Héritage des 350 ans avec l’Association québécoise de goûte-boudin
L’Association québécoise du goûte-boudin de Boucherville (AQGBB) est l’un des héritages du 350e anniversaire de Boucherville. Depuis 2017, l’organisme n’a pas cessé de célébrer le boudin, de Boucherville à Mortagne-au-Perche, pour faire revivre le patrimoine gastronomique québécois.
La Semaine nationale du boudin et le concours annuel des meilleurs boudins au Québec, c’est chaque année à Boucherville depuis 2017. Du 6 au 14 septembre s’est tenue la Semaine nationale du boudin. Bouchers, charcutiers, traiteurs et restaurateurs ont été invités à faire la promotion de leurs produits artisanaux québécois et en à valoriser la qualité.
L’AQGBB a profité de l’affluence de l’exposition de voitures anciennes, le 6 septembre, pour mettre de l’avant le patrimoine gastronomique de la province. « Ce moment permet à l’AQGBB de participer activement à la promotion de la valeur culturelle et patrimoniale du boudin et, à travers lui, aux spécificités culturelles et touristiques québécoises », d’expliquer au journal Pierre Chagnon, le porte-parole de l’Association, ancien bâtonnier du Québec et bénévole comme tous au sein de l’organisme.
De Boucherville
Le siège social de l’AQGBB se trouve à Boucherville, lieu de résidence de sa présidente, Florence Junca-Adenot. Elle était déjà, en 2017, la présidente de la Corporation des fêtes de Boucherville. Plus que le boudin, c’est la défense de la culture et du patrimoine québécois qui a permis à la Bouchervilloise d’être décorée en 2021 de l’Ordre national du Québec.
Elle a été, entre autres, la présidente fondatrice de l’Agence métropolitaine de transport et elle est à l’origine de la mise en place du musée Pointe-à-Callière pour la relance historique du Vieux-Montréal. « Le boudin, c’est la culture gastronomique du Québec. C’est un mets historique dans la province. Ce n’est pas cheap. On touche des éléments profonds de la culture québécoise, ici, qui favorisent l’attachement patriotique du Québec. C’est pour cela qu’il faut s’approprier ce produit et le défendre, un peu comme ce que l’on a fait pour le fromage du Québec », d’indiquer au journal Mme Junca-Adenot.
La progression du boudin
Boucherville est jumelée à la ville française de Mortagne-au-Perche, où le boudin est mis à l’honneur par la confrérie des Chevaliers du Goûte-Boudin de Mortagne-au-Perche depuis 1963. Depuis plusieurs années, c’est à partir de la Normandie que le meilleur boudin au monde est élu. Mortagne-au-Perche est aussi l’origine de Pierre Boucher, le fondateur de Boucherville.
En 2017, la confrérie française a été invitée à Boucherville et en a profité pour adouber les promoteurs du boudin au Québec. Désormais, c’est au tour de l’organisme bouchervillois d’adouber de nouveaux membres chaque année au Québec.
« Lors du 350e anniversaire de la Ville de Boucherville, la confrérie française était présente. Cette ville en France est entre autres connue pour son concours international du meilleur boudin noir organisé par la Confrérie des Chevaliers du Goûte-Boudin depuis des années. Ils nous ont dit, à ce moment, que l’on devait créer notre association. C’est comme cela qu’est née l’AQGBB », d’indiquer M. Chagnon.
Jean-Pierre Lemasson et l’un des membres fondateurs de l’AQGBB. Professeur universitaire en histoire de la gastronomie, l’homme n’a pas hésité à répondre à l’appel de sa collègue de l’époque, Mme Junca-Adenot. « Le boudin fait partie de l’histoire gastronomique du Québec. Il a été présent dès la fondation de la Nouvelle-France. Champlain a fait venir les premiers animaux pour des fermes au Québec et les élevages se sont multipliés. Le porc était tué à l’automne pour sa viande l’hiver, mais le boudin était mangé le soir même. » L’universitaire est l’auteur du livre Copains comme cochons, à travers lequel il démontre l’étonnante place qu’a occupée la consommation du porc dans les civilisations les plus anciennes jusqu’à nos jours au Québec.
Lors d’un sondage, l’automne dernier, l’élément démontrant un frein à la croissance de la demande de boudin, « c’est le sang disponible », nous précise Mme Junca-Adenot.
Concours
Le 11 octobre, l’AQGBB a tenu de nouveau son concours annuel des meilleurs boudins au Québec dont les lauréats, qui seront connus le 16 novembre, recevront les prix Délys or, argent et bronze. « Les boudins viendront de partout au Québec et près de 30 juges seront là pour déterminer les plus savoureux. » Les participants feraient tout pour ne pas manquer le rendez-vous. « L’an dernier, un artisan nous avait fait parvenir son boudin par un service de transport et il ne s’était pas rendu à temps pour participer au concours. D’autres, pour éviter ce désagrément, livrent leur produit de Québec en moto. Le concours est de plus en plus populaire et l’on retrouve du boudin dans de plus en plus de menus des restaurants québécois. »
L’AQGBB a répertorié 500 commerces au Québec qui proposent la vente du boudin et plusieurs dizaines d’artisans qui le confectionnent.
Chaque année, deux catégories sont récompensées : le boudin classique (1/3 de sang de porc, 1/3 d’oignons et 1/3 de gras) et le boudin créatif. « Ici, tout est permis. Il peut y avoir des desserts au boudin, pizza au boudin, … »
