La Page Blanche, dix ans de création communautaire.
Depuis dix ans, La Page Blanche s’impose comme un lieu d’échange, de création et de rencontre au cœur de Boucherville. Inspirée du concept des ruches d’art, cette initiative repose sur une conviction simple : tout le monde est artiste, peu importe l’âge, la culture, les croyances ou le parcours.
À l’occasion du 10e anniversaire de La Page Blanche, nous avons rencontré les membres de la Ruche d’art pour revenir sur le chemin parcouru, le rôle de l’organisme dans la vie culturelle bouchervilloise et les bienfaits de cette approche participative.
Art communautaire inclusif
Une ruche d’art est un espace de création libre, autonome et communautaire, ouvert à tous et animé par la philosophie qu’en chaque personne sommeille un artiste.
C’est un projet social qui valorise l’inclusion, l’apprentissage et l’expression sous toutes ses formes. Un réseau d’art communautaire qui a pris son envol dans de nombreuses villes et plusieurs pays, comme c’est le cas à Boucherville avec le chapitre La Page Blanche.
Fondée en 2015, La Page Blanche est née d’un besoin de créer un espace libre de toute attente et de toute convention, où l’expérience et le savoir-faire de chacun nourrissent un véritable dialogue créatif.
« On a une très grande liberté, ici. On n’est pas obligés de participer à quelque chose de communautaire. On peut faire nos propres choses tout en restant dans un endroit où il y a une communauté qui est là » souligne Louise Goulet, membre de La Page Blanche.
« Ici, c’est vraiment un lieu de rencontre. C’est de l’art communautaire, on accepte tout le monde. C’est pas un lieu de cours, c’est un lieu de partage qui met de l’avant la liberté », ajoute Sylvie Bouthillier, facilitatrice et membre de La Page Blanche.
Depuis 2016, le collectif bénéficie d’un local lumineux offert par la Ville de Boucherville, au Café Centre d’art. Un lieu inspirant surplombant le fleuve, où chaque coucher de soleil devient une invitation à l’art inclusif et au partage intergénérationnel. Les murs de l’étage où se trouve La Page Blanche sont, à ce titre, devenus un petit musée à ciel ouvert, où les créations des membres ponctuent joyeusement les couloirs.
« Tout le monde est le bienvenu. Cet été, il y avait plusieurs générations, c’était merveilleux. Il y avait les petits, les parents, les grands-parents. C’est vraiment inclusif et les matériaux sont tous gratuits », se réjouit Mme Bouthillier.
En mettant à la disposition de ses membres une grande variété de matériaux, souvent issus de dons ou de récupérations, La Page Blanche incarne une démarche communautaire, sociale et écoresponsable.
« Du point de vue artistique, chacun travaille selon ses capacités et l’ouverture des autres. C’est un milieu ouvert où le sentiment de liberté de croire en soi est là, c’est la plus grande qualité de cette place », déclare Louise Goulet.
Art-thérapie
Plus qu’un atelier, La Page Blanche est un espace de ressourcement et de lien social. Une forme d’art-thérapie collective où la créativité permet de briser l’isolement, tout en devenant un vecteur de mieux-être et de cohésion communautaire.
« On ne sait jamais qui sera là. C’est un plaisir de communiquer avec les autres tout en travaillant sur nos projets. Il y a un côté social qui est temporaire mais enrichissant » ajoute Mme Goulet, pleine de reconnaissance envers cet espace.
« Ça permet de briser l’isolement aussi. Moi, je vis toute seule et ici, je vois des gens, on partage nos idées. C’est très important pour moi » conclut une autre membre de La Page Blanche en faisant un collage.
