L’APPARTenance lance une campagne de financement
Chaque année, plus de 40 000 $ doivent être amassés pour maintenir ce milieu de vie qui favorise l’autonomie et brise l’isolement.
L’organisme L’APPARTenance lance une nouvelle campagne de financement afin d’assurer la pérennité de ses logements supervisés destinés à de jeunes adultes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme.
40 000 $ de dons
Innovation sociale, entraide et communauté riment avec Boucherville. Depuis maintenant plus de 15 ans, Les Logements L’APPARTenance offrent neuf appartements supervisés qui permettent à leurs résidents de vivre dans un environnement stable, permanent et sécuritaire.
L’organisme à but non lucratif, qui a déménagé au mois de juin 2025 dans de nouveaux locaux, fonctionne grâce à une petite équipe composée d’une coordonnatrice, cinq intervenants et 19 bénévoles, qui accompagnent les résidents dans leur quotidien. « On assure une présence 24 heures sur 24, sept jours par semaine, alors ça nous prend des fonds pour être capables d’offrir ces services », indique Josée Simar, secrétaire de l’organisme.
Pour maintenir ses activités, l’organisme doit recueillir plus de 40 000 $ par année en dons. Des besoins qui s’accentuent face aux hausses du coût de la vie. « Les coûts de la nourriture et les coûts de personnel augmentent chaque année », souligne Josée Simar.
Si les neuf bénéficiaires ont un petit loyer à payer pour se prévaloir de leur logement, tout est mis en place par l’organisme pour limiter les coûts et répondre le mieux possible à leurs besoins. « Les jeunes sont presque tous sur l’aide sociale ou ont de faibles revenus. Donc, ils peuvent bénéficier du supplément au loyer garanti, explique Josée Simar. C’est-à-dire qu’ils ne paieront jamais plus que 25 % de leurs revenus. »
« Toutes ces belles valeurs, ça prend de l’argent pour être capables d’assurer notre continuité et notre pérennité », explique la secrétaire. Si le prix du loyer et les subventions couvrent une majeure partie des frais de l’organisme, ceux-ci ne sont toutefois pas suffisants. « Les subventions et ce que les résidents paient nous permettent de couvrir à peu près 80 % de nos coûts, et le 20 % restant, on doit aller le chercher à l’extérieur auprès de donateurs. »
Bien plus qu’un logement
Au-delà d’un simple logement, l’organisme souhaite offrir un véritable milieu de vie à ses résidents. Les jeunes adultes qui y habitent y trouvent non seulement un toit, mais également une communauté et des repères qui favorisent le développement de leur autonomie. « On veut créer un lieu de vie qui se définit par le logement, mais aussi par l’intégration dans la communauté, déclare Mme Simar. La cuisine est un espace commun. On cherche à avoir une vie communautaire, on veut briser l’isolement, favoriser le développement et l’autonomie en faisant la cuisine avec eux. »
Des bienfaits que soulignent les locataires, comme Jessica Larrivée, qui vit à L’APPARTenance depuis maintenant deux ans. « Je me sens vraiment bien, on a des super beaux studios, des activités, des bons repas trois fois par jour et le prix est abordable. Je paie 1466 $ par mois pour le studio, la nourriture, les activités, tout le kit! »
C’est d’ailleurs une communauté à long terme qui se bâtit autour de ce lieu, au sein duquel les locataires, qui partagent les mêmes réalités, grandissent ensemble et se soutiennent, à l’image d’une petite famille. « Si leur condition de santé le permet, ils peuvent rester ici pour la vie. On deviendra peut-être une résidence pour aînés (RPA), parce que nos jeunes sont là depuis longtemps. Notre plus vieux a 48 ans et les plus jeunes ont la trentaine ». « C’est plus qu’un logement, c’est une vie! Il y a toujours un intervenant qui veille sur nous, même la nuit », ajoute Jessica Larrivée.
Une liste d’attente fermée
Aujourd’hui, L’APPARTenance a largement fait ses preuves comme espace permettant l’épanouissement de ses locataires, à un point tel que l’organisme croule sous les demandes. « On a une liste d’attente à laquelle on sait déjà que l’on ne pourra pas répondre. Il n’y a pas assez de logements sociaux pour les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle. On a refusé beaucoup de demandes. On ne les compte plus. On a fermé notre liste d’attente et on y a gardé cinq ou six personnes seulement. »
Ne pouvant accepter de nouveaux locataires par manque d’espace, de personnel et de moyens, le modèle de l’organisme a vocation à s’étendre. « On soutient aussi des gens qui nous appellent pour partir un logement social comme le nôtre, conclut Mme Simar. Il y en a de plus en plus qui veulent faire la même chose. »
