L’Accorderie débarque à Boucherville

À partir de cet été, les citoyens de Boucherville pourront échanger des services sans débourser un sou.

L’Accorderie s’implante à Boucherville et propose aux citoyens un espace leur permettant d’échanger des services en utilisant le temps comme unité d’échange.

Un modèle d’entraide qui connaît déjà du succès ailleurs au Québec et qui mise sur la solidarité, le partage des connaissances et l’inclusion sociale. 

Bien implantée à Longueuil, où elle compte plus de 550 membres, l’Accorderie souhaite désormais étendre son réseau à Boucherville.

Une nouvelle économie

Le concept de l’Accorderie est simple, une heure donnée équivaut à une heure reçue, peu importe le service offert. « C’est un mouvement citoyen qui propose aux habitants d’une même localité de se regrouper afin d’échanger des services entre eux, sans contrepartie financière, nous explique Maude Sigouin-Lacoste, coordonnatrice générale de l’organisme. L’idée, c’est d’avoir accès à plusieurs services, mais avec le temps comme monnaie d’échange. Peu importe le service que j’offre, une heure vaut une heure, et tout cela est comptabilisé dans une banque de temps. »

Ce modèle novateur, fondé sur le partage des savoirs et l’échange de compétences, est déployé sous forme de réseaux locaux appelés à s’implanter dans plusieurs municipalités dont Boucherville, qui vient tout récemment d’annoncer son partenariat avec l’organisme. « Actuellement, il existe 11 Accorderies à travers le Québec, réparties dans différentes régions administratives. »

Une sollicitation municipale

En effet, selon l’organisme, la Ville s’est montrée enthousiaste à implanter le modèle sur son territoire et propose, afin de soutenir le déploiement de l’initiative, de couvrir les frais d’adhésion des 150 premiers citoyens qui s’inscriront. « La Ville de Boucherville a démontré son intérêt à vouloir développer notre initiative au sein de sa communauté », se félicite la coordinatrice.

Pour les autres, les frais d’adhésion demeurent modestes. « Il s’agit d’une cotisation unique de 5 à 10 dollars. C’est surtout symbolique. » De plus, chaque nouveau membre, appelé « AccordeurE », reçoit un crédit initial de 15 heures dès son inscription afin de favoriser les premiers échanges. « C’est pour faciliter l’utilisation du service. En général, lorsque les gens s’inscrivent à l’Accorderie, ils ont des besoins, mais ne savent pas toujours quels services ils peuvent offrir. Nous les aidons donc à réfléchir à leurs compétences, précise Maude Sigouin-Lacoste. On offre ce que l’on aime faire et on va chercher les services que l’on aime moins faire. Chaque personne a quelque chose à offrir, et certains découvrent même des talents grâce à ça. »

L’ensemble des offres est ensuite répertorié dans le bottin des services des AccordeurEs, accessible uniquement aux membres. Ceux-ci peuvent communiquer directement entre eux afin de convenir des modalités et du moment de l’échange.

Les services proposés sont variés : leçons de musique, dépannage informatique, soutien linguistique, petits travaux, accompagnement administratif et bien plus encore.

Un succès international

Au-delà des services rendus, ce fonctionnement basé sur l’entraide et la collaboration véhicule également d’importantes valeurs sociales. « Notre mission est de lutter contre l’exclusion sociale en favorisant la participation de chaque personne à sa communauté », souligne Maude Sigouin-Lacoste.

Le principe fondamental de l’organisme est élémentaire : chaque personne possède quelque chose à offrir. Il suffit parfois de prendre le temps de découvrir ce que c’est. « On fait le pari que chaque personne peut offrir quelque chose, peu importe ses limitations ou ses défis. Il y a toujours moyen d’adapter les services. Par exemple, nous avons mis en contact deux dames dont l’une appelait l’autre, qui vivait de l’anxiété en soirée. Elle lui téléphonait chaque soir, c’était sa contribution. De cette relation est née une belle amitié. »

Fort de son succès au Québec, le modèle s’est exporté à l’international avec l’ouverture d’Accorderies en Europe, notamment en France, en Belgique et au Maroc.

« C’est un mouvement qui voyage beaucoup, mais qui est né à Québec en 2002 », conclut avec joie Maude Sigouin-Lacoste, visiblement enthousiaste à l’idée que son organisme s’étende à Boucherville.