Hommage aux proches aidants
Du 2 au 8 novembre se tient la Semaine nationale des proches aidants, une occasion de mettre en lumière le rôle essentiel, mais souvent invisible, de celles et ceux qui accompagnent quotidiennement un proche en perte d’autonomie.
Derrière l’appellation proche aidant se cachent une multitude de réalités. Certains s’occupent d’un parent vieillissant, d’autres d’un enfant ayant une incapacité ou d’un conjoint atteint d’une maladie chronique. Tous partagent cependant un même défi : concilier leur rôle d’aidant avec leur propre vie personnelle et professionnelle. Une réalité souvent difficile à comprendre, à soutenir et à équilibrer.
Ces personnes, qu’elles soient conjointes, parents, amis ou voisins, assurent au quotidien des soins, un accompagnement moral ou une présence indispensable auprès d’un être cher. Cette semaine nationale leur est dédiée.
Le CABB
À Boucherville, le Centre d’action bénévole (CABB) se mobilise depuis plusieurs années pour soutenir ces aidants, les outiller et leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls.
« La proche aidance, ce n’est pas quelque chose qui doit se faire seul, c’est un travail d’équipe. Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide », déclare Josiane Denis, agente de soutien aux personnes proches aidantes au CABB. « Oui, ça peut être très gratifiant d’être proche aidant, mais cela peut être très épuisant aussi. »
Un chiffre en hausse
En 2018, environ 1 489 000 Québécois âgés de 15 ans et plus, soit près d’une personne sur quatre, soutenaient un proche en perte d’autonomie.
Parmi eux, près de 60 % occupaient un emploi et n’avaient aucune flexibilité dans leur horaire de travail. Cette conciliation complexe engendre fatigue, isolement, et parfois même un sentiment de culpabilité.
Une réalité complexe qui ne fera que s’amplifier. D’ici 2050, on estime que plus de 360 000 personnes vivront avec un trouble cognitif au Québec (la maladie d’Alzheimer étant la plus répandue), soit une hausse de 145 % en 30 ans. À cela s’ajoute le vieillissement accéléré de la population, face auquel le nombre de proches aidants de personnes aînées est appelé à croître considérablement.
Des chiffres qui sont sans doute à revoir à la hausse, car il existe encore une grande difficulté à se reconnaître comme proche aidant. « Par exemple, une femme qui prend soin de son mari qui a le cancer, c’est une proche aidante. Elle fait des choses qu’une infirmière peut faire, mais elle va se dire que c’est normal qu’elle le fasse, précise Josiane Denis. Honnêtement, c’est l’un des plus gros défis, que les proches aidants se reconnaissent comme tels avant de tomber dans l’épuisement. »
Conscient de ces enjeux, le CABB propose une gamme de services gratuits et confidentiels, adaptés aux besoins des proches aidants. Soutien psychologique personnalisé, ateliers de groupe, rencontres d’information et activités de répit figurent parmi les moyens mis en place pour prévenir l’épuisement de ceux qui donnent sans compter.
Des besoins criants
La Semaine nationale des proches aidants vise ainsi à sensibiliser la population à cette réalité encore trop méconnue. Car, s’ils incarnent un pilier discret du système social et de santé, les proches aidants demeurent trop souvent dans l’ombre de ceux qu’ils aident.
« Il y a beaucoup de coupures budgétaires au niveau des soins à domicile et du répit offert par le CLSC. Je veux mettre sur pied un service de répit bénévole, mais ça reste le travail du CLSC, souligne Mme Denis. Il y a un besoin criant de soutien. »
À travers ses actions, le CABB souhaite rappeler que le statut de proche aidant est un sujet qui nous concerne tous, à un moment ou un autre de notre vie. Aussi noble soit-il, ce rôle mérite d’être reconnu, soutenu et accompagné.
