La mission d’intégration de Cultures à partager 

Hélène Gagné, la mère de Simon Gauthier, qui célébrait ses 40 ans la semaine dernière, nous a envoyé une lettre montrant ce que son fils, aux prises avec une déficience intellectuelle, a réussi à trouver depuis 19 ans dans les locaux de Cultures à partager de Boucherville. Nous avons décidé de vous faire part de ce témoignage. 

« Je suis la mère d’un beau grand  »jeune » homme âgé de 40 ans vivant avec une déficience intellectuelle avec troubles associés. Simon est un adulte très sociable, jovial et épanoui. Je dirais de Simon qu’il est apprécié de quiconque le côtoie. Il est poli, serviable, toujours souriant, blagueur aussi. Avant de devenir cet adulte épanoui, avec ce travail qu’il aime à la Fondation des Cultures à partager de Boucherville, lui et moi avons dû en défoncer, des portes. À l’époque, l’intégration, tant scolaire que professionnelle, n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Un bref résumé de son parcours

Au primaire, Simon a été scolarisé en classe spéciale dans son école de quartier. Au secondaire, il a fréquenté une école privée spécialisée en déficience intellectuelle : le Centre François-Michelle de Montréal. À 18 ans, loin d’être outillé pour intégrer le marché du travail, nous l’avons inscrit au Centre de formation Richelieu (CFR) de Boucherville, maintenant nommé CEAP. Simon y a reçu la formation générale aux adultes, bénéficiant en plus du volet insertion sociale et professionnelle visant à outiller ces jeunes adultes avant d’intégrer le marché du travail. Simon y a été formé jusqu’à ses 21 ans.

Voilà que nous arrivons à ce moment de sa vie d’adulte où, durant sa formation au CFR, nous avons découvert la Fondation des Cultures à partager (FICAP). Simon y a fait un stage, comme il en a fait quelques autres dans divers milieux et plateaux de travail. Le stage qu’il a le plus aimé, celui où il s’est senti respecté dans son rythme et son unicité, fut celui fait à la Fondation des Cultures à partager. Il y est depuis 19 ans maintenant!

Il nous arrive de parler de ses diverses expériences dans d’autres milieux de travail, et ce qu’il apprécie de Cultures à partager, c’est que les tâches y sont diversifiées, contrairement à ces plateaux de travail où la tâche demandée est souvent répétitive et où, parfois, on exige une certaine rapidité d’exécution. Simon ne se sent pas bien, dévalorisé, lorsqu’il ressent la pression.

Bref, pour notre plus grande joie en tant que parents, Simon a trouvé sa voie à la Fondation des Cultures à partager. Il se sent respecté pour ce qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses. Il s’y est fait un bon réseau d’amis avec lequel il entretient des liens en dehors du temps travail.

Depuis la naissance de Simon, surtout à partir de sa scolarisation, je me suis toujours impliquée pour lui et aussi pour ses pairs à besoins particuliers. Briser l’isolement qui les guette fut toujours ma motivation. C’est ce que permet la Fondation internationale des Cultures à partager (FICAP). En y travaillant, Simon peut s’épanouir, socialiser et, surtout, se sentir valorisé par le fait d’avoir un  »travail », comme tout le monde. Nos jeunes ont besoin de milieux tels que celui-là pour les accueillir. Un milieu où ils sentent que leur contribution est un plus. Contribuer à la protection de l’environnement en faisant la récupération de livres rend Simon très fier de lui.

Tant pour Simon que pour tous ces jeunes et moins jeunes à besoins particuliers qui ont trouvé leur voie en travaillant à la Fondation, je souhaite longue vie et tout le succès à cette organisation qui, dans notre vie, a fait et continue de faire une différence plus que significative. »