin Boire, directeur général du CDC AL.
À Boucherville
Sophie Deschamps, directrice générale du CABB, appuie le mouvement et le comprend tout à fait. Mais ce sera au conseil d’administration de se prononcer ce mercredi soir. En cas de grève, Mme Deschamps s’inquiète des usagers qui pourraient ne pas recevoir de service.
« Le gouvernement Legault a injecté beaucoup d’argent dans le monde communautaire en rattrapage par rapport aux années antérieures, mais ce n’est toujours pas assez. Les salaires que je peux proposer à nos employés n’attirent pas les foules. »
La hausse du financement pour permettre de meilleurs salaires est d’ailleurs la base de cette revendication. « Notre principale revendication est une augmentation du financement à la mission afin que les organismes puissent offrir des conditions de travail décentes à leurs travailleuses et travailleurs. Pour la Montérégie, cela représente un montant d’environ 110 M$ », de préciser M. Boire.
Il est possible de lire sur le site du Mouvement communautaire à boutte! que » Pendant que le gouvernement nous lance quelques miettes de financement, les besoins explosent et les organismes communautaires s’épuisent « , mentionne le Mouvement communautaire à boutte!, qui a vu le jour à Shawinigan et à Mékinac. À Shawinigan, face à un rehaussement jugé dérisoire annoncé par le gouvernement, des groupes ont dit « Ça ne suffit plus ». Leur cri a trouvé écho et a lancé une mobilisation qui a pris racine dans l’ensemble du Québec. Aujourd’hui, l’organisme veut mettre sur pied « une grève historique pour faire comprendre au gouvernement que nous ne quémandons pas. Nous exigeons la reconnaissance, le financement et le respect que mérite notre rôle essentiel dans la société ».
Le journal a appris que la Maison des jeunes de Boucherville, La Piaule, avait voté pour participer au mouvement de grève. Au moment de la publication, l’organisme n’avait pas répondu au journal.
Ponts de l’entraide
Depuis 2013, le projet Ponts de l’entraide tisse des liens entre les organismes, les institutions et les personnes en situation de vulnérabilité à Boucherville, en misant sur l’effet à long terme de l’intervention de milieu. Mandataire depuis 2021, le Carrefour jeunesse emploi (CJE) en assurait la gestion et la coordination, en collaboration avec la Ville de Boucherville et les organisations communautaires. Depuis janvier, le CJE a confié la gestion de cette mission au CABB, qui connaissait bien l’enjeu financier de la situation.
« Ce projet, qui vient créer beaucoup de bonheur, est en recherche constante de financement. La Ville nous aide beaucoup, mais là, on attend des sommes qui doivent descendre du gouvernement. On devait recevoir ces sommes en 2024, on ne les a toujours pas. Pour l’instant, nous arrivons à nous débrouiller, mais on s’inquiète pour les finances. C’est un projet extrêmement important et l’on se bat pour qu’il continue. On a besoin de 80 000 $ par année pour le faire fonctionner. Ici, le financement, c’est un véritable enjeu! », nous indiquait déjà en décembre Sophie Deschamps, directrice générale du CABB.
Sous-financement
Le sous-financement chronique, l’accroissement des demandes d’aide, de même que l’épuisement des intervenants sur le terrain fragilisent le soutien de première ligne offert aux personnes les plus vulnérables de nos communautés. Comme le mentionne Martin Boire.
« Ce contexte est insoutenable. Nous voyons maintenant des organismes communautaires au service de la population depuis plus de 30 ans devoir effectuer des coupures de services pour joindre les deux bouts. Le gouvernement refuse de nous entendre, alors nous comptons crier notre indignation. »
« Plusieurs travailleuses et travailleurs du communautaire sont eux-mêmes en situation de précarité financière et ont du mal à répondre à leurs besoins de base », souligne Marco Monzon, directeur du Comité logement Rive-Sud et président du conseil d’administration de la CDC AL.
Le Québec vit une crise sociale sans précédent, et c’est pourquoi toute personne ayant à cœur de préserver notre filet social est invitée à témoigner sa solidarité et à se joindre au mouvement.
À propos de la CDC AL
La Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL) est un regroupement multisectoriel d’organismes communautaires ayant comme mission d’initier, de soutenir et de renforcer le développement social sur le territoire de l’agglomération de Longueuil afin de tendre vers une plus grande justice sociale et environnementale. La CDC AL compte 120 membres.
